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  <title>blog de Mouelle II ::: A la source de l&#039;écume de l&#039;âme</title>
  <description>blog de Mouelle II ::: A la source de l&#039;écume de l&#039;âme</description>
  <language>fr-FR</language>
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   <title>Le mauvais bain</title>
   <description><![CDATA[ Et puis je t'ai dit &laquo;&nbsp;Quittons le ciel&nbsp;Les nuages sont arriv&eacute;s 
Le parapluie 
Donn&eacute; par les filles de la destin&eacute;ePrend de l'eau de part en part 
La noyade est imminente.&nbsp;&raquo; 
Tu m'as dit 
L'eau sur les hanches 
&laquo;&nbsp;L&agrave;-bas dans la cendre qui br&ucirc;le 
au c&oelig;ur du royaume de ronces et de dardsJe connais un coin de paix 
O&ugrave; l'amour fait des miracles.&nbsp;&raquo; 
Mais pourquoi 
Le voyage dans ce bel enfer 
Est-il si lent 
Si douloureux 
Pourquoi ne s'ach&egrave;ve-t-il toujours 
Que pour recommencer encore 
Encore et encore&nbsp;? 
Tu m'as dit 
&laquo;&nbsp;Tends-moi le c&oelig;ur 
La passerelle sera plus souple 
Le choc &agrave; deux 
Plus beau, sans douleur.&nbsp;&raquo; 
Ton corps coll&eacute; au mien alors 
Ta voix de charme endormante 
M'a ferm&eacute; l'iris 
Et j'ai tout seul 
Saut&eacute; dans le puisard d'&eacute;pines et de barbel&eacute;s 
J'attends toujours 
Le soleil promis 
Dans ce bain de nuages sanglants 
Mortels. 
Reste &agrave; ces deux ou trois fleurs s&egrave;ches 
&Eacute;gren&eacute;es &agrave; mes pieds 
De chanter en boucle la grandeur de ma na&iuml;vet&eacute; 
&nbsp;- Qui a dit que le soleil n'a &agrave; briller 
Que toujours pour plaire&nbsp;? 

Le bonheur est le plus grand malheur de l'homme 
&nbsp;
&nbsp;Mouelle II 
&nbsp; ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2009/03/792269</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Sat, 28 Mar 2009 11:06:32 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le Miroir des Mots</title>
   <description><![CDATA[ Souhaite donc, mon &Atilde;&cent;me
La bienvenue au regard des
mots
Bienvenue au regard des
mots


Que le temps observe
au-dedans de moi


Depuis longtemps


Tr&Atilde;&uml;s longtemps


Parle en moi 


La langue de l&acirc;&euro;&trade;autre moi 


Que j&acirc;&euro;&trade;&Atilde;&copy;coute en ses
bruits centenaires 


Comme un muet t&Atilde;&copy;moin des
r&Atilde;&copy;sonances


Des lauriers grisonnant 


Et des cors verdis par la
longue marche 


Des ronces et des jarres
de lait vid&Atilde;&copy;s


Parle 


Que de l&acirc;&euro;&trade;isoloir de mon
&Atilde;&cent;me secou&Atilde;&copy;e


S&acirc;&euro;&trade;&Atilde;&copy;l&Atilde;&uml;vent les causeries
et les chants du dedans&nbsp; 


Pour tous ces ici qui
ignorent mon sang


Mais voient les miens
na&Atilde;&reg;tre


Parle


Et que je tutoie enfin
l&acirc;&euro;&trade;invisible feuille noire


Cr&Atilde;&ordf;p&Atilde;&copy;e &nbsp;&Atilde;&nbsp; l&acirc;&euro;&trade;insoluble r&Atilde;&copy;volte du blanc poudreux


Moi qui de tout ris d&Atilde;&copy;sormais
comme sur commande


Courb&Atilde;&copy; sous le poids
d&Atilde;&copy;chirant des sueurs de l&acirc;&euro;&trade;exil


Conna&Atilde;&reg;tre l&acirc;&euro;&trade;amour
efface-t-il celui de la nation&nbsp;?


 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2008/12/749456</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Mon, 29 Dec 2008 22:57:59 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les sandales de lumière</title>
   <description><![CDATA[ Les Sandales de Lumi&egrave;re 

&nbsp;

Et ma main s'&eacute;tendit 
Sur le visage de poussi&egrave;re 
Sur le miel de boue 
Pour redire la beaut&eacute; recourb&eacute;e 

Par-del&agrave; la lente &eacute;rection de l'interdit 

&nbsp;

Et ma main s'avan&ccedil;a 
Comme la tienne en ce matin de 1974 
Sur la piste &eacute;troite 
O&ugrave; dorment les voix des miens 
Des tiens 
Des n&ocirc;tres 
Et mes silences perdus 
Effac&eacute;s dans le phare du Verbe 
Qui dit Ouaset&nbsp; comme il dit &eacute;wal&egrave;&nbsp; 
Ou que las d'&ecirc;tre aveugle 
Ton &oelig;il mon &oelig;il se rouvrit &agrave; l'embrassade 
Des n&ocirc;tres ressuscit&eacute;s 
D'entre les pierres et les vies sculpt&eacute;es 

Au c&oelig;ur de la mati&egrave;re d'&eacute;ternit&eacute; 

&nbsp;

Et mon c&oelig;ur Fente de sueur 
Et autrefois de peur 
Miroir aux reflets des &acirc;mes tournantes 
Que maintenant je sais &eacute;couter 
En silence 

Dans l'assise des silences vengeurs 

S'enlace de fiert&eacute; et de sourire

Face aux lents relents de haine et de m&eacute;pris

Tus ce jour m&ecirc;me sous les parfums de sueurs des miens

Sculpt&eacute;s dans la pierre &eacute;ternelle 

Eternis&eacute;s dans la chair du temps immuable

D&eacute;ifi&eacute;s dans la s&egrave;ve de la Cr&eacute;ation humaniste

En et par l'amour du Tr&egrave;s Haut 
Amon R&acirc;

&nbsp;

Ai-je dit ma voix&nbsp;? 
L'ai-je dite sur les cr&ecirc;tes de pierre 
Et les pyramides trac&eacute;es sur mon visage n&egrave;gre, kemet 
Pour qu'elle remue 
La Parole 
Le Chant 
Le Rythme 
Qui sculptent un nom&nbsp;: Anta 
Dans la pierre de t&ecirc;te 

Et des &acirc;mes&nbsp;? 

&nbsp;

L'ai-je dite? Oui? Non?

&nbsp;


Alors je t'appelle 

Je t'appelle, Scribe 

Je te dis ton nom : Anta, Anta Diop 
Toi, Kheri-heb, lecteur des livres sacr&eacute;s, 
Grand Pr&ecirc;tre d'Amon 
Bak du Noun&nbsp; 
Serviteur de la mati&egrave;re abyssale 
Hurle en moi, sceptre sacr&eacute; de mes p&egrave;res 
D&eacute;pose sur ma langue le medu&nbsp;ankh Dis-toi au-dedans de moi, toujours 
Que mon pas petit &eacute;crase ces bruits r&eacute;ducteurs 
De mon &eacute;lan vers la puret&eacute; de l'&ecirc;tre 
Laisse venir &agrave; moi la dict&eacute;e sacr&eacute;e de la s&egrave;ve-v&eacute;rit&eacute; 
Et mon regard sur l'&ecirc;tre f&eacute;cond 
Explosera en de myriades de forces 
Aptes &agrave; briser les cornes 
De mes pluriels jours de Douleurs 
Car vois-tu, mon corps s'&eacute;lancera vers le ciel 
Pour dominer comme Tekenu&nbsp; 
La platitude de la terre 
Afin que ma gorge hurle Ausar &agrave; l'&eacute;ternel 

Oui Ausar &agrave; l'&eacute;ternel. ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2008/10/715841</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Mon, 27 Oct 2008 01:13:11 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Mbensan na muenen *</title>
   <description><![CDATA[ Miolo mi busi o mopi 

Mesanedi 

Ndenge jombwa diwoto 

Bemunè be semedi o sawa 

Be tuti misodi 

Ma ba bena ba bolonè dipita 

Nà wei i sonji o dibobè 

I timbane lô o masoso ma mikusa 

Na o bepopo ba bana ba nyuwé 

  

Madoi mà busé 

ela o ela 

Madoi ma tèbè 

Ela o ela 

Dipita di busi o tongoa dibunjè 

Ngengeti ini langwa 

Kumba tangè o pemisana nyambé 

  

Di lomé mitila 

Mi ma tutè dibo o mbomboa nginya jongèlè 

Ewu tè esawabè 

E songobèlè 

Nà wonja mboa ni tèmèbè 

E bukè dipita 

E bè nde beboledi 

  

Wèèè, 

Esè nduta minya é 

Nguba kumba e sosobè o esangoa njusubé 

Eba mudesi na biala ba bangisan 

ba timba jènè la mudi 

Ba bena ba botisè dimbamè maloki ma saw 

Ba biyé na 

Midi ma batétè mi mèndè 

O nyimèlè babo 


O nbensan ma muititi ma buindeya 

Ei ma buindeya


  

Paris, 14 juillet 2006 

  

© Muele Nu Sadi (Mouelle II). 

Mutilè miniya na miango. 

* Poème en langue duala (Cameroun) 


 
 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2007/11/488783</link>
   <author>Mouelle2</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2007/11/488783</guid>
  <pubDate>Thu, 01 Nov 2007 23:47:58 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>L&#039;haleine en etc...</title>
   <description><![CDATA[ Depuis les matins souvent 

Minuit sonne &agrave; ma porte 

Je sens ses rituels de sang impur 


Cadencer mon envie de d&eacute;dire

Les cendres de sourire qui m'assaillent&nbsp;


Je sens son dos creuser mes reins &eacute;prouv&eacute;s 

Je sens ses haines 

Aboyer par-dessus mes veines 

Comme pour faire de moi 

L'&eacute;ternel prisonnier d'une savane br&ucirc;l&eacute;e 

&nbsp; 



Depuis les matins souvent 

&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Minuit sonne &agrave; ma porte 

&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

Et je sens sa bave &eacute;ructer 

Mes douleurs perch&eacute;es 

Sur les sommets de travers 

Et rire des larmes de la terre 

Calant l'impropre souffrance du temps 

Quand le ciel bas enfile ses bas de fer 

Comme un sublime ennui de se savoir inutile 

&nbsp; 

Depuis minuit souvent 

Viens donc sale b&ecirc;te 

Vorace comme la fosse qui th&eacute;berge 

Frivole comme tes aisselles de fiente 

Tes ailes aux &eacute;pines de joie &eacute;gorg&eacute;e 

Se lasseront t&ocirc;t d'avoir ourdi tant de sueur 

Sur la pomme promise &agrave; l'emblavage 

Des doux temps de printemps 

&nbsp; 

Alors viendra &eacute;galement mon manteau 

Sur mes &eacute;paules et sur mon&nbsp;coeur &nbsp;

Etaler la douceur de ses chauds instants 

Au coeur de&nbsp;ma poitrine haute et fi&egrave;re 

Dessiner les nouvelles haleines 

Des fleurs d'&ecirc;tre qu'aussi pures que le bonheur 


Je porte en boutonni&egrave;re de mon sourire en soie 

&nbsp;

Bient&ocirc;t

Toujours

Car la vie m'a donn&eacute; son sens enfin


&nbsp; 



(c) Paris ce 12 juillet 2006 

Mouelle II 


&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2007/10/478536</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Fri, 19 Oct 2007 00:18:39 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Mes Illusions Enchantées</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;J'ai voulu &ecirc;tre po&egrave;te 

Aussi d&egrave;s que j'ai pu 

J'ai arrach&eacute; quelques signes d'encre 

A l'arbre du sens plant&eacute; dans les sueurs 

J'y ai pos&eacute; un bout de sourire 

Il a sonn&eacute; juste&nbsp;en ses desseins 

J'ai souri / puis je l'ai d&eacute;chir&eacute; 

&nbsp; 

J'ai voulu &ecirc;tre po&egrave;te 

Artisan peut-&ecirc;tre / Ma&icirc;tre-collier-de-salive c'est s&ucirc;r 

Fou dans la folie qui infatigablement d&eacute;ambule 

D'&acirc;me en &acirc;ne / de barreau en bourreau 

Portant lourd mon collier-d&eacute;chirure 

Qui s'&eacute;croule sur une feuille-b&acirc;illon 

Qu'&eacute;gr&egrave;ne un chapelet premier de sang 

Une raie 

Un regard 

Puis les ombres /&nbsp;puis les silences / puis un nom&nbsp; 
Lumumba-Mandela-Um-Nyob&egrave;-Kwame-Nkrumah 


R&eacute;clus de la paix&nbsp;bavante 

Dans une barrique borgne 

Qui au ciel hurle mes morts 

Nouveaux / Permanents / expos&eacute;s au sang de haine 

Cinq centaines de haines r&eacute;fl&eacute;chies / enseign&eacute;es / nourries 

Que devient une maison 

Ma maison / ma prairie 

&nbsp; 

J'ai voulu &ecirc;tre po&egrave;te 

Raison m'en a fallu /&nbsp;car sur l'heure 

J'habite une cause / l'angoisse berce mon &acirc;me 

Ma maison est une saison 

Dont le soleil attise l'inondation 

De la lie humaine qui toujours m'emporte 

&nbsp; 

Je marche sur les pas de mes p&egrave;res 

Branche attachante des diseurs de vie 

Qui bien disent comment bien mourir 

Sur cette terre livr&eacute;e &agrave; sa grise livr&eacute;e 

Lentes saisons inalt&eacute;rables et sans amour 

&nbsp; 

J'ai voulu &ecirc;tre po&egrave;te 

J'attends mieux encore qu'hier 

La candide po&eacute;sie des choses 

Le frisson du ma&icirc;tre de l'aube me d&eacute;chire 

Mes nuits s'&eacute;purent d'&eacute;toiles pures des nuits 

Mes jours se gavent de larves et de feux br&ucirc;lant 

Mes cohortes d'espoir &eacute;teint / maudites / qui pleurent 

Les &eacute;clats de rires d'enfants qui gambadent 

Les perdrix qui chantent le triomphe du soleil au matin 

Les chiens qui courent apr&egrave;s les mouches suspendus &agrave; leurs oreilles 

Le chant des ruisseaux qui caresse le duvet des rochers 

Les clapotis des femmes pleines qui se d&eacute;crassent des sueurs 

Le r&acirc;le plaisant des vieux qui s'&eacute;teignent par-dessus l'iris concubin 

L'herbe vraie qui dodeline et parfume la ligne d'horizon 

A l'ombre des baobabs t&eacute;moins de ces paradis&nbsp;assassin&eacute;s 




J'ai voulu &ecirc;tre po&egrave;te 



J'attends mieux encore qu'hier 



La candide po&eacute;sie des choses

&nbsp;

J'ai voulu &ecirc;tre po&egrave;te

Pr&eacute;tentieuse langue&nbsp;&agrave; l'&eacute;toile des nuits sans fin

Borgne ent&ecirc;t&eacute; qui fouille le plaisir des &acirc;ges

Et sombre par contumace dans la candeur

H&eacute;rit&eacute;e des soleils continuellement &eacute;ventr&eacute;s

&nbsp;

Aussi diriez-vous aux vents / aux mers 


Je me charge de le crier sur les monts 

Que mon souffle / que ma m&egrave;re / m'ont &eacute;lev&eacute; au petit lait &nbsp;&nbsp;&nbsp; 

Des rames qui fendent les eaux naus&eacute;euses du mal humain 

O&ugrave; tant d'esprits sup&eacute;rieurs toujours se pervertissent 

Surpris par leurs amours des ors de l'imm&eacute;diat 

Dites donc aux hommes / dites aux machines 

Je me charge de le dire aux livres 

Que l'amour de l'homme pour l'homme 

Est&nbsp; le plus beau livre &agrave; jamais &eacute;crire 

Sur les chemins de sueur de toutes les vies 

&nbsp; 

J'ai voulu &ecirc;tre po&egrave;te 

Assis sur deux si&egrave;cles parricides / fratricides / matricides 

Mon cheval des lunes d&eacute;fait de mors / d&eacute;fait de c&oelig;ur 

Sabot&eacute; aux secrets des chambres obscures 

Patauge sans fin sur la semence des imberbes 

Auxquels la honte m&ecirc;me a fait son d&eacute;ni d'amiti&eacute; 
Voici ! je suis au c&oelig;ur du c&oelig;ur des miroirs de l'&ecirc;tre 


Et je vois les chars obstruant la beaut&eacute; de mes mains ouvertes au temps 


La beaut&eacute; de mes terres fendill&eacute;es &agrave; l'hydrog&egrave;ne explosant 

Le souffle de ma vie multiple souffl&eacute; au crachat des plus malins


J'ai voulu &ecirc;tre po&egrave;te 


N'&eacute;tait-ce pas la d&eacute;raison de mes frissons d'attente?

&nbsp;

L'homme qui avec&nbsp;fiert&eacute; court &agrave; la pl&eacute;nitude

Est la vanit&eacute; m&ecirc;me / molle patte de vermine

Qui aveugle les c&eacute;lestes lumi&egrave;res 

Qui seules savent comment venir

A soi / toujours.

&nbsp;

J'ai voulu &ecirc;tre po&egrave;te

Mais la sublime porte du sens 

S'est aussit&ocirc;t r&eacute;tr&eacute;cie

Me laissant pli&eacute; au seuil de mille questions

Moi l'enfant jamais sorti des langes

Qui comme le po&egrave;te refuse les beaut&eacute;s f&eacute;condes

D'une maturit&eacute; assommante des illusions de ce monde

Trop lourde est la&nbsp;vie pour les &eacute;paules d'une pens&eacute;e solitaire

&nbsp;

J'ai voulu &ecirc;tre po&egrave;te

Mais l'essentiel n'&eacute;tait-il pas de na&icirc;tre au sens?

&nbsp;

&copy; Mouelle II

Paris le 17/07/2007
 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2007/07/412308</link>
   <author>Mouelle2</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2007/07/412308</guid>
  <pubDate>Wed, 18 Jul 2007 00:06:44 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Lecture anthropologique du rôle et de la place de la femme africaine dans la société, de l&#039;antiquité à nos jours. Symboles et Sens.</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp; 

&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par&nbsp; Thierry Mouelle II 

&nbsp; 

Conf&eacute;rence donn&eacute;e &agrave; Epinay Sur Seine (banlieue de Paris, France) le 26 mars 2007 &agrave; linvitation de l'association de la&nbsp;jeunesse africaine de la diaspora. (Larges extraits) 

&nbsp; 

Mesdames, Messieurs, 

Permettez-moi tout d'abord, en ce jour que vous avez choisi pour instituer une r&eacute;flexion intime sur l'essence de nos jours et marquer ainsi les esprits sur la place de la Femme africaine au sein de son espace de vie, permettez-moi de vous adresser mon salut fraternel et les salutations des anc&ecirc;tres dont j'appelle l'esprit bon et pur &agrave; concourir &agrave; la clart&eacute; de mes propos. Que mes &eacute;carts de langage soient miens, que&nbsp;ma possible&nbsp;&eacute;loquence leur soit due. 

&nbsp; 

Merci &agrave; vous d'&ecirc;tre venus nombreux pour fusionner nos r&eacute;flexions en vue de tenter d'y voir un peu plus clair quant &agrave; nos valeurs et perspectives, surtout lorsque pris dans l'ivresse du temps nous ne faisons pas si souvent le point pour savoir o&ugrave; nous en sommes avec nous-m&ecirc;mes, avec nos enfants, avec nos femmes, nos soeurs et m&egrave;res, dans un espace de vie o&ugrave; tout m&eacute;rite chaque jour d'&ecirc;tre repr&eacute;cis&eacute;. 

&nbsp; 

Ce pr&eacute;liminaire &eacute;nonc&eacute;, je puis dire que lorsque je fus approch&eacute; pour essayer de r&eacute;fl&eacute;chir sur le r&ocirc;le de la femme africaine dans la marche de la cit&eacute;, je me suis avant tout demand&eacute; de quelle cit&eacute; il sagissait, de quelle Afrique il &eacute;tait ou il va &ecirc;tre question, mais surtout de quelle femme de cette Afrique nous serons amen&eacute;s&nbsp;&agrave; parler. 

&nbsp; 

Cette distance par rapport au th&egrave;me pr&eacute;alable m'a permis de garder en m&eacute;moire qu'un sujet comme celui-l&agrave; peut &ecirc;tre une porte ouverte &agrave; tout, y compris &agrave; la d&eacute;perdition de la pertinence des arguments convoqu&eacute;s pour parler de la femme, de l'Afrique et de la Cit&eacute;. C'est pour cette raison que j'ai d&ucirc; proposer &agrave; mes partenaires de cette journ&eacute;e m&eacute;morable de recentrer&nbsp;le propos&nbsp;et de retenir comme vase de r&eacute;flexion le th&egrave;me&nbsp;: "le r&ocirc;le et la place de la femme africaine dans la marche de la soci&eacute;t&eacute;, de l'antiquit&eacute; &agrave; nos jours". Ce que mes interlocutrices&nbsp;ont amplement accept&eacute;. 

&nbsp; 

Ainsi libell&eacute;e, notre r&eacute;flexion pourrait alors garder toute sa pr&eacute;tention de miroir sur sa propre lin&eacute;arit&eacute; dans le temps. Les puristes diraient&nbsp;quelle se voudrait diachronique, permettrant en l'occurrence de pr&eacute;ciser rapidement qu'il sagit de la Femme africaine Noire, donc celle qui v&eacute;cut, vit, vient, et/ou a ses origines autour et au sud du Sahara, ses diasporas transcontinentales comprises. 

&nbsp; 


Nous traiterons donc, dans un premier temps du r&ocirc;le de la femme dans les soci&eacute;t&eacute;s de l'Afrique ancienne. Notre corpus retiendra la soci&eacute;t&eacute; kemetico-nubienne, celle qu'on identifie aujourdhui, des suites d'un glissement it&eacute;ratif de sens, comme la soci&eacute;t&eacute; &eacute;gypto-nubienne, pour nous fixer dans les temps les plus anciens&nbsp;; la soci&eacute;t&eacute; congolo-angolaise, dans sa vue purement royale de l'&eacute;poque du Kongo, pour nous fixer dans les temps pr&eacute;coloniaux. (Nous ferons un clin d'oeil &agrave; la soci&eacute;t&eacute; d'Abomey et celle Yoruba, oralement) 


&nbsp; 

Nous traiterons ensuite du r&ocirc;le de la femme africaine dans les soci&eacute;t&eacute;s de l'Afrique moderne. Nous entendrons par moderne, l'&eacute;poque qui englobe les diff&eacute;rentes&nbsp;Saisons Coloniales et postcoloniales. Notre corpus retiendra les soci&eacute;t&eacute;s sawa du Cameroun pour nous fixer dans les temps postcoloniaux. Nous traiterons de la femme dans la sph&egrave;re moderne du fonctionnement des administrations soumises au paradigme de l'effort de construction d'une soci&eacute;t&eacute;, paradigme h&eacute;rit&eacute; de la colonisation ; nous traiterons de la femme noire de l'errance (autrement dit celle des diasporas et plus principalement celle de la diaspora francophone&nbsp;localisable en&nbsp;France m&eacute;tropolitaine). Si nous avons du temps, nous &eacute;baucherons une comparaison sociologique de la part de visibilit&eacute; prestigieuse entre la femme noire en France et sa consoeur vivant en Angleterre.&nbsp;A dessein, Paris et Londres suffiront comme exemples d'espaces illustrant les diff&eacute;rents champs qualitatifs d'expression de la femme noire &agrave; la crois&eacute;e des valeurs acutelles et/ou du vaste pass&eacute;, sans exhaustivit&eacute;. 

&nbsp; 

I- Pr&eacute;misses de modernit&eacute; dans la soci&eacute;t&eacute; k&eacute;m&eacute;tico-nubienne de la p&eacute;riode pharaonique. 

&nbsp; 

Mesdames, Messieurs, 

Au stade actuel des recherches r&eacute;alis&eacute;es sur le vaste pass&eacute; africain, ce qui a &eacute;t&eacute; rendu public et qui concerne la soci&eacute;t&eacute; k&eacute;m&eacute;tico-nubienne de la p&eacute;riode pharaonique nous laisse voir une soci&eacute;t&eacute; structur&eacute;e, h&eacute;riti&egrave;re d'une succession de vues et d'&eacute;thique o&ugrave; il n'existe aucune rupture valorielle, aucune rupture de consid&eacute;ration, entre l'homme et la femme, mais plut&ocirc;t exalte-t-elle la r&eacute;affirmation d'un contexte chaque fois r&eacute;p&eacute;t&eacute; de la d&eacute;livrance de l'humanit&eacute; de ses propres travers en rendant possible l'apparition de la puissance et de la beaut&eacute; f&eacute;minines dans la civilisation humaine. 


Alors qu'une soci&eacute;t&eacute; civilis&eacute;e de nos jours affirme avant tout sa puissance par les valeurs phallocratiques du m&acirc;le dominant (valeur symbole du p&eacute;nis en &eacute;rection), la soci&eacute;t&eacute; k&eacute;m&eacute;tico-nubienne de la p&eacute;riode pharaonique met plut&ocirc;t en sc&egrave;ne des personnages mythiques sortis du respect qu'elle&nbsp;voue aux&nbsp;femmes. 

Ainsi, la premi&egrave;re consid&eacute;ration faite au ciel est f&eacute;minine&nbsp;: la d&eacute;esse Nout. Tout comme la Cr&eacute;ation&nbsp;: symbolis&eacute;e par la d&eacute;esse Iusaas. 



Mais les anciens africains ont &eacute;galement su tirer sens de la complexit&eacute; de l'&ecirc;tre&nbsp;f&eacute;minin (qui n'a rien d'exceptionnel aux c&ocirc;t&eacute;s de celle du m&acirc;le, soit dit) : on trouve cette complexit&eacute; en Mafdet, d&eacute;esse des scorpions et des serpents. Kek et Kauket sont ainsi les d&eacute;it&eacute;s de la nuit, de l'obscurit&eacute; et des choses incompr&eacute;hensibles. Arr&ecirc;tons-nous un instant sur ces symboles de premi&egrave;re importance du point de vue de la cosmogonie d'hier &agrave; aujourd'hui : le serpent, le scorpion et la nuit.

&nbsp;Par-del&agrave;&nbsp;son image&nbsp;effrayante le serpent n'est pas qu'une cr&eacute;ature de mort,&nbsp;il est &eacute;galement un Dieu cr&eacute;ateur, protecteur,&nbsp;symbole de l'humanit&eacute; dans son aspect &eacute;volutif, du fait qu'on est con&ccedil;u, on vit et on meurt.&nbsp;Dans plusieurs soci&eacute;t&eacute;s africaines depuis l'&eacute;poque pharaonique &agrave; nos&nbsp;jours, il porte en lui la vie pass&eacute;e et &agrave; venir, repr&eacute;sente ceux qui ne sont plus l&agrave; et qui veillent scrupuleusemet sur les leurs.&nbsp;Dans ses crocs venimeux, il ne porte pas que la mort, il porte la contre-mort, par ceci que son venin est &eacute;galement un contre-poison, un antidote. Ses muscles sont le rempart "constrictif" qui broie tous les ennemis de la nation. Son ventre dig&egrave;re jusqu'&agrave; l'expulsion dans les eaux du fleuve, les restes de l'ennemi. Sa pr&eacute;sence est rassurance dans la concession. Le serpent ne tue alors que pour pr&eacute;server le cycle &eacute;ternel de la Renaissance. Ouadjet, l'une des deux d&eacute;esses tut&eacute;laires de l'Egypte pharaonique est un serpent&nbsp;: le cobra royal. Il participe au nom de titulature du Pharaon, en l'occurrence son nom de Nebty "les deux ma&icirc;tresses" ou la double puissance, nom&nbsp;qui place le roi sous la double protection de Nekhbet, la d&eacute;esse Vautour (symbole de la Haute Egypte) et Ouadjet (sic), la d&eacute;esse Cobra (Basse Egypte).

&nbsp;

Si telle est la place du serpent dans la soci&eacute;t&eacute; africaine qu'en est-il du scorpion? 


Il &eacute;tait un insecte tr&egrave;s redout&eacute; des anciens Egyptiens. Bien qu'il n'attaque pas, il pique celui qui le touche par inadvertance, et sa piq&ucirc;re peut &ecirc;tre mortelle; amulettes et formules magiques &eacute;taient utilis&eacute;es pour se prot&eacute;ger contre sa piq&ucirc;re ou la gu&eacute;rir. D&egrave;s la fin de la p&eacute;riode pr&eacute;dynastique on commence &agrave; vulgariser des repr&eacute;sentations de scorpions et la p&eacute;riode thinite a fourni quelques amulettes en forme de scorpions. Une fois divinis&eacute;, le scorpion devient le symbole de la d&eacute;esse Serket, Selqit ou Selket, celle-m&ecirc;me que les Grecs on appel&eacute; Selkis; cependant, dans les repr&eacute;sentations hi&eacute;roglyphiques des tombes, sa queue arm&eacute;e du redoutable dard est supprim&eacute;e, afin qu'elle ne puisse pas piquer le d&eacute;funt dans son Voyage vers le pays qui aime le silence&nbsp;: l'au-del&agrave;. A la fin de la p&eacute;riode pr&eacute;historique, il inspire le nom d'un roi de Haute Egypte, Khepri (scorpion). Serket ou Selkis est l'une des quatre d&eacute;esses qui gardent les vases canopes dans lesquels sont contenus les visc&egrave;res du d&eacute;funt. Signalons, pour ne pas nous y &eacute;terniser, que dans le mythe d'Ousir (Osiris) c'est&nbsp;Serket qui est charg&eacute;e de prendre soin de l'enfant Hor (Horus) cach&eacute; dans les marais par sa m&egrave;re Aset (Isis) pour &eacute;chapper &agrave; Soutekh (Seth), le dieu du mal. Le mythe biblique&nbsp;de l'enfant Mo&iuml;se sauv&eacute; des eaux du Nil s'inspire principalement de cette partie du mythe k&eacute;m&eacute;tique. 

Pour ce qui est de la nuit que nous avons &eacute;galement &eacute;voqu&eacute;e, autrement dit l'obscurit&eacute; dans les soci&eacute;t&eacute;s initiatiques, elle symbolise, dans la soci&eacute;t&eacute; africaine ancienne, le moment &eacute;sot&eacute;rique le plus important car il met l'&ecirc;tre humain, au sens m&ecirc;me du mot &laquo;&nbsp;&eacute;sot&eacute;rique&nbsp;&raquo;, en lecture de lui-m&ecirc;me ; il le met face &agrave; son miroir int&eacute;rieur. La nuit est conscience, elle est appel de soi vers soi-m&ecirc;me, pour r&eacute;pondre &agrave; l'&eacute;quilibre de son &ecirc;tre et dire son dedans avec plus de clart&eacute; que jamais le jour, par sa lumi&egrave;re &eacute;blouissante, donc perturbante, ne pourrait assez le faire. 

&nbsp; 

Le symbole de la nuit faite femme est ici un moment fort de la connaissance de l'univers soustrait au premier entendement. En partant de la femme, la soci&eacute;t&eacute; africaine de l'&eacute;poque pharaonique entreprend une introspection&nbsp;en elle-m&ecirc;me et aboutit au d&eacute;cryptage&nbsp;du sens r&eacute;el de l'&ecirc;tre. Qui sommes-nous? D'o&ugrave; venons-nous? O&ugrave; allons-nous? Comme pour dire que la femme est l'homo sapiens sapiens par excellence&nbsp;: elle est l'Homme arriv&eacute; &agrave; son stade de maturation le plus accompli, qui lit et dit l'univers avec simplicit&eacute; et force afin de marquer sa propre complexit&eacute;.&nbsp;La femme, &agrave; travers les diff&eacute;rentes configurations symboliques&nbsp;qui accompagnent et disent la soci&eacute;t&eacute;, connote la puissance m&ecirc;me&nbsp;du Pera&acirc; (pharaon). Les &eacute;l&eacute;ments les plus stables dans leur diversit&eacute; interne sont symbole de f&eacute;minit&eacute;. Il en est ainsi de l'avertissement visuel que le Pharaon&nbsp;porte sur son atef royal, sa couronne: la d&eacute;esse Ouadjet, le cobra sur sa posture de t&ecirc;te dress&eacute;e (en grec uraeus= &eacute;rection). Cette d&eacute;esse&nbsp;ach&egrave;ve de donner sa place la plus affermie au f&eacute;minin ,et partant du f&eacute;minin, &agrave; la femme dans la soci&eacute;t&eacute; politique, spirituelle et religieuse de l'Afrique ancienne. Sur cette partie, nous pouvons donc conclure que la femme africaine porte la quintessence philosophique m&ecirc;me de la civilisation k&eacute;m&eacute;tico-nubienne&nbsp;: c'est elle qui dit, et c'est &agrave; travers elle que se dit,&nbsp;comment se repr&eacute;senter le monde, l'interpr&eacute;ter, le vivre. Noun elle-m&ecirc;me, le fleuve primordial d'o&ugrave; tout vient, qui est la base de toute la cosmogonie k&eacute;m&eacute;tique n'est-elle pas une d&eacute;esse? Il en est de m&ecirc;me de la Douat, le lieu&nbsp;qui aime et anime le silence &eacute;ternel&nbsp;( l'au-del&agrave;) est : f&eacute;minine. L'univers lui-m&ecirc;me, si l'on le regarde&nbsp;comme se le repr&eacute;sentaient les anciens kamits, est une femme vo&ucirc;t&eacute;e et&nbsp;sous le ventre de laquelle l'ensemble des &ecirc;tres et des choses vivent et se meuvent. Nous venons (dans le sens de sortir, d'&eacute;maner, de na&icirc;tre) de la femme, et &agrave; la fin de notre p&eacute;riple sous le soleil, nous partons vers la femme, nous enseignent les anc&ecirc;tres. 

&nbsp; 

Par symbole interpos&eacute;, et m&ecirc;me souvent au-del&agrave; du symbole, la femme joue &eacute;galement le r&ocirc;le de d&eacute;fenseuse de valeurs et de l'ordre &eacute;tablis. 

&nbsp; 

La premi&egrave;re fois que l'autorit&eacute; du Dieu R&acirc; fut contest&eacute;e par les hommes, c'est encore une femme (deux fois dieu)&nbsp;: la d&eacute;esse Hathor (La-demeure-du-dieu-Hor) qui monte en premi&egrave;re ligne et r&eacute;tablit l'ordre. Elle pourchasse les insurg&eacute;s dans le d&eacute;sert et les &eacute;limine tous. Une petite explication me para&icirc;t indispensable &agrave; ce niveau, quand on sait que la d&eacute;esse Hathor&nbsp;a pour principale activit&eacute; la musique et la danse. Par pure logique, elle ne peut donc avoir tu&eacute; les ennemis du royaume que par et avec l'art. C'est tout ce qu'elle a re&ccedil;u de la vie comme atout ! 

&nbsp; 

Comment est-ce possible&nbsp;? Comment peut-elle avoir tu&eacute; les ennemis de R&acirc; en n'employant que l'art de la chanson et de la danse? Pourrait-on se demander.&nbsp; 

&nbsp; 

Pour la premi&egrave;re fois dans l'histoire de l'humanit&eacute;, nous&nbsp;sommes devant&nbsp;une philosophie qui met en valeur non pas la cr&eacute;ation destructrice comme r&eacute;f&eacute;rent soci&eacute;tal, mais l'accommodement fait &agrave; la cr&eacute;ation du beau utilitaire dans lequel &agrave; l'esth&eacute;tique est donn&eacute;e autant de puissance qui ne pourrait avoir d'&eacute;quivalent de nos jours que la bombe atomique. (J'exag&egrave;re &agrave; peine).&nbsp;Car, de&nbsp;mon point de vue,&nbsp;les ennemis de R&acirc;, le Dieu des dieux, symbole puissant de l'unit&eacute; et du rayonnement du pays et, partant, de l'univers, ne peuvent pas se concevoir comme une petite troupe qu'on pourrait an&eacute;antir avec quelques fl&egrave;ches. Il s'agit d'une v&eacute;ritable masse insurg&eacute;e au nombre consid&eacute;rable et que Hathor, l'Horus f&eacute;minin d&eacute;di&eacute; &agrave; l'expression du beau, renvoie habilement dans les ab&icirc;mes du n&eacute;ant. L'art, ici symbolis&eacute; par le chant et la danse, parvient aux m&ecirc;mes r&eacute;sultats que les victoires des arm&eacute;es de Ramessou, le fils de Soutekhy (Rams&egrave;s II)&nbsp;: la d&eacute;fection des insurg&eacute;s. L'ennemi est donc d&eacute;fait, mais principalement dans son &acirc;me et dans ses sens. Hathor nous enseigne que la gr&acirc;ce et la beaut&eacute; sont aussi utiles et efficaces en temps d'adversit&eacute; que les armes les plus d&eacute;vastatrices. 

&nbsp; 

L'art, port&eacute; par le symbole de la femme sublim&eacute;e, combat donc mieux le mal dans la soci&eacute;t&eacute; des hommes que les armes conventionnelles. Voir &agrave; ce sujet Le livre de la vache du ciel de Charles Maystre, publi&eacute; en 1941 et qui reprend l'ensemble de l'&eacute;pop&eacute;e d'Hathor en hi&eacute;roglyphes et que nous rapporte l'excellent livre du Pr Th&eacute;ophile Obenga&nbsp;: La Philosophie Africaine de la p&eacute;riode pharaonique. 

&nbsp; 

Du point de vue initiatique, &eacute;sot&eacute;rique, et selon les anciens kamits, ceci est v&eacute;rit&eacute;&nbsp;: la puissance du Verbe et la sublimation du corps comme substrat du Sacr&eacute;, particule des dieux,&nbsp;vallent mille millions de mort &eacute;vid&eacute;s de leur sang. C'est dans les esprits que s'op&egrave;re et doit s'op&eacute;rer le combat pour le changement vers la paix et l'amour dans la cit&eacute; des humains&nbsp;; c'est par l'imagination active et humaniste que doit passer le meilleur des victoires sur le mal humain. Comme tout est symbole dans la soci&eacute;t&eacute; pharaonique, nous garderons donc en m&eacute;moire que la victoire de l'art sur le mal de la cit&eacute; est pr&eacute;f&eacute;rable &agrave; la violence d'autant plus que la soci&eacute;t&eacute; k&eacute;m&eacute;tico-nubienne a pour vertu cardinale la Ma&acirc;t, le principe V&eacute;rit&eacute;-Justice. La Ma&acirc;t qui est encore une fois symbolis&eacute;e par une femme portant une plume d'oie sur sa t&ecirc;te, symbole de la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; de la vertu, mais &eacute;galement de sa fragilit&eacute;. L&agrave; aussi, nos anc&ecirc;tres nous apprennent que justice et &eacute;quit&eacute; sont femmes,donc d&eacute;licates &agrave; choyer, &agrave; entretenir (au sens d'en prendre soin) en permanence. 

&nbsp; 

Il en est des dieux comme des &ecirc;tres humains. Il n'est donc plus besoin pour nous de nous &eacute;taler en longueur sur la place de la femme dans la soci&eacute;t&eacute; nilo-&eacute;gyptienne, quand pour le d&eacute;montrer nous aurons convoqu&eacute; quelques autres d&eacute;esses pour dire combien l'homme noir ancien v&eacute;n&eacute;rait la femme au point de lui consacrer plus de symboles sacr&eacute;s dans son panth&eacute;on religieux qu'il ne l'a fait pour lui-m&ecirc;me, ses testost&eacute;rones bien en place. Citons au passage Aset, plus connue sous son appelation grecque&nbsp;: Isis. D&eacute;esse m&egrave;re, m&egrave;re de tous les dieux, &eacute;pouse de R&acirc; le magnifique. Sa place est telle et si incontestable qu'elle est reine de chaque nome (lchacune des quatre-deux provinces de Kemet, l'Egypte ancienne). 

&nbsp; 

La liste exhaustive de ses attributs indique qu'elle est appel&eacute;e Ament &agrave; Th&egrave;bes, Menhet, &agrave; H&eacute;liopolis, Renpet, &agrave; Memphis, Sept, &agrave; Abydos, Hetet, &agrave; Behutet, Hurt, &agrave; Nekhen, Thenenet, &agrave; Hermonthis, Ant, &agrave; Dendera, Sesheta, &agrave; Hermopolis, Heqet, &agrave; Hibiu, Uatchit, &agrave; Hipponus, Mersekhen, &agrave; Herakleopolis, Renpet, &agrave; Crocodilopolis, Neb-tept, &agrave; Arsinoe, That, ou Tchetut, &agrave; Aphroditopolis, et Shetat, &agrave; Bubastis. Parmi ses divers titres &eacute;voquons la divine, l'unique, la plus grande des dieux et d&eacute;esses, la reine de tous les dieux, R&acirc; fait femme, Horus fait femme, l'oeil de R&acirc;, la couronne de R&acirc;-Heru.[1] 

&nbsp; 

Citons aussi Anuk&eacute;, la d&eacute;esse de la guerre&nbsp;; Anuket, la d&eacute;esse du Nil&nbsp;; Astarte, la d&eacute;esse guerri&egrave;re&nbsp;; Bastet la belle d&eacute;esse chatte&nbsp;; Bat, la d&eacute;esse vache&nbsp;; Hathor que nous avons d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;, la d&eacute;esse du chant et de la danse&nbsp;; Heqet, la d&eacute;esse grenouille&nbsp;; Heret-Kau, la d&eacute;esse qui investit les esprits, Beset, la d&eacute;esse de labondance, Ipy ou Opet, la d&eacute;esse m&egrave;re dOsiris, Iusass cit&eacute;e plus haut et qui est d&eacute;esse de la Cr&eacute;ation. 

&nbsp; 

Isis prit l'aspect et les attributs de plusieurs autres d&eacute;esses comme Selkis, Hathor d&eacute;j&agrave; amplement &eacute;voqu&eacute;e, Neith et Nout, pour les fondre en une seule et unique divinit&eacute;&nbsp;: elle-m&ecirc;me. 

&nbsp; 

Autant de place faite au symbole f&eacute;minin ou mieux, &agrave; la femme, ne surprend donc pas quand, quittant ces hautes sph&egrave;res des dieux, nous arrivons dans le monde des r&eacute;alit&eacute;s sensibles pour constater &eacute;galement que la Femme africaine y joue un r&ocirc;le social, politique et &eacute;conomique de premier ordre. 

&nbsp; 

Dans la soci&eacute;t&eacute; k&eacute;m&eacute;tico-nubienne, la femme est m&eacute;decin (sounou, swnw). La plus illustre dentre elles, en ces temps recul&eacute;s, est la reine Hatchepsout. Ses talents de m&eacute;decin en chef &eacute;taient r&eacute;put&eacute;s dans le monde entier au point que les patients les plus illustres venaient de Syrie et d'H&eacute;l&egrave;ne, les deux puissances rivales de son &eacute;poque pour b&eacute;n&eacute;ficier de sa science du corps et de l'esprit. 

&nbsp; 

Vous me permettrez de pr&eacute;ciser que la science m&eacute;dicale pharaonique gu&eacute;rissait &agrave; la fois le corps et l'esprit, le visible et l'invisible, car pour nos anc&ecirc;tres, il n'y avait pas de science, donc de connaissance encore moins de savoir sans une once de magie.&nbsp; La magie elle-m&ecirc;me &eacute;ant ce que nous appelons "science" de nos jours. 

&nbsp; 

Elle traite du coeur, des dents, de la peau. Le papyrus Ebers (108 pages) est exhautif sur la nature et la qualit&eacute; de la m&eacute;decine pharaonique. 

&nbsp; 

Mais revenons &agrave; Hatchepsout pour signaler qu'elle est &eacute;galement architecte. C'est sa Majest&eacute; royale elle-m&ecirc;me qui supervise les travaux du Temple qu'elle b&acirc;tit et qui lui est consacr&eacute;, taill&eacute; dans la roche. Ce temple est encore visible dans la Vall&eacute;e des rois &agrave; Th&egrave;bes. Il est remarquable par sa magnificence. 

&nbsp; 

Nous aurions d&ucirc; commencer par elle. Car bien avant la pr&eacute;cit&eacute;e, une autre femme de la soci&eacute;t&eacute; civile kemetico-nubienne a marqu&eacute; les esprits son nom&nbsp;: Sesha. 

&nbsp; 

Epouse d&eacute;vou&eacute;e d'Imhotep, le grand savant, et premier codificateur de tous les syst&egrave;mes g&eacute;om&eacute;triques que conna&icirc;tront et mettront en application les diff&eacute;rents rois b&acirc;tisseurs de pyramides, Sesha est math&eacute;maticienne. 

&nbsp; 

On lui accorde d'avoir calcul&eacute; tous les possibles et estimations de grandeur de nombre de r&eacute;alisations dont les finitions sont attribu&eacute;es &agrave; son &eacute;poux, Imhotep. 

&nbsp; 

La femme &eacute;gyptienne est reine. Elle est donc premier magistrat. Elle rend justice au nom de la d&eacute;esse Ma&acirc;t. Premi&egrave;re pr&ecirc;tresse. Contrairement &agrave; ce qu'en a dit H&eacute;rodote qui, pour n'avoir trouv&eacute; aucune femme officiant ouvertement comme pr&ecirc;tresse a conclu&nbsp;que les femmes sont exempt&eacute;es de pr&ecirc;trise. Je rappelle qu'H&eacute;rodote&nbsp;a visit&eacute; l'Egypte &agrave; une p&eacute;riode o&ugrave; elle est&nbsp;conquise, occup&eacute;e et&nbsp;domin&eacute;e par le roi perse Cyrus (580-529 av notre &egrave;re), fils de Cambyse.&nbsp;Y a-t-il l&agrave; une cause &agrave; effet ? La pr&ecirc;trise est-elle &agrave; cette &eacute;poque pr&eacute;cise interdite aux femmes du fait de la domination des valeurs &eacute;trang&egrave;res phallocratiques ?&nbsp;Quand bien m&ecirc;me nous pourrions accorder foi &agrave; "l'enqu&ecirc;te" d'H&eacute;rodote qui affirme n'avoir vu aucune femme dans les temples ou ailleurs, certainement, exer&ccedil;ant les fonctions de pr&ecirc;tresse une autre lecture de ces faits reste possible. Car tradionnellement, et cela n'a pas chang&eacute; de nos jours,&nbsp;la femme africaine est pr&ecirc;tresse, chef de culte, chef de tous les pr&ecirc;tres y compris le Grand Pr&ecirc;tre, chef du clerg&eacute;. La Reine n'est-elle pas la Responsable du contenu et de la forme des cultes? Elle est initi&eacute;e aux diff&eacute;rents grades jusqu'au grade le plus &eacute;lev&eacute; du clerg&eacute;. Si la pr&ecirc;trise qui est l'alpha et l'om&eacute;ga de la fonction sociale &eacute;tait interdite aux femmes, nul doute que la fonction&nbsp;pharaonne lui serait &eacute;galement interdite. Je soutiens qu'il ne peut y avoir de d&eacute;esses l&agrave; o&ugrave; aucune femme ne peut &ecirc;tre pr&ecirc;tresse du fait de son sexe. Car les d&eacute;esses ne sont pas plus symbole sacr&eacute; de la femme que la femme pr&ecirc;tresse qui leur rend gr&acirc;ce et d&eacute;votion. 

&nbsp; 

La femme &eacute;gyptienne (de la p&eacute;riode k&eacute;m&eacute;tico-nubienne) est donc visible au sens social du terme. Elle joue les premiers r&ocirc;les au sens politique. Elle n'a aucune place &agrave; conqu&eacute;rir, du moins l'histoire ne nous l'enseigne pas. Aucune consid&eacute;ration ne lui est d'office refus&eacute;e parce qu'elle est n&eacute;e femme. En revanche, le long du temps, elle s'est faite la gardienne de la tradition, car c'est elle qui transmet le savoir traditionnel, re&ccedil;u des mains des scribes. 

&nbsp; 

Elle est lettr&eacute;e. Entreprenante. Surtout, elle est vertueuse. Dans aucun papyrus jusqu'ici disponible, &agrave; ma connaissance, l'on n'a signal&eacute; une femme native de cette r&eacute;gion k&eacute;m&eacute;tico-nubienne qui fasse commerce de son corps pour vivre. 

&nbsp; 

A c&ocirc;t&eacute; de la femme &eacute;lite de la soci&eacute;t&eacute; pharaonique, la condition de celle qui se plie aux travaux domestiques et &agrave; ceux des champs au quotidien ne d&eacute;pend en rien du bon vouloir de son conjoint. Elle na pas de ma&icirc;tre en guise d'&eacute;poux, elle est l'&eacute;gale de l'homme en droit et en devoir face &agrave; l'Etat. Bien mieux, c'est elle qui garde le secret de l'alchimie des r&ecirc;ves et des amours. 

&nbsp; 

Qu'en sera-t-il dans les temps qui suivront la d&eacute;cadence de l'&egrave;re pharaonique proprement n&egrave;gre&nbsp;? Les travaux r&eacute;cemment rendus publics, en dehors de ceux de Th. Obenga notamment et de Mubabinge Bilolo, font &eacute;tat de la d&eacute;gradation du tissu social et notamment du statut de la femme au cours des p&eacute;riodes d'occupation ou de r&egrave;gnes syrien, grec, et romain. Plus principalement le corpus philosophique de la nation fait d&eacute;gringoler la femme du pi&eacute;destal au sommet duquel la Tradition l'avait hiss&eacute;e. 

Bien que l'essentiel des icones de la femme d&eacute;ifi&eacute;e restent intactes dans les temples et lieux publics, il est tr&egrave;s facile de retrouver des femmes faisant commerce de leur corps dans les maisons du plaisir &agrave; travers les principales villes du pays, du nord au sud. On peut les retrouver empal&eacute;es au m&ecirc;me titre que les hommes devant les palais des princes &eacute;trangers au pouvoir lorsqu'elles ont &eacute;t&eacute; impliqu&eacute;es dans des rixes ou des basses oeuvres croisant les int&eacute;r&ecirc;ts des plus forts. 

&nbsp; 

La femme symbole du sacr&eacute; perd d&eacute;finitivement de sa superbe. 

&nbsp; 

En nous inspirant de ces images sombres de la femme sous l'occupation, jetons &agrave; pr&eacute;sent un coup d'oeil sur la p&eacute;riode qui suit la chute d&eacute;finitive de l'&egrave;re pharaonique. 

&nbsp; 

II- la Femme africaine de l'&eacute;poque des royaumes postpharaoniques. 

&nbsp; 

A la suite des travaux de Louise-Marie Maes Diop ayant trait&eacute; de l'&eacute;tat d&eacute;mographique de l'Afrique avant la conqu&ecirc;te coloniale, et partant de sa g&eacute;ographie physique et &eacute;conomique, consid&eacute;rant les travaux de Cheikh Anta Diop et de Th&eacute;ophile Obenga sur la continuit&eacute; de l'histoire africaine &agrave; travers les temps, consid&eacute;rant les m&ecirc;mes souches de populations unies dans la diversit&eacute; microspatiale, consid&eacute;rant enfin l'unit&eacute; culturelle de l'Afrique noire, nous sommes en cet instant, en mesure d'affirmer que la femme africaine de la p&eacute;riode post pharaonique na pas connu, &agrave; d&eacute;faut d'une perversion due aux influences ext&eacute;rieures, une alt&eacute;ration consid&eacute;rable de sa place au sein de la soci&eacute;t&eacute;. Au contraire elle aura eu le temps de reconqu&eacute;rir le statut d'&ecirc;tre sacr&eacute; qui lui &eacute;tait obstru&eacute; &agrave; la fin des temps pr&eacute;c&eacute;dents. &nbsp; 

Elle conduit l'&eacute;conomie nationale, par le fait que c'est elle qui va industrialiser la m&eacute;canicit&eacute; des champs de culture de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute;, elle tient un r&ocirc;le, le m&ecirc;me depuis toujours dans l'&eacute;chelle des comp&eacute;tences et des valeurs spirituelles, militaires, politiques, didactiques. 

&nbsp; 

La femme africaine de&nbsp; la p&eacute;riode postpharaonique reste une actrice de la destin&eacute;e collective. Elle reste la r&eacute;f&eacute;rence des temps de trouble et rend impossibles les lignes de fracture entre les diverses couches sociales, car elle demeure la gardienne des valeurs endog&egrave;nes. 

&nbsp; 

En revanche, d&egrave;s la fin du 15 &egrave; si&egrave;cle, dans la partie Ouest de l'Afrique, avec l'&eacute;mergence des royaumes islamiques, le statut de la femme, du fait d'une interf&eacute;rence entre les valeurs proprement africaines et celles islamo-arabiques, commence &agrave; s'effriter. 

&nbsp; 

Cohabitent deux femmes africaines. Celle d'une Afrique qui n'a pas encore totalement &eacute;t&eacute; investie par le culte d&eacute;valorisant de l'interpr&eacute;tation th&eacute;ocratique de&nbsp;ce qu'est ou doit &ecirc;tre la femme telle qu'elle serait voulue par&nbsp;le Livre Saint des musulmans, le Coran, et celle qui reste prot&eacute;g&eacute;e, v&eacute;n&eacute;r&eacute;e&nbsp;par les principes cardinaux de ses anc&ecirc;tres o&ugrave; elle demeure le centre de la civilisation, ma&icirc;tresse des destins, Donneuse de vie, &eacute;ducatrice. 




Cette cohabitation est en elle -m&ecirc;me un sujet qui m&eacute;rite ample &eacute;tude. Nous ne pouvons qu'indiquer ici de mani&egrave;re sommaire qu'elle ne fut pas &agrave; l'avantage de la femme proprement n&egrave;gre au sens culturel du terme.

&nbsp;

Il en sera de m&ecirc;me &agrave; l'arriv&eacute;e du christianisme. Le Livre Saint des chr&eacute;tiens la transforme en une &eacute;manation de la c&ocirc;te d'un homme endormi, en l'occurrence Adam : elle a cess&eacute; d&ecirc;tre, dans cet universalisme s&eacute;mitico-chr&eacute;tien conqu&eacute;rant,&nbsp; l'&ecirc;tre divin construit avec pr&eacute;caution dans l'imaginaire et le v&eacute;cu des anciens africains. La femme de chez nous devient ouvertement bl&acirc;mable. Elle est battue, humili&eacute;e, r&eacute;pudi&eacute;e. La femme baisse la t&ecirc;te quand elle sadresse &agrave; l'homme, que pourtant elle porte neuf mois dans son ventre. La femme devient objet de plaisir : elle fait commerce de son corps pour vivre, car son ind&eacute;pendance tient d&eacute;sormais aussi de ces travers, pour n'&ecirc;tre plus en paix dans un foyer..... 

Toute bonne relation entre les membres d'une soci&eacute;t&eacute; d&eacute;pend de la nature et de la qualit&eacute; du contrat social qu'ils se sont octroy&eacute;s. Parall&egrave;le &agrave; ce contrat doit &ecirc;tre &eacute;rig&eacute; un corps spirituel et moral en rapport avec la cosmogonie du peuple, c'est lui qui porte le corpus de traditions qui balisent l'ensemble des options de progr&egrave;s, d'avenir.&nbsp;

Est un "bon" peuple, celui qui&nbsp;accorde priorit&eacute;&nbsp;&agrave; la place que doivent occuper les maillons faibles de sa cha&icirc;ne sociale au sein de son &eacute;chelle d'int&eacute;r&ecirc;t. Que vaut un handicap&eacute;? Quel regard porter sur la femme? Quelle est sa place? Quelle place pour l'adolescent, l'adolescente? Comment les &eacute;duquer? Selon quelles valeurs? C'est dans ces cha&icirc;nons de la vie en commun que s'op&egrave;rent les valeurs de coh&eacute;sion par la solidarit&eacute;. Aucune femme ne vaut moins qu'un homme. De m&ecirc;me, un handicap&eacute; n'ayant pas choisi de l'&ecirc;tre, il ne devrait souffrir d'aucune discrimination au sein de la cha&icirc;ne de vie et d'&eacute;volution humaines. 


......................fin de l'extrait..................................................... 

&nbsp; 

[1] Plusieurs noms de ces villes sont des correspondances grecques des villes k&eacute;m&eacute;tiques rebaptis&eacute;es durant la p&eacute;riode ptol&eacute;ma&iuml;que. ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2007/05/371438</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Wed, 30 May 2007 00:16:57 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Ils m’ont rendu hommage</title>
   <description><![CDATA[ Ils m'ont rendu hommage ce matin 

Pour avoir été 

En cinq millénaires de pratique de mots 

Le rare à être monté sur l'échafaud 

Le silence porté en bandoulière 

Pour recevoir le sacre invectivé 

Des langues qu'on pend 

Pour être trop pendues 

  

Ils m'ont rendu hommage ce matin 

Pendu au bout d'une plume sèche 

La feuille noircie de goudron comique 

La tête fière du sage qui s'apprécie 

A défaut d'être aimé des siens 

Qui en le voisin venant voient toujours 

Le sage qu'il ne peut qu'être en lieu nouveau 

Son verbe si vieux ailleurs est là innocent 

  

Ils m'ont rendu hommage 

Car j'aime enfin me taire en mourant 

Les vaches, les lions, les hyènes, les aigles 

Le collège était là 

Qui hochait le chef 

Les commissures retroussées 

Le port droit 

Episcopat de la préciosité 

La pipe fumant 

Prêt à transformer en inventaire à la Prévert 


Mes attributs d'essence divine 

 

Aussi ont-il dit


Que je suis né Con 

Mort Salaud 

Ai vécu Malappris 

Moi le poète 

Imbécile 

Naïf 

Misérable 

Moi l'écrivain 

Le reste d'etc. s&#039;est peint sans empressement 

Sur le masque cousu de peau d'enfants 

Que mes mots du mal n'ont pas sauvés 

Des tendresses de la cruelle vermine sociale 

  

Allez, laissez-vous aller 

Oyez-les faire 

Le cœur du mal tient là ses inédits éternels 



  

© Paris le 25 avril 2007   ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2007/04/341888</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Fri, 27 Apr 2007 12:07:13 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Elégie pour le mort qui meurt tous les jours</title>
   <description><![CDATA[ Où est-il, mon ami 

Où est-il donc passé 

Cet émérite oiseau de veille 

Qui tant veillait sur le toit du monde 

Que son œil entrait partout en force 

Forçant les seuils les plus tenus 

Tenant les positions les plus raides 

Raidissant les cheveux les plus lissés 

Lissant les espoirs les plus chaotiques 

Où est-il passé, mon ami 

Où est-il donc allé 

S'il n'est pas mort ? 

  

Ah, dieux  

Il est mort ! 

Le philosophe est mort 

Il est mort 

La ville porte à peine son deuil 

Fluide qu'elle s'empresse de lui trouver 

Un héritier juste avec le Prince 

Gracieux avec le commerçant 

Complaisant avec l'armurier  

Ses mots orphelins tremblent d'effroi 

Sur les trottoirs où défilent les émeutiers 

Qui bavent sous les pages d'encenseurs 

De l'ordre du spectacle de nus télévisuels 

Le philosophe est mort 

Il est mort 

Vive sa mort 

  

Désormais voici le Prince qui s'épanche 

Planche sur ses propres orties 

Bariolées de mauvaise pisse 

D'herbe et de poudre d'automeurtrissure 

Il verbalise les chapitres à peine insoumis 

Exile les insoumis 

Affame les réservés 

Seul sur le pupitre 

Il jubile de ses gouttes bornées 

Rémunère l'applaudimètre infâme 

Le spectacle est pathétique 

La médaille nauséeuse 

Le philosophe est vraiment mort 

Oui, vraiment mort ! 

  

Ah, mon ami 

Ne me disais-tu pas 

Que les temps à venir éclairciront 

Les sombres voilures étalées 

Sur ce pays souvent de sagesse 

  

Ne me disais-tu pas 

Que jamais les philosophes ne meurent 

Parce que du temps leur raison décoiffe l'arrogance 

Je suis à peine arrivé que la peur d'être 

Ecume la patience de mon âme 

Le temps s'est paré de nuages 

Et l'air de longs filets de gaz 

Le pavé résonne de cadence 

De la mort en treillis qui avance 

Vers l'étranger qui est le mal 

L&#039;étranger qui est sale de ses mains à son âme 

Je suis cet étranger qui sale sur ta tombe 

Seul frémis en silence 


Portant sur mes lèvres épaissies 

Par subtil décret permanent 


La sentence qu'il n'y a point 

De délégation vers le salut 

  

Es-tu Sartre 

Es-tu Camus 
Es-tu Alexandre Dumas 


Je viens de là où les oiseaux chantent encore 

La mémoire des jours où s'oublie l'usure du soleil 

Je viens de là où la République est un homme 

Mais où l'homme ne chasse aucun homme 

Du toit où s'étanche la soif des voyageurs 

  

  

© Thierry Mouelle II 

 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2007/04/340217</link>
   <author>Mouelle2</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2007/04/340217</guid>
  <pubDate>Wed, 25 Apr 2007 12:19:55 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>A l’école moderne du resurgissement néoclassique.</title>
   <description><![CDATA[ La croisée des Chemins d'Eric Van Hamme : 

des mots précieux pour sublimer l'angoisse d'être. 

  

L&#039;éventualité qu&#039;un livre soit bien écrit de nos jours relève presque d&#039;une exception, tant la logique dont se nourrissent les éditeurs l&#039;a peu à peu transformé en un champ infesté de dominos difficiles à remettre en ordre, accompagnant rageusement nos idoles (Ernest Miller Hemingway, Jean-Paul Sartre, André Gide, Albert Camus, Guy De Maupassant, Richard Wright ...) dans le double-fond des cryptes du dépassé. 

  

L&#039;éloge au sexe et le culte du sang sont à la littérature occidentale devenus la pancarte bipolaire d&#039;une condition humaine réduite à sa plus simple expression : le sensationnel. Les mots (des écrivains) ont été vidés de leur sens par l&#039;exigence de l&#039;ordre marchand, transformant le meilleur de nos jus de cerveau en une industrieuse artisanerie de phraséologies de quais de gares. Ils ne portent plus le sensuel parfum d&#039;un premier rendez-vous galant et délicat avec la découverte d&#039;un auteur : les mots arrachés à la langue des immortels sont devenus l&#039;exposition du signifié dans une vitrine de concussion nauséeuse où le puriste est contraint au suicide avec, sur sa poitrine, l&#039;épitaphe: &quot;ce siècle veut du sang, il exige de discourir sur le sexe violent&quot;. 

  

Pourtant, mon collègue Eric Van Hamme, sans discourir sur le sexe violent, sans faire étalage d&#039;une possible maîtrise des lieux obscurs de la sublime cité du vice,  a fait belle oeuvre. Sans sueur. 

  

Le roman qu&#039;il vient de commettre aux éditions Menaibuc, porte bien son titre : La Croisée des Chemins. Sa thématique, portée par deux voies qui mêlent aisément les préoccupations d&#039;une littérature au style classique et les angoisses de l&#039;homme du vingt-et-unième siècle, pose une question simple : comment être heureux? Comment se dire Homme dans un espace de vie où être c'est exposer « ce qu'on fait » ? Ce qu'on s'accole alors au verbe être comme si sans ce qu'on fait, on n'est plus. Qu'est-ce que l'identité ? Qu'est-ce au fond, dans tous les cas, sans un contrat de travail qu'on brandit toujours avec subtilité en travaillant chacune des phrases étalées à la face de l'interlocuteur ? 

L&#039;ivresse de se réaliser professionnellement mérite-t-elle qu&#039;on en oublie sur soi-même? Cet autre soi-même qui n&#039;a rien à voir avec le rendement statistique et les courbes chiffrées? Qui est-on au fond? Où va-t-on? Deux questions litotiques qui surgissent au hasard d&#039;une mission que le héros vanhammien, Marc, un consultant, effectue dans une ville de la France rurale (la Corrèze) et qui lui donnent enfin l&#039;occasion de se demander s&#039;il reste capable d&#039;opérer sa propre lecture intérieure, son changement d&#039;homme de haine et de colère vers quelque autre chose de lui-même. 

Il se demande ce qu&#039;il lui resterait si ce soir il tirait un trait sur toute son existence? L&#039;argent? Mais l&#039;argent est-il tout? Est-il le sens, le but de la vie? 

  

Eric Van Hamme a le mérite, pour un premier roman, de mettre le doigt là où l&#039;homme moderne a mal : son incapacité à un dialogue avec lui-même pour se connaître en vue de s&#039;améliorer. Happé par les ressorts les plus élaborés qui lui cèdent à la marchandise et aux services la primeur des considérations, il dérive lentement vers son propre effacement, embrassant la haine de soi et des autres comme ultime bouée de sauvetage. 

  

Voilà comment, au prétexte de suivre et de nous narrer les tribulations d'un expert des temps informatiques avec lui-même, Eric Van Hamme repose la question du devenir de l'homo modernicus. 

  

Il vient à la suite des grandes plumes, (André Malraux, Pablo Neruda) qui ont su comment mettre l&#039;Homme au centre de la littérature, rendant au temps et à ses exigences matérielles le peu de place qui leur est dû: la vacuité. 

L&#039;homme est la mesure de la modernité et devrait redevenir le fléau à partir duquel s&#039;observe le sens du bonheur, semble nous dire le tout nouvel écrivain. Un régal. 

  

Thierry Mouelle II 

Poète et écrivain. 

  

 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2007/04/338513</link>
   <author>Mouelle2</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2007/04/338513</guid>
  <pubDate>Mon, 23 Apr 2007 17:48:17 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Un jour : je voterai</title>
   <description><![CDATA[ Confidences d'un citoyen de nulle part devant un coll&egrave;ge d'hommes libres 






&nbsp;

Et si mon rapport &agrave; la vie manquait tant dambition qu'il se r&eacute;sumait finalement en cette phrase somme toute banale, mais que je porte depuis toujours comme projet dexistence&nbsp;: un jour je voterai&nbsp;? Ici, l&agrave;-bas, peut-&ecirc;tre. Portant comme un flambeau qui illumine ma nuit d'incertitude sociale l'enveloppe qui berce mon choix, ma d&eacute;cision, ma s&eacute;lection, mon autorisation pour illustrer d&eacute;finitivement mon appartenance &agrave; la colonne des citoyens, ces hommes libres en leurs droits et actions, b&acirc;tisseurs du sens historique, garants du bien-&ecirc;tre et de la coh&eacute;sion au sein de la nation. 


&nbsp; 

Et si mon rapport &agrave; la vie manquait tant d'&eacute;lan qu'il s'est content&eacute; d'&eacute;chouer l&agrave; o&ugrave; ailleurs les impulsions r&eacute;publicaines ont pos&eacute; leur pied d'appui pour se lancer vers d'autres conqu&ecirc;tes o&ugrave; les id&eacute;es en fusion de sens et de contresens se nourrissent d'utopies et d'espoir d'un mieux &ecirc;tre pour tous par tous&nbsp;? 

&nbsp; 

Je les ai vu &eacute;conduire les rois&nbsp;; domestiquer l'arrogance des reines. Je les ai vu ramener l'&eacute;go&iuml;sme des tenanciers du profit dans le socle commun d'une cha&icirc;ne de solidarit&eacute; active, passive, de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration. 

&nbsp; 

Je les ai vu se d&eacute;chirer, p&eacute;tris par les sombres voilures d'une haine qui, un temps,&nbsp;a fortement limit&eacute; leur imagination constructive. Pourtant un soir, ou peut-&ecirc;tre &eacute;tait-ce un matin, je les ai vu, claudiquant, l'oeil gris, sec dans sa froideur des steppes enneig&eacute;es, la peau en hardes, dire : &laquo;&nbsp;plus jamais &ccedil;a&nbsp;!&nbsp;&raquo;&nbsp;. Unis dans et devant l'adversit&eacute;, ils sont revenus &agrave; l'humanit&eacute; et ont burin&eacute; le marbre de la division chaque fois que le peuple, la nation, a pris du sable&nbsp;en son &acirc;me. 

&nbsp; 

Aujourd'hui, chaque matin, je les vois toucher en souvenir la cicatrice de celles de leurs plaies qui ne gu&eacute;rissent pas, ou peut-&ecirc;tre est-ce la plaie de celles de leurs cicatrices qui ne cessent de saigner ? 

&nbsp; 

Mais, dis-moi, d&eacute;mocratie&nbsp;: ta vie est-elle vraiment, comme le disent tes inconditionnels,&nbsp;le socle commun minimum de la modernit&eacute;&nbsp;? 

&nbsp; 

Eh bien, &eacute;claire-toi encore plus&nbsp;vivement, car moi, j'ignore toujours ce que sont tes lumi&egrave;res. Je l&egrave;ve mon pas au petit matin pour arpenter les traces de ton passage, ici, et ne vois de plus en plus que des maldormants cartonn&eacute;s sous les r&eacute;verb&egrave;res au port altier et suffisant, des malodorants coinc&eacute;s dans leurs pets d'odeur Macdo, des malregardants regard&eacute;s par les malmarchants qu'escroquent les malpayants, sont-ce les malpayeurs? Ces derniers, sombres oiseaux de caca aux cous blancs et proprets, d&eacute;graissent &agrave; feu doux les malpay&eacute;s en les chatouillant au plumeau pour qu'ils rient devant les cam&eacute;ras, ils se sont constitu&eacute;s une cha&icirc;ne de solidarit&eacute; souterraine avec quelques malpercevants (tu sais, ces illumin&eacute;s qu'on appelle affectueusement les politiques) qui, d'&eacute;vidence, ne voient, ne sentent, en chaque r&eacute;clamation sociale, que la vile conspiration d'une horde de maln&eacute;s, d'envieux, enviant, qui esp&egrave;rent une prompte mainmise sur les deniers des h&eacute;ritiers id&eacute;ologiques des f&eacute;odaux guillotin&eacute;s avec raison d&egrave;s 1789. 


&nbsp;

Cruelle utopie d'un possible rapt des mondialis&eacute;s sur les mondialisateurs.&nbsp; 

&nbsp;



C'est pour cela, d&eacute;mocratie, ch&egrave;re amie ambigu&euml;, que te regardant secouer ton manteau &agrave; phrases, te regardant&nbsp;par&eacute;e de grelots&nbsp;&agrave; salive endormante, c'est grand-p&egrave;re qui me revient toujours &agrave; l'esprit. Lui qui me disait (remarquez que sa Seigneurie &eacute;tait d&eacute;j&agrave; morte &agrave; ma naissance): &laquo;&nbsp;mon enfant, j'aime la vie. Et en la vivant, j'aime ceux qui me la rendent douce et un tantinet honn&ecirc;te. J'ai de la peine &agrave; prendre dans mes bras ceux qui me la compliquent&nbsp;&raquo;. (Son livre silencieux, comme tous les acteurs majeurs qui meurent sans dire mot des actes et sous actes de leurs temps,&nbsp;m'&eacute;tait destin&eacute;, et je le lis mieux en l'&eacute;crivant moi-m&ecirc;me, lointain t&eacute;moin des ombres qui conspir&egrave;rent au nom du m&ecirc;me nom que&nbsp;lui et moi&nbsp;portons, moi plus encore, car debout et transpirant ; lui : allong&eacute; &agrave; l'horizontal, &eacute;teint des fum&eacute;es de ces temps de piti&eacute; sur l'avenir de l'humain. Au nom des m&ecirc;mes peines endur&eacute;es. Au nom de tous les oublis oubli&eacute;s d'&ecirc;tre remis sur l'estrade de la Revendication du bien-&ecirc;tre mort avec les derniers Samori et les ultimes&nbsp;Sankara,&nbsp;les Soumagourou et les Manga Bell, et les Ndumb'a Mpacko,&nbsp;les Muel'a Ibon, et... &agrave; la fin l'Afrique, sans fric, piqu&eacute;e dans son &acirc;me de seule foule de l'Histoire qui refuse rageusement de faire vraiment foule). 


&nbsp; 

O&ugrave; je veux en venir, irr&eacute;v&eacute;rencieux que je suis&nbsp;? 

&nbsp; 


A ceci, amie D&eacute;mocratie, &agrave; ceci&nbsp;: rassure-toi de ne pas laisser trop de tes enfants sur le bord du chemin vers le puits aux eaux de paix et de f&eacute;licit&eacute;, car alors tu serais devenue l'alli&eacute;e objective de la dictature, tu sais, ce fr&egrave;re androgyne&nbsp;banni de la famille humaniste et qui ne vit que de pers&eacute;cutions, de mensonges, d'assassinats&nbsp;multiformes (politiques, sociaux, &eacute;conomiques), de viols de conscience et de la morale.&nbsp;Lui qui n'h&eacute;sitera pas&nbsp;&agrave; rendre publique (en l'amplifiant) cette terrible comparaison qui se murmure d&eacute;j&agrave;&nbsp;: &laquo;&nbsp;La diff&eacute;rence entre la dictature et la d&eacute;mocratie pourrait aussi &ecirc;tre qu'en d&eacute;mocratie chacun a le doit de descendre dans la rue r&eacute;clamer fortement son pain, ce qui est interdit en dictature ; et l&agrave; sarr&ecirc;te la diff&eacute;rence car, autant en dictature qu'en d&eacute;mocratie, personne n'a la garantie de recevoir le pain attendu.&nbsp;&raquo;&nbsp; 


&nbsp; 

Malgr&eacute; tout je t'aime, toi. Car Ici, dire 1968 a un sens historique. 

Pour moi, venir au jour la m&ecirc;me ann&eacute;e refuse toujours de m'ali&eacute;ner la qui&eacute;tude des pav&eacute;s d&eacute;barrass&eacute;s des dictateurs, ces monstres dont l'instinct de vie restera toujours d'affamer la libert&eacute;. 


Un jour je voterai.&nbsp;&nbsp;Un jour. Pour b&acirc;tir les fondations ultimes de l'Histoire. La vraie qui sait se regarder, s'aimer ou se d&eacute;dire. Enfin.&nbsp;En toute souverainet&eacute;.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp;

17/11/2006 /TM


 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/12/217880</link>
   <author>Mouelle2</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/12/217880</guid>
  <pubDate>Tue, 05 Dec 2006 01:13:40 +0100</pubDate>
  </item><item>
   <title>Questionnements sur la Renaissance spirituelle africaine : lecture critique d’éléments anthroposociologiques Nègres à travers quelques auteurs des deux derniers siècles.</title>
   <description><![CDATA[ Je livre ici de larges extraits de ma contribution&nbsp;au&nbsp;Troisi&egrave;me&nbsp;Colloque International Kamit&nbsp;organis&eacute; &agrave; Paris du 7 au&nbsp;9 juillet 2006 en Hommage &agrave; Cheikh Anta Diop, p&egrave;re de l'historiographie africaine moderne. 

&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Extraits&nbsp;...&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

Dans l'avant-propos de la premi&egrave;re &eacute;dition de son &eacute;blouissant ouvrage L'Unit&eacute; Culturelle de l'Afrique Noire (Pr&eacute;sence Africaine, Paris, 1959) Cheikh Anta Diop persistait et signait, apr&egrave;s la publication de Nations N&egrave;gres et Culture (Pr&eacute;sence Africaine, Paris, 1954), qu'une d&eacute;marche critique tourn&eacute;e vers l'&eacute;tude diachronique du pass&eacute; se pose comme la seule arme anthropologique capable de lutter efficacement contre les divisions au sein des jeunes Etats multi-nationaux africains. &nbsp;Trois facteurs englobants vont illustrer ce propos : 

1- le facteur ethnocentrique&nbsp; 

2 - le facteur id&eacute;ologique&nbsp; 


3- le facteur g&eacute;ostrat&eacute;gique (contr&eacute; par lar&eacute;sistance culturelle n&egrave;gre)

&nbsp;



De ces trois facteurs, seul le premier peut enti&egrave;rement &ecirc;tre imput&eacute; &agrave; la responsabilit&eacute; enti&egrave;re des Etats africains de la p&eacute;riode&nbsp;post-coloniale, pour n'avoir pas su faire &eacute;merger de nouveaux facteurs de fusion des enjeux et aspirations micronationaux au sein des perspectives macro&eacute;tatiques. Au contraire, la tribu, que nous appelons ici "micronation"&nbsp;a supplant&eacute; l'Etat par la volont&eacute; de ses ressortissants faiseurs de d&eacute;cision au sein des administrations et de l'ex&eacute;cutif. Son r&ocirc;le est ainsi devenu de se faire l'instance d'inpulsion et d'arbitrage des d&eacute;cisions applicables &agrave; l'ensemble des pleuples du pays, lesquels,frustr&eacute;s de ne jamais s'y reconna&icirc;tre vont nourrir l'envie de r&eacute;sister et de freiner toute politique ainsi mise en oeuvre, bonne ou mauvaise. 

Les deux autres facteurs (id&eacute;ologique et g&eacute;ostrat&eacute;gique), par ordre de gradation, d'inf&eacute;odation et/ou de filiation sont du ressort de la n&eacute;ocolonisation, et sans pour autant que les responsabilit&eacute;s des Africains y soient compl&egrave;tement exclues, du ressort de la nouvelle mue de l'&eacute;ternelle philosophie g&eacute;n&eacute;ratrice de d&eacute;pendances nomm&eacute;e&nbsp;cette fois : la mondialisation. 


Souvent, ces trois facteurs s'emm&ecirc;lent sans qu'aucune possibilit&eacute; soit donn&eacute;e &agrave; l'analyste sociologiste de les d&eacute;m&ecirc;ler. 

Nous illustrerons notre propos par des clins d'&oelig;il aux ouvrages &eacute;crits par quelques auteurs des deux derniers si&egrave;cles, qui, soucieux de comprendre o&ugrave; va le peuple d'Afrique, ont &eacute;nonc&eacute; quelques pistes de r&eacute;flexion, lesquelles &nbsp;restent toutes d'une fervente actualit&eacute;. 

&nbsp; 

1 - L'ethnocentrisme comme facteur de continuit&eacute; de la division des Africains 

&nbsp; 

Nous posons Cheikh Anta Diop comme celui qui, le premier, a attir&eacute; l'attention sur les risques endog&egrave;nes et&nbsp;/ou les dangers r&eacute;els que courront les jeunes Etats de la nouvelle Afrique post-ind&eacute;pendances. 

En &eacute;crivant&nbsp;: &laquo;&nbsp;Seule une v&eacute;ritable connaissance du pass&eacute; peut entretenir dans la conscience le sentiment d'une continuit&eacute; historique, indispensable &agrave; la consolidation d'un &eacute;tat multi-national&nbsp;&raquo;, le savant met concr&egrave;tement le doigt l&agrave; o&ugrave; l'&eacute;difice de la nouvelle Afrique post-ind&eacute;pendance aura le plus de mal &agrave; valoriser ses acquis, si acquis coloniaux il y a, et/ou &agrave; construire des piliers capables de la maintenir debout tout en lui permettant d'imaginer le futur avec s&eacute;r&eacute;nit&eacute;. 

Il s'agit des incoh&eacute;rences fusionnelles n&eacute;es de la coexistence (et non pas de la cohabitation) de plusieurs micronations (d&eacute;valoris&eacute;es par le terme ethnie) au sein d'un ensemble politique et g&eacute;ographique suppos&eacute; moderne et construit autour d'une certaine id&eacute;e de droit fort, centralis&eacute; (r&eacute;pressif). Personne (ni au pr&eacute;alable ni a posteriori) n'aura pens&eacute; &agrave; &eacute;tablir (pour tous en urgence) puis &agrave; s&eacute;dimenter le sentiment d'une appartenance &agrave; une histoire commune et &agrave; une communaut&eacute; de destin. 

Anta Diop sait d&eacute;j&agrave; que cette bombe &agrave; retardement finira par achever le d&eacute;compte de sa minuterie et exploser. Car les Etats post-coloniaux africains, &agrave; d&eacute;faut de se donner des instruments de la construction d'une vaste Nation efficiente, humaniste et &eacute;conomiquement viable, m&ecirc;me &agrave; l'&eacute;chelle d'abord des fronti&egrave;res &eacute;largies aux r&eacute;gions comme certains le penseront et le proposeront &agrave; l'assembl&eacute;e constitutive de l'OUA &agrave; Addis-Abeba, Ethiopie,&nbsp;en 1963, (contre le r&ecirc;ve unitaire de Kwam&eacute; Nkrumah &agrave; l'&eacute;chelle continental, lire &agrave; ce sujet Africa Must Unite) ne pourront survivre que si leurs intellectuels apprennent l'Histoire. La vraie histoire africaine d&eacute;roul&eacute;e de mani&egrave;re lin&eacute;aire, ininterrompue, depuis 6&nbsp;000 ans. 

Le savant cr&eacute;e l&agrave;, pour la premi&egrave;re fois en Afrique de son temps, une trilogie op&eacute;rative &laquo;&nbsp;Intellectuel-Histoire-Construction de l'Etat&nbsp;&raquo;. 

Il sait que viendra tr&egrave;s t&ocirc;t le r&egrave;gne de ce qu'il appelle &laquo;&nbsp;les diff&eacute;rences non essentielles&raquo;&nbsp;mais qui ne peuvent &ecirc;tre &laquo;&nbsp;relatives entre les peuples&nbsp;&raquo; d'Afrique ou les Etats, que si l'insulte coloniale &laquo;&nbsp;indig&egrave;ne&nbsp;&raquo; ne trouve pas un synonyme local d&egrave;s le d&eacute;part du colon, que si l'ethnie ne devient pas le barom&egrave;tre des actions et actes des nouveaux hommes au pouvoir, que si, les intellectuels, ces hommes d'influence, plus nocifs par n&eacute;cessit&eacute; que constructeurs par devoir, apprennent l'Histoire, diffusent et vulgarisent les principes unificateurs de la nation&nbsp;entre toutes les composantes humaines du pays. Car l'histoire est &agrave; la conscience ce que la boussole est au navigateur. Il faut l'apprendre non pas pour&nbsp; &laquo;&nbsp;s'y complaire mais pour y puiser des le&ccedil;ons ou s'en &eacute;carter en connaissance de cause si cela est n&eacute;cessaire&nbsp;&raquo; pr&eacute;vient-il. 

Au cr&eacute;dit de ce que C.A.D appelle &laquo;&nbsp;les diff&eacute;rences non essentielles &raquo;, il y a le tribalisme ou ethnocentrisme. &nbsp; 

La guerre civile du Biafra en est la premi&egrave;re parfaite illustration, elle qui a caus&eacute; plus d'un million de morts entre 1967 et 1970. 

Au-del&agrave; des raisons sous-jacentes et des interf&eacute;rences &eacute;trang&egrave;res, notamment fran&ccedil;aises, pour contr&ocirc;ler le p&eacute;trole du golfe de Biafra, il va s'agir de r&ecirc;ves de paix et d'unit&eacute; bris&eacute;s pour le peuple nig&eacute;rian qui, par les Igbo souhaitant s'affranchir de la tutelle f&eacute;d&eacute;rale en cr&eacute;ant un Etat uni-national (tribal), est contraint de voir&nbsp;d'un jour sombre l'avenir du pays. 

Cheikh Anta Diop a si bien raison de demander aux intellectuels africains d'&eacute;tudier l'histoire, que Odumegwu Emeka Ojukwu le &laquo;&nbsp;h&eacute;ros&nbsp;&raquo; de la s&eacute;cession biafraise en fait son affaire. Malheureusement il n'a,&nbsp;apparemment pas, appris&nbsp;la bonne Histoire: celle de son peuple.&nbsp; 

N&eacute; en 1933, ce fils d'un riche commer&ccedil;ant est licenci&eacute; d'histoire contemporaine &agrave; Oxford et dipl&ocirc;m&eacute; de l'&eacute;cole militaire d'Eaton Hall. 

Dans son recueil de nouvelles (12 au total) Girls at War And Other Stories (Heinemann Educ. avril 2001), l'&eacute;crivain, dramaturge et po&egrave;te nig&eacute;rian Chinua Achebe livre une s&eacute;rie de r&eacute;flexions incisives sur cette guerre du Biafra et ses effets sur la vie quotidienne des gens qui la vivent. 


D'un r&eacute;alisme saisissant, et au-del&agrave; de la douleur, du macabre des images froides qu'offre une guerre comme celle-l&agrave; o&ugrave; tout est permis, viol, &eacute;masculation, et selon la propagande biafraise, empoisonnement massif des populations par des farines infect&eacute;es, l'auteur connu de Things Fall Appart (Le monde s'effondre) parvient &agrave; nous faire partager quelques &eacute;l&eacute;ments et traits sociologiques surhumains o&ugrave; le Igbo, transcendant ses peines, parvient &agrave; rire de tout,&nbsp; et m&ecirc;me de la mort.

&nbsp;



Un autre auteur, cette fois anthropologue, va amplement se pencher sur l'absurde que constitue l'exacerbation du sentiment tribal dans les nouveaux Etats africains. 

&nbsp;


Le Prince B&eacute;tot&egrave; Dika Akwa Nya Bonamb&eacute;la, &agrave; la suite de Cheikh Anta Diop sur lequel il s'appuie enti&egrave;rement, dans son ouvrage Les Probl&egrave;mes de l'Anthropologie et de l'Histoire Africaines (Les Editions Cl&eacute;, Yaound&eacute;, 1982) expose clairement l'arbre g&eacute;n&eacute;alogique illustr&eacute; et comment&eacute; de l'Afrique Noire. Cet arbre, soumis &agrave; bonne lecture, rend totalement impossible toute discrimination intrasociale dans les nouveaux Etats, car un m&ecirc;me foyer humain est &agrave; la base de toutes les branches sociolinguistiques africaines, de toutes les ramifications micronationales de nos temps. 

L'exemple des ngala-dwala, commun&eacute;ment appel&eacute; les duala au Cameroun, enrichit sa th&egrave;se. 

Ils sont en r&eacute;alit&eacute; les composantes de la &laquo;&nbsp;sous-ethnie raciale&nbsp;&raquo; Bomdedi (descendants de mb&eacute;di) qui est &agrave; l'origine des micronations duala stricto sensu, abo, pongo, bojongo... aujourd'hui r&eacute;unies au sein d'un ensemble sociopolitique et g&eacute;ographie : le peuple sawa. 

Plus loin dans sa d&eacute;monstration, l'&eacute;gyptologue camerounais d&eacute;montre une impossibilit&eacute; litigieuse entre l'ouest du Cameroun et le littoral, car la Tradition assure que la famille princi&egrave;re de Bangangt&eacute;, parexemple,&nbsp;est issue de la tribu Bakem qui est s&oelig;ur des duala et des abo-nord, et qui a &eacute;volu&eacute; en direction de l'ouest du pays o&ugrave; elle aura rencontr&eacute; successivement les Banka (ndobo-bamil&eacute;k&eacute;) et les Bamoun pour g&eacute;n&eacute;rer la micro-nation Bangangt&eacute;. 

Le m&ecirc;me sch&eacute;ma se pr&eacute;sente avec les Ewondo dont les travaux de Dika font remonter l'anc&ecirc;tre tot&eacute;mique &agrave; Mb&eacute;di qu'on appelle localement Mb&eacute;d&eacute;. 

En continuant, nous pourront, avec lui, remonter jusqu'aux Luba de la Dynastie Luba du Congo, descendants de Mb&eacute;di par son fils Mulunda&nbsp;; ou encore les Mbangala du Kenya qui ont le m&ecirc;me anc&ecirc;tre que Mbedi, l'anc&ecirc;tre des Duala. 

Il en va de m&ecirc;me avec les Bassa qu'on trouve autant au Lib&eacute;ria, au Nig&eacute;ria (actuellement appel&eacute; les Biafra), au Congo (ici appel&eacute; Bassa-La-mpassou) qu'au Cameroun (Bassa-mpo). 

En d&eacute;montrant par ce sch&eacute;ma l'unit&eacute; culturelle, linguistique et humaine de l'Afrique moderne, Dika dessine en fait la carte g&eacute;ographique m&ecirc;me de l'ancienne Egypte&nbsp;: Kemet. 

L'histoire des migrations sur laquelle Dika table une partie de ses d&eacute;monstrations illustre plus nettement comment, et &agrave; partir de quand, le peuple qu'il prend en r&eacute;f&eacute;rence (les ngala-duala du Cameroun, du Gabon, du Congo, de la Guin&eacute;e, du Nig&eacute;ria, du Za&iuml;re, du Kenya, de la Zambie, Ruanda-Urundi, Tanzanie, Uganda&hellip;) quitte la vall&eacute;e du Nil. 

Ce sont les descendants de la Dynastie pharaonique Gara ou Kara ou encore Zaghara (en langue arabe) et plus pr&eacute;cis&eacute;ment celle des Maghara ou encre Garamantes, localis&eacute;s le long de la mer rouge et dans l'arri&egrave;re-pays de la Lybie, et qui fondent l'empire du m&ecirc;me nom au VI &egrave; si&egrave;cle avant notre &egrave;re. Ils seront appel&eacute;s Wangara sur tout le territoire qui va des rives du Nil jusqu'au S&eacute;n&eacute;gal (entre le 7&egrave; au 11&egrave; si&egrave;cles). 

Une telle connaissance historique rend totalement inop&eacute;rante les th&eacute;ories de la haine ethnocentrique telle que d&eacute;velopp&eacute;e par les maquisards lib&eacute;riens. Je rappelle que La guerre civile au Liberia (1989- 2003), en faisant l'&eacute;conomie des bless&eacute;s et mutil&eacute;s &agrave; jamais, a co&ucirc;t&eacute; la vie &agrave; pr&egrave;s de 150 000 personnes, des civils pour la plupart, et a provoqu&eacute; un effondrement total de l'&Eacute;tat. 

Un &eacute;tudiant qu&eacute;b&eacute;cois, David Forest, dans un m&eacute;moire de ma&icirc;trise en Relations Internationales, a montr&eacute; les&nbsp; causes et les motivations de cette guerre. L'une des causes&nbsp;: l'avidit&eacute; des individus qui s'entourent d'un noyau dur ethnique g&eacute;n&eacute;ralement form&eacute; dans des corps d'armes. 

Les motivations rel&egrave;vent,elles, d'une volont&eacute; de puissance d&eacute;velopp&eacute;e au sein de l'ethnie comme suprastructure &eacute;tatique. Citant une source, il d&eacute;clare&nbsp;: 

&laquo;&nbsp;&nbsp; Ce n'est pas un hasard si les Etats [africains] d&eacute;faillants par excellence des ann&eacute;es 1990 ont &eacute;t&eacute; dirig&eacute;s par des militaires&nbsp;&raquo;.&nbsp;Le noyau s&eacute;curitaire tribal qui assure et d&eacute;veloppe l'impunit&eacute; et la barbarie. On se souviendra des images des personnes humaines d&eacute;sint&eacute;gr&eacute;es et tra&icirc;n&eacute;es dans les rues, on se souviendra des colliers d'oreilles coup&eacute;es, des sexes, surtout des t&ecirc;tes empal&eacute;es le long des pieux&hellip; 

&nbsp; 

C'est le m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne ethnocentrique qui fut utilis&eacute; pour provoquer le g&eacute;nocide rwandais. Des &ecirc;tres humains nommant d'autres "les cafards"&hellip; 

Les annales modernes des barbaries humaines retiennent le g&eacute;nocide Rwandais comme le g&eacute;nocide le plus rapide de l'histoire. De 500&nbsp;000 &agrave; 800&nbsp;000 Rwandais, en majorit&eacute; tutsis, ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;s pendant cent jours, du 7 avril au 4 juillet 1994. 

&laquo;&nbsp;Ceux qui parmi les Hutus se sont montr&eacute;s solidaires des Tutsis, confie un observateur, ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;s comme tra&icirc;tres &agrave; la cause Hutu&nbsp;&raquo;. &nbsp; 

Ce massacre in&eacute;gal&eacute; en terre africaine a fond&eacute; son alibi de haine ethniste sur une p&eacute;riode de presque quarante ans. 

&laquo;&nbsp;L'ONU a mis 7 mois pour mettre en place en 1994, la premi&egrave;re Commission d'Enqu&ecirc;te en vue de recueillir les premiers t&eacute;moignages tardifs pour le TPR (Tribunal P&eacute;nal International cens&eacute; juger les crimes contre l'Humanit&eacute; et crimes de guerre commis au Rwanda d'avril &agrave; juillet 1994), s'insurge l'association PLUS JAMAIS &Ccedil;A, qui entretient la m&eacute;moire des morts. 

&laquo;&nbsp;Des dossiers d'enqu&ecirc;te ont &eacute;t&eacute; d&eacute;rob&eacute;s, des preuves ont disparu, des suspects ont &eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute;s faute de libert&eacute;s laiss&eacute;es &agrave; Kigali, aux quelques magistrats instructeurs encore en poste apr&egrave;s la trag&eacute;die. Pr&egrave;s de 130.000 pr&eacute;sum&eacute;s coupables de tous &acirc;ges, croupissaient d&eacute;but 1999 dans les prisons insalubres du Rwanda, souvent sans aucun chef d'inculpation. 22 d'entre eux parmi les cadres du g&eacute;nocide ont &eacute;t&eacute; condamn&eacute;s &agrave; mort et fusill&eacute;s fin avril 1998 en "place publique", pour l'exemple. Les m&eacute;dias n'y &eacute;taient pas autoris&eacute;s. D'autres condamnations ont &eacute;t&eacute; prononc&eacute;es depuis, par exemple pour les deux derniers mois de 1999, 4 peines de mort et 44 peines de prison &agrave; perp&eacute;tuit&eacute;. 11 acquittements sont &agrave; verser pour la m&ecirc;me p&eacute;riode au cr&eacute;dit d'une s&eacute;r&eacute;nit&eacute; renaissante de la justice rwandaise. 

Si l'ethnisme, la peur et la haine ont &eacute;t&eacute; les moteurs des massacres, il appara&icirc;t vital d'en d&eacute;monter les m&eacute;canismes g&eacute;nocidaires, de d&eacute;noncer l'organisation froide et pr&eacute;m&eacute;dit&eacute;e de la "solution finale", et sa planification hi&eacute;rarchis&eacute;e... 

Une&nbsp;recherche au terme relatif de laquelle, des responsabilit&eacute;s dilu&eacute;es loin des charniers, mais pas tr&egrave;s loin des bonnes consciences, devront aussi s'exhaler. 

Mais le temps passe, d&eacute;plore l'association : &laquo;&nbsp;depuis 1994, le n&eacute;gationnisme fait son chemin sous diverses banni&egrave;res, et la banalisation du g&eacute;nocide est en route jusque dans les dictionnaires et autres encyclop&eacute;dies populaires. Comble de cynisme, les sites du g&eacute;nocide sont en p&eacute;ril et le climat chaud et humide du Rwanda acc&eacute;l&egrave;re la d&eacute;composition des ossements. Voil&agrave; que les moyens manquent pour la pr&eacute;servation des preuves irr&eacute;futables de la folie de l'homme...&nbsp;&raquo; 

Certains, &eacute;crit&nbsp; Habibou Bangr&eacute; d'Afrik.com, &laquo;estiment que ces &eacute;v&eacute;nements, dont le petit pays d'Afrique centrale peine encore &agrave; se remettre, seraient le fruit d'une haine ancestrale entre Hutus et Tutsis&nbsp;&raquo;. 

Les tutsi seraient des envahisseurs venus de l'est pour ravir les terres hutues, orchestrent la force coloniale belge, &laquo;&nbsp;d&eacute;sireuse de garder une population docile sous sa coupe, m&ecirc;me apr&egrave;s l'Ind&eacute;pendance. Selon cette th&eacute;orie, donc, le g&eacute;nocide a bien &eacute;t&eacute; planifi&eacute;. Mais en premier lieu par les Belges, qui ont fait des Hutus des machines &agrave; ha&iuml;r et tuer&nbsp;&raquo;, et la journaliste d'aboutir &agrave; la conclusion que les tutsi et les hutu ne sont pourtant qu'une m&ecirc;me et unique entit&eacute; &laquo;&nbsp;ethnique&nbsp;&raquo; qui l'ignore&nbsp;! Ou n'est plus apte &agrave; l'accepter&hellip; 

Et c'est ici qu'intervient l'id&eacute;ologie 

&nbsp; 

2 - le facteur id&eacute;ologique&nbsp; 

&nbsp; 

En introduction &agrave; son excellent ouvrage Civilisation Ou Barbarie paru chez Pr&eacute;sence Africaine en 1981, Cheikh Anta Diop &eacute;nonce quelques prol&eacute;gom&egrave;nes majeurs indispensables &agrave; la d&eacute;marche qui devrait d&eacute;sormais animer l'intellectuel n&eacute;groafricain. Il pose l'Egyptologie ramen&eacute;e &agrave; sa base socioculturelle africaine comme point de rep&egrave;re d'une nouvelle exp&eacute;rience scientifique capable de d&eacute;gager les pr&eacute;misses d'une nouvelle philosophie de l'homme et de l'Histoire, pour le mieux-&ecirc;tre et la paix. &nbsp; 

Nous venons de montrer comment &agrave; partir de ses travaux et de ceux de B&eacute;tot&egrave; Dika Akwa une bonne connaissance de l'histoire des peuples d'Afrique peut emp&ecirc;cher le r&egrave;gne du chaos et l'ex&eacute;g&egrave;se des marchands de mort. &nbsp; 

L'ignorance et la manipulation coupl&eacute;es &agrave; d'autres facteurs g&eacute;ostrat&eacute;giques h&eacute;rit&eacute;s de la colonisation et relevant de la n&eacute;ocolonisation ont conduit au drame du Rwanda. 

&nbsp; 

L'encyclop&eacute;die en ligne&nbsp; WIKIPEDIA. ORG narre les faits&nbsp;: 

&laquo;&nbsp;Pendant trois mois, la Radio T&eacute;l&eacute;vision des Mille Collines encourage et guide jour apr&egrave;s jour, heure par heure le g&eacute;nocide, citant nomm&eacute;ment les Tutsi non encore tu&eacute;s &agrave; tel ou tel endroit&nbsp;&raquo;. 

R&eacute;duit au statut de cafard sur les ondes de la radio haineuse, le tutsi ou le hutu &laquo;&nbsp;mod&eacute;r&eacute;&nbsp;&raquo; le vivent dans les faits&nbsp;: on peut &eacute;craser des cafards sans cons&eacute;quence. Coupables simplement d'exister. Ils sont en effet massacr&eacute;s, &agrave; l'&eacute;chelle industrielle. 

&laquo;&nbsp;Les massacres atteindront des sommets dans l'horreur. L'ampleur du massacre (en trois mois, 1 million de personnes sont tu&eacute;es selon le FPR, 500 &agrave; 800 000 selon l'ONU), sa cruaut&eacute; (on &eacute;ventre les femmes enceintes, la violence sexuelle est g&eacute;n&eacute;rale, des tueries ont lieu au sein de familles mixtes, on s'efforce de faire souffrir les victimes...) et l'implication g&eacute;n&eacute;rale de la population en font un des &eacute;v&eacute;nements les plus atroces du XXe si&egrave;cle. 

Les Tutsi ne pourront trouver refuge nulle part. Les &eacute;glises par exemple ne seront d'aucune protection et seront au contraire le th&eacute;&acirc;tre de massacres de masse quand les Tutsi s'y sont r&eacute;fugi&eacute;s. Le g&eacute;nocide constitue en outre un d&eacute;sastre &eacute;conomique avec les destructions de biens (notamment les troupeaux) et les pillages.&nbsp;&raquo;[...] 

&nbsp; 

Et pour cause, observe Cheikh Anta Diop&nbsp;: &laquo;Au cours de l'histoire, lorsque deux groupes humains se disputent un espace vital, &eacute;conomique, la plus petite diff&eacute;rence ethnique peut prendre un relief particulier, servant de pr&eacute;texte pour un clivage social et politique&nbsp;: diff&eacute;rence d'apparence physique, de langue, de religion, de m&oelig;urs et de coutumes&nbsp;&raquo; (C.A.D, Civilisation ou Barbarie, p 159). 

&nbsp; 

Entre en ligne de compte le ph&eacute;notype&nbsp;: l'apparence physique. Elle aide &agrave; stigmatiser la haine&nbsp; autant que les castes, les croyances, ce qui n'aurait jamais pu exister dans un &laquo;&nbsp;Etat v&eacute;ritablement socialiste&nbsp;&raquo;, ayant int&eacute;gr&eacute; une haute philosophie morale. 

Pendant toute la p&eacute;riode du g&eacute;nocide, la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR) tente d'obtenir un cesser le feu entre le FPR et les FAR et un arr&ecirc;t des massacres. Quinze jours apr&egrave;s le d&eacute;but du g&eacute;nocide, l'ONU, tr&egrave;s inqui&egrave;te du fait de l'assassinat de dix casques bleus belges, r&eacute;duit fortement les effectifs de la MINUAR. Sous l'influence d&eacute;terminante des &Eacute;tats-Unis qui ne veulent absolument pas &ecirc;tre interpell&eacute;s par l'opinion internationale et devoir intervenir (le fiasco somalien est encore r&eacute;cent), l'ONU tarde &agrave; qualifier de &laquo;&nbsp;g&eacute;nocide&nbsp;&raquo; les massacres. Mais &agrave; partir de mai 1994, devant la gravit&eacute; de la situation, elle met sur pied la MINUAR 2 qui se r&eacute;v&egrave;le dans l'impossibilit&eacute; d'intervenir imm&eacute;diatement. Devant ce retard, la France obtient des Nations unies d'organiser le 22 juin 1994 l'op&eacute;ration Turquoise, jusqu'au 22 ao&ucirc;t 1994, date pr&eacute;vue de d&eacute;ploiement de la MINUAR 2. Elle obtient ensuite de cr&eacute;er, dans le sud-ouest du Rwanda, une &laquo;&nbsp;zone humanitaire s&ucirc;re&nbsp;&raquo; (ZHS), le 4 juillet 1994, apr&egrave;s quelques accrochages avec le FPR. 

Malgr&eacute; la progression rapide du FPR vers la capitale Kigali, qui est prise le 4 juillet 1994, le g&eacute;nocide co&ucirc;tera la vie &agrave; pr&egrave;s d'un million de Tutsi et Hutu mod&eacute;r&eacute;s. Les miliciens Hutu et les FAR battent en retraite au Za&iuml;re (actuelle R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo), entra&icirc;nant avec eux environ deux millions de r&eacute;fugi&eacute;s Hutu qui redoutent les repr&eacute;sailles du FPR. Le 19 juillet 1994, un gouvernement fond&eacute; sur les derniers accords d'Arusha, mais domin&eacute; par le FPR, prend les r&ecirc;nes du Rwanda. Le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et le Premier ministre sont des Hutu mod&eacute;r&eacute;s. Celui qui a conduit le FPR &agrave; la victoire, le g&eacute;n&eacute;ral-major Paul Kagame, vice-pr&eacute;sident et ministre de la d&eacute;fense, devient l'homme fort du Rwanda.&nbsp;[...] 



Le Journaliste d'investigation Charles Onana, dans un ouvrage intitul&eacute;&nbsp; &laquo;&nbsp;Les Secrets du G&eacute;nocide Rwandais, enqu&ecirc;tes sur les myst&egrave;res d'un Pr&eacute;sident&nbsp;&raquo; (Duboiris, 2002), &agrave; la lumi&egrave;re des premi&egrave;res conclusions de l'enqu&ecirc;te du TPR, indexe nomm&eacute;ment l'actuel pr&eacute;sident Paul Kagam&eacute; comme &laquo;&nbsp;le suspect num&eacute;ro un de cette folie meurtri&egrave;re qui a &eacute;branl&eacute; le Rwanda en 1994. C'est ce que montrent, dit-il, les premi&egrave;res r&eacute;v&eacute;lations de l'enqu&ecirc;te du juge anti-terroriste Jean-Louis Brugui&egrave;re.&nbsp;&raquo;[...] 

&nbsp; 

3- le facteur g&eacute;ostrat&eacute;gique (contr&eacute; par la r&eacute;sistance culturelle n&egrave;gre) 

&nbsp; 

&nbsp;&laquo;&nbsp;L'Africain qui nous a compris est celui-l&agrave; qui, apr&egrave;s la lecture de nos ouvrages, aura senti na&icirc;tre en lui un autre homme, anim&eacute; d'une conscience historique, un vrai cr&eacute;ateur, un Prom&eacute;th&eacute;e porteur d'une nouvelle civilisation et parfaitement conscient de ce que la terre enti&egrave;re doit &agrave; son g&eacute;nie ancestral dans tous les domaines de la science, de la culture et de la religion&nbsp;&raquo;. Cheikh Anta DIOP. 

Pour ceux donc qui ont lu C.A.D, nul besoin d'expliquer que l'Afrique depuis plusieurs si&egrave;cles est un enjeu strat&eacute;gique. Dans les chancelleries occidentales, l'esprit est clair sur le sujet, disent ceux qui y ont leurs entr&eacute;es&nbsp;: il faut aimer l'Afrique. Mais surtout sans les Africains. C'est la mamelle nourrici&egrave;re du monde.&nbsp; Qui contr&ocirc;le ce continent contr&ocirc;le l'avenir. Son propre avenir et celui du monde. C'est pour cela que depuis la guerre froide, sa fin et le d&eacute;but de l'unilat&eacute;ralisme de Bill Clinton et de la Dynastie Bush, les Etats-Unis d'Am&eacute;rique, h&eacute;ritiers et gagnants sur tapis vert de la guerre froide, ont int&eacute;gr&eacute; que l'Europe seule ne peut plus g&eacute;rer le dominion africain. Il faut qu'ils y p&eacute;n&egrave;trent et de fa&ccedil;on affirm&eacute;e, cette fois. Pas comme dans les ann&eacute;es 1975 sur la &laquo;&nbsp;ligne de front&nbsp;&raquo; o&ugrave; les Etats africains luttaient contre l'Apartheid, que les Etats-Unis soutenaient y compris (avec) lsra&euml;l.[...] 

&nbsp; 

D&egrave;s lors et d&eacute;sormais, le D&eacute;partement d'Etat et la chancellerie am&eacute;ricains contr&ocirc;lent la quasi-totalit&eacute; des structures de pens&eacute;e et d'action des pays africains de toutes expressions linguistiques. Une nouvelle p&eacute;riode de guerre froide aurait pu s'enclencher en terre africaine depuis la nouvelle orientation de la politique &eacute;trang&egrave;re am&eacute;ricaine, si elle n'avait pas &agrave; mettre ainsi en bellig&eacute;rance ses alli&eacute;s de l'OTAN. [...] 

&nbsp; 

Une si longue route de peines depuis des si&egrave;cles... pour le contr&ocirc;le des richesses du sol, du sous-sol, du mental et du spirituel africains. 

&nbsp; 

En son temps, et dans son ouvrage intitul&eacute; Les &acirc;mes du peuple noir, le Docteur William Edward Burghardt Du Bois observait d&eacute;j&agrave;, dans un contexte &eacute;tasunien, que le fait de consid&eacute;rer le Noir comme un animal religieux a permis aux ma&icirc;tres esclavagistes de m&ecirc;ler le religieux au spirituel et de faire prosp&eacute;rer chez les esclaves un christianisme capable &agrave; la fois d'exprimer leur morale et leur vie int&eacute;rieure.&nbsp; 

Du Bois affirme&nbsp;: &laquo;&nbsp;L'Africain d&eacute;plac&eacute; vit dans un monde anim&eacute; de dieux et de d&eacute;mons, d'elfes et de sorci&egrave;res. L'esclavage pour lui repr&eacute;senta le triomphe des puissances t&eacute;n&eacute;breuses&nbsp;&raquo;. Ses r&eacute;voltes, son d&eacute;sir de vengeance vont en cons&eacute;quence se nourrir de tout ce qu'il semble ne pas avoir laiss&eacute; derri&egrave;re lui dans le tumulte des oc&eacute;ans&nbsp;: exorcisme, sorcellerie, cultes ancestraux les plus affirm&eacute;s, tra&icirc;nant les dieux aussi redoutables qu'actifs comme Obi, Orisha, Babalu, Jengu,&nbsp;inject&eacute;s dans la vie quotidienne pour l'adoucir d'un peu de projection ou d'illusion d'existence et/ou de puissance. 

Mieux qu'un chapelet de cultes, et dans un contexte plus large au sein de la totalit&eacute; du Nouveau Monde, l'Africain parvient &agrave; adapter la Religion du ma&icirc;tre &agrave; un spiritualisme d'essence purement ancestral, comme la Santeria &agrave; Cuba ou le Candombl&eacute; dans les favelas br&eacute;siliennes, en attendant le jour o&ugrave;, [Cahier d'un Retour au Pays Natal]&laquo;&nbsp;au bout du matin, comme un cr&eacute;pitement de friture d'abord, puis comme un tison que l'on plonge dans l'eau avec la fum&eacute;e des brindilles qui s'envole&nbsp;&raquo;, les cha&icirc;nes seront bris&eacute;es, les gorges d&eacute;ploy&eacute;es au chant de la libert&eacute;, l'espoir ren&eacute; des souvenirs g&eacute;n&eacute;tiques d'une terre lointaine o&ugrave; veillent les &acirc;mes des anc&ecirc;tres et o&ugrave; sous peu ils verront le vent de l'amour porter les parfums de semences des dieux vieux de milliers d'ann&eacute;es. 

Apr&egrave;s une tr&egrave;s longue nuit de sang et de sueur, de r&acirc;les et de hoquets, &laquo;&nbsp;au bout du petit matin&nbsp;&raquo;, l'espoir se concr&eacute;tisa&nbsp;: la libert&eacute; vint. 

Mais la libert&eacute; retrouv&eacute;e pour ces &laquo;&nbsp;enfants-marchandises&nbsp;&raquo; ne signifiait nullement un retour aux sources ancestrales, une renaissance imm&eacute;diate avec pour but de s'enraciner de nouveau dans le socle des valeurs qui leur &eacute;taient propre&nbsp;: le temps avait pass&eacute; et une remod&eacute;lation du panth&eacute;on ancestral rendait l'exercice complexe. &nbsp; 

Il a fallu attendre les ann&eacute;es 1920, la deuxi&egrave;me guerre occidentale (39-45), et plus tard sa fin, pour que les &eacute;changes entre am&eacute;ricains noirs enfin autoris&eacute;s &agrave; sortir de leurs ghettos se veuillent riches et orient&eacute;es vers la m&egrave;re Afrique, mother africa,&nbsp; id&eacute;alis&eacute;e, et rendue V&eacute;ritable Terre promise apr&egrave;s la premi&egrave;re tentative du mouvement back to Africa du 19 &egrave;me si&egrave;cle [mon roman, Le Pharaon Inattendu, d&eacute;veloppe sur plusieurs chapitres les relations d&eacute;sastreuses entre africains et africains-am&eacute;ricains qui ont r&eacute;sult&eacute; du retour des seconds sur leur terre de d&eacute;part] . Des &eacute;changes, ils sont pass&eacute;s &agrave; une fusion d'int&eacute;r&ecirc;ts. 

Sur le sol europ&eacute;en, &agrave; Londres d'abord, puis &agrave; Paris, les africains, les antillais, et n&eacute;groam&eacute;ricains &agrave; la faveur d'une pause sur les champs de batailles, rendent possible l'&eacute;mergence des mouvements tels la Negro Renaissance, la N&eacute;gritude, la Tigritude, tous anc&ecirc;tres &eacute;m&eacute;rites de l'afrocentricit&eacute;, l'afror&eacute;alisme, l'afrocentrisme, etc. 

Ces mouvements chantent la sp&eacute;cificit&eacute; n&egrave;gre. Ils disent de mani&egrave;re kal&eacute;idoscopique la richesse de la cosmogonie africaine transport&eacute;e dans les cales de bateaux n&eacute;griers, d&eacute;vers&eacute;e sous les pal&eacute;tuviers des &icirc;les ou dans la chair des cha&icirc;nes liberticides, par elle les po&egrave;tes africains deviennent des &eacute;lus du sens qui jettent au visage de l'Am&eacute;rique blanche ou des colons europ&eacute;ens la rage muette des laiss&eacute;s-pour-compte, c'est cette richesse spirituelle africaine qui inspirent les dramaturges comme Laurence Hansberry donnant &agrave; voir de v&eacute;ritables r&eacute;quisitoire pour l'humanit&eacute; &agrave; rendre aux Noirs, notamment dans sa pi&egrave;ce la calebasse ou celle antonyme&nbsp;: les blancs. 


Certains sc&eacute;narisent l'autre Afrique qu'asphyxie la pseudo modernit&eacute; en lui opposant celle des valeurs traditionnelle, le nig&eacute;rian Chinua Achebe, Things Fall Appart,&nbsp; (Le monde s'effondre) etc. L'Afrique des temps modernes est dite de mani&egrave;re quantitative, par ses propres enfants, &agrave; des tons et sens souvent oppos&eacute;s, mais irr&eacute;m&eacute;diablement induits.[...] 

&nbsp;

Tout ce travail de r&eacute;affirmation de l'exception N&egrave;gre n'a pu trouver&nbsp;sa v&eacute;ritable filiation au sens Noir &agrave; travers les temps que dans la production multidisciplinaire de Cheikh Anta Diop.&nbsp;

&nbsp;



Et toute la richesse de cette production diopienne tomberait sous le sens si&nbsp;les Africains du continent et de la Diaspora ne se posent pas &agrave; eux-m&ecirc;mes, d'ici deux d&eacute;cennies, de nouveaux et urgents postulats de libert&eacute; et d'affirmation de soi par&nbsp;un d&eacute;veloppement humain int&eacute;grant tous les param&egrave;tres de la science et de la technique r&eacute;gul&eacute;s de mani&egrave;re endog&egrave;ne.&nbsp;&nbsp;

A d&eacute;faut, elle est perdue.&nbsp; 




&nbsp; 

MOUELLE II, 

Journaliste-Ecrivain&nbsp;&nbsp; 

Paris le 8 juillet 2006 



 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/07/114068</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Tue, 11 Jul 2006 18:09:15 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Questionnements sur la renaissance spirtituelle africaine</title>
   <description><![CDATA[    Ce texte est un extrait d&#039;une conférence donnée à l&#039;Ecole des Mines à Paris le 7 mai 2006 à l&#039;occasion de la Journée Aimé Césaire initiée par l&#039;Association Internationale Cheikh Anta Diop                                                                        


 

Questionnements sur la renaissance spirtituelle africaine

                                                                        
Par Thierry MOUELLE II 

  

A force de le retrouver sur toutes les lèvres averties ou non averties, c‘est presque passé dans l'usuel chez certaines personnes que de se poser la question de savoir « quelle spiritualité pour quelle Afrique ? » 

  

Cela se voudrait plus sérieux encore si ces personnes sont elles-mêmes d'extraction de la grande famille africaine. 

  

Comme si les relations de l'Africain contemporain avec le divin sont désormais passées de la psychose (provoquée par diverses guerres de civilisation qui l'ont jusqu'ici pris en tenailles) à un état de normalisation qui autorise de réfléchir aujourd'hui sereinement sur le sujet, en jouant les équilibristes entre un monde passé, plus ou moins idéalisé mais réel, et le présent héritier d'un temps qui pèse encore de tout son poids dans la mémoire douloureuse des « damnés de la terre », nous les récemment convertis à l'occidentalisme qui se veut omnipotent. 

  

Comme si, inévitablement, la question de la spiritualité africaine est de celles-là dont l'esquive coûterait son avenir même du Monde Noir. 

Et si c'était le cas ? 

La question ne serait alors pas nouvelle. Et ce n'est pas parce qu'elle porte son âge qu'il nous paraîtra aisé d'expliquer clairement l'état critique dans lequel se trouve la spiritualité noire aujourd'hui. 

En son temps, et dans son ouvrage intitulé « Les âmes du peuple noir », le Docteur William Edward Burghardt Du Bois observait déjà, dans un contexte étasunien, que le fait de considérer le Noir comme un animal religieux a permis aux maîtres esclavagistes de mêler le religieux au spirituel et de faire prospérer chez les esclaves un christianisme capable à la fois d'exprimer leur morale et leur vie intérieur.  

« L'Africain déplacé vit dans un monde animé de dieux et de démons, d'elfes et de sorcières. L'esclavage pour lui représenta le triomphe des puissances ténébreuses », et ses révoltes, son désir de vengeance vont en conséquence se nourrir de tout ce qu'il semble ne pas avoir laissé derrière lui dans le tumulte des océans : exorcisme, sorcellerie, cultes ancestraux les plus récents, Obi, Orisha, Jengu ; mieux qu'un chapelet de cultes, et dans un contexte plus large, l'Africain parvient à adapter la Religion du maître à un spiritualisme d'essence purement ancestral, comme la Santeria à Cuba. [ J&#039;ai, dans plusieurs chapitres, mis en exergue les rapports entre la Santeria, le Candomblé brésilien et la diaspora noire dans mon roman Le Pharaon Inattendu, ed Menaibuc, 2004]   

  En attendant le jour où, [Cahier d'un Retour au Pays Natal, poème d&#039;Aimé Césaire, Présence Africaine, 1947]« au bout du matin, comme un crépitement de friture d&#039;abord, puis comme un tison que l&#039;on plonge dans l&#039;eau avec la fumée des brindilles qui s&#039;envole », les chaînes seront brisées, les gorges déployées au chant de la liberté, l'espoir rené des souvenirs génétiques d'une terre lointaine où veillent les âmes des ancêtres et où sous peu ils verront le vent de l'amour porter les parfums de semences des dieux vieux de milliers d'années. 

 Et puis, après une très longue nuit, « au bout du petit matin », l'espoir se concrétisa : la liberté vint. Mais la liberté retrouvée pour ces « enfants-marchandises [ Le Pharaon Inattendu, ouvrage de l&#039;auteur] » ne signifiait nullement un retour aux sources ancestrales, une renaissance immédiate avec pour but de s'enraciner de nouveau dans le socle des valeurs qui leur étaient propres, pour la simple raison que le temps avait passé et qu'une remodélation du panthéon ancestral rendait l'exercice complexe. 

  

Il a fallu attendre les années 1920, la deuxième guerre occidentale (39-45), et plus tard sa fin, pour que les échanges entre américains noirs enfin autorisés à sortir de leurs ghettos, entre africains, antillais et africains-américains, sur les champs de batailles, rendent possible l'émergence des mouvements tels la Negro Renaissance, la Négritude, la Tigritude, tous ancêtres émérites de l'afrocentricité, l'afroréalisme, l'afrocentrisme, etc. 

  

Du constat du Dr Du Bois relevant notre vulnérabilité due à la nature de notre rapport au spirituel, au mystérieux, au divin, il en découle un autre plus récent encore : la terre où les dieux apparurent pour la toute première fois dans l'histoire de l'humanité, et où d'Imhotep à Akhenaton l'homme s'est expliqué l'univers, l'a interprété, est aujourd'hui une terre de désolation et de déshérence, où l'obscurantisme spirituel le dispute à une misère morale et matérielle d'une violence inouïe. 

 Y règnent : la haine, le désespoir et le doute. 

Pour autant, lorsque Aimé Césaire, traite les Antillais en 1947 d'« anetons de l&#039;espérance et punaise de moinillon »[Cahier d'un retour au pays natal], termes rappelant des insectes et qui renvoient à leur confiance naïve ou paresseuse face aux fausses promesses des hommes politiques, et peut-être des autorités religieuses. En les accusant de porter malheur à leur peuple, en les traitant de mauvais grigris, de lépreux aux chairs en décomposition qui acceptent le mensonge et ne protestent pas lorsque la vérité est bâillonnée, le poète amorce une dénonciation des plaies qui minent non seulement les Antilles, mais également l'Afrique, cette Afrique mère qui se bataille déjà pour son indépendance. 

  

Césaire permet de dresser une parallèle entre le contexte insulaire et caribéen qui est le sien et les premiers mouvements de libération des peuples d'Afrique. Il veut tant rendre l'espoir à ses compatriotes aliénés par une colonisation qui les prive de tout avenir en les coupant de leur passé, que son cri de révolte est entendu jusqu'en Afrique. Quelques biographes, certainement de bonnes intentions, créditent ce cri d'avoir eu un écho enrichi dans les tempes de quelques bonnes âmes africaines, telles Senghor. 

Il semble bien que cela reste à prouver au-delà des textes du Président Poète, où, s'il apparaît le moindre conflit soucieux de changer les choses en Afrique coloniale, il s'agit plus du conflit du poète président opposé à lui-même au sein de sa parole poétique et son action politique. 

  

Comme Césaire, Senghor veut la célébration d&#039;une Afrique primordiale et harmonieuse. Mais contrairement au premier, Senghor préfère cette Afrique primordiale où le roi est poète et le poète roi. Le beau langage le supplantant à l'action. L'élitisme à la cuvée sociale, la forme au fond, ne l'oublions pas, il s'agit d'une Afrique où « le roi est poète et le poète roi ». Il est pour lui question d'une négritude de la sympathie, et de participation sensible au cosmos. 

  

D'évidence, cela paraît étrange qu'au moment où les Noirs du monde entier, caribéens et négroaméricains, se tournent vers l'Afrique Mère pour y puiser le supplément d'âme qui leur servent de glaive contre l'oppression et de bouclier contre l'adversité, l'Afrique elle-même reste dans une attitude d'apathie spirituelle chronique. Elle semble avoir cessé de s'écouter. 

  

En ces années là comme de nos jours, grande est la publicité (au sens de l'effort de vulgarisation) faite aux apparats des us et coutumes corrupteurs des chapelles de pensées qui aiment l'Afrique sans les Africains. 

  

L'Afrique officielle, dite désormais cartésienne, rationnelle, se lève Jésus, déjeune Bouddha, goutte Allah, s'endort anti-Afrique, 

Consciente que l'amalgame est séculaire entre le religieux et le spirituel, et que l'un dans l'autre personne dans cette nouvelle Afrique n'est apte à tout sacrifier pour démêler la vraie graine de l'ivraie. 

  

Que le discours dominant soit pour l'heure à la mondialisation, comme jadis l'on parla de bonne gouvernance, et avant de démocratisation, du nouvel ordre mondial, de pluralisme politique etc, ne résonne que pour ceux qui attendent que les clés du bien-être demeurent celles qu'offre le diktat de l'ordre marchand du présent siècle. 

  

Qui serait assez futé pour comprendre que ces notions plus ou moins humaines, mais davantage inhumaines en leur application aveugle et sans contexte, ne sont rien d'autres que de cruels gadgets de distraction à la solde des tribunes et des médias ? 

  

Que l'essentiel est ailleurs ? A-t-on osé simplement définir l'ailleurs en question ? Et c'est là que notre réflexion sur la spiritualité africaine, ou si vous voulez sur la Nécessité d'une Renaissance spirituelle africaine, se voudrait pratique. 

  

Toute société humaine se fabrique des instruments de compréhension du monde, de l'univers. De la justesse de ces instruments dépend la bonne lecture et la compréhension de cette lecture suppose qu'on maîtrise le langage utilisé. 

  

Si la question que nous nous sommes posée se prétend de celles dont l'esquive coûterait son avenir à l'Afrique, donc qu'elle intègre tous les paramètres de l'Afrique d'aujourd'hui, qu'elle se pose parce qu'elle souhaite une Afrique et des Africains prospères et équilibrés comme aux temps de Kemet et de nos glorieux ancêtres, 

  

alors posons-nous ces autres questions : dans quel monde vivons-nous ? Nous sommes-nous donnés des instruments pour le lire ? Pouvons-nous le lire ? Donc, savons-nous le langage qui est parlé ? Par qui ? Pour qui ? À quelle fréquence ? Pour quelles conséquences ? 

  

Ceci nous ramène pratiquement à la méthode proposée par Frantz Fanon : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». 

  

Nous avons vu que Du Bois s'est posé des questions liées à son temps et au contexte étasunien. Quel est nôtre temps ? Quel est notre contexte, et pour qui nous interrogeons-nous ? 

  

Est-ce pour la diaspora ou pour ceux des nôtres qui sont sur le continent ? 

Est-ce pour une image commune à l'Afrique et à la Diaspora fédératrice comme celle de la Première Cause dont parle Molefi Kete Asante, évoquant la création du monde telle que se l'expliquaient nos ancêtres négroégyptiens? 

  

La fréquence des débats en cours sur la Renaissance spirituelle africaine supposerait-elle que notre génération a découvert sa mission et qu'elle voudrait la mener à bien ? 

  

Notre mission se résume-t-elle à la seule volonté de maîtriser ce que Doumbi Fakoly appelle « les mystères négro-africains anciens » ? 

  

Si nous nous interrogeons pour nous qui sommes loin des nôtres, prenons garde de nous poser les bonnes questions. Qu'entendons-nous par spiritualité africaine ? 

  

Lorsqu'on y aura répondu, quel en serait le but ? Serait-ce une spiritualité spéculative ou une spiritualité opérative. Autrement dit : recherchons-nous des réponses de bien-être intérieur, une relation entre soi et soi-même, autrement dit ésotérique, que seule peut nous procurer cette « Renaissance spirituelle » répondant aux codes et rites ancestraux les plus établis ? 

Ou voudrions-nous y trouver des réponses prêtes, vivantes depuis des temps immémoriaux, et qui nous indiquent l'écorce à mâchonner ou l'onguent à porter pour rendre nos trouvailles technologiques plus efficaces ? Nous permettront-elles de répondre avec plus d&#039;efficience au manque cruel des emplois durables? A la morale publique, politique? L&#039;éthique de vie de nos ancêtres peut-elle être celle qui nous sauvera enfin du ridicule de nos temps? Pourrions-nous &quot;battre&quot; enfin Jésus sur son terrain, renvoyant Allah en Arabie, Bouddha dans l'Himalaya ?     

  

Si nous nous interrogeons plutôt pour ceux des nôtres restés sur la terre mère, ont-ils exprimé ce besoin, ou le sentons-nous d'ici par quelque intuition d'un ordre… justement immatériel ? 

  

Qu'est-ce qui nous fait croire que notre Renaissance spirituelle tant courtisée n'est pas ce qui se vit dans l'Afrique non urbanisée et dont les églises et mosquées sont vides ? 

  

Qu'elle est ce qui se vit dans cette partie de l'Afrique où la parole de l'homme est encore l'homme ? 

  

Là encore il faut nous poser les bonnes questions. De quelle Afrique il s'agit : la citadine ou la rurale ? 

La moderne ou la traditionnelle ? 

Celle dont nous portons le métissage ou celle qui nous a définitivement échappée mais qui reste vivante là-bas ? 

  

Y a-t-il urgence ? Pourquoi ? 

  

Dans ce cas, où puiser les éléments vrais de cette Renaissance ? 

  

Seront-elles adaptées au contexte d'aujourd'hui ? Sinon comment procéder ? 

  

Autant de questions qui, rassemblées, nous imposent une certaine humilité. Humilité face au sujet évoquée, car la spiritualité africaine, à mon sens, ne peut être mieux saisie que si l'on y greffe le fil nous ramenant à la culture Vérité-Justice, la Maât, le legs le plus riche que nous tenons de nos aïeux. Seule la Maât contient suffisamment d'éléments du neter (lire netchèr, le divin) pour que l'homme dans son quotidien soit bon envers lui-même et envers son prochain. La Maât se désarticule comme la philosophie de l'homme en tant que prolongement du divin, il est le souffle vivant et vivifiant dans sa matérialité agissante, par la Maât le cœur l'homme est préparé pour entreprendre une relation saine avec lui-même (ésotérisme) et avec le divin (la religion). 

  

L'ésotérisme étant de l'ordre spirituel, il permet un travail sur soi en vue d'un équilibre entre soi et soi-même, entre soi et autrui, par-delà, entre soi et l'univers. Un retour sur ces valeurs est faisable si chacun fait don de sa personne pour la qualité des rapports entre les hommes. La Maât est un humanisme. 

  

La religion, est, de par son étymologie, le lien entre soi et les autres et le divin ; il est de l'ordre commun de lui reconnaître une fonction sociale de régulateur des us et coutumes au point que, par extrapolation, on peut lui attribuer d'être située en amont des civilisations. On retiendra donc que la religion crée la culture, et la culture engendre la civilisation. L'esprit se met en marge, ou bien y opère de manière transversale pour orienter chacun de ces éléments vers le haut ou vers le bas. 

  

Un mauvais esprit influence négativement une religion, une culture, une civilisation. Il en est de même pour l'esprit brillant, en tant qu'individu. La civilisation se mesure donc à l'aune de sa valeur spirituelle (souffle de positivité). 

  

Pour ce qui est du rapport entre spiritualité en elle-même et religion, la religion matérialise la spiritualité qu'elle organise en terme de rites et d'administration. La religion chrétienne rend vivante la doctrine supposée être celle du Christ : le christianisme. Il en est de même de l'Islam, du judaïsme, etc. La spiritualité chrétienne n'est rien d'autre, dans ce cas, que la doctrine elle-même en tant que concept, idée, philosophie. 

  

En conclusion, 

La réflexion sur la nécessité d'une Renaissance spirituelle africaine nous impose d'identifier le réel besoin, la nature du besoin, et le but de ce besoin, son applicabilité. 

Il nous restera que toutes les sociétés qui se sont construites, toutes les civilisations qui se sont faites ont d'abord et avant tout réalisé une unité spirituelle (une idée précise de leur lecture du monde) sur laquelle s'est greffée une religion qui a enfin créé une civilisation. 

  

La question morale de la valeur de ces civilisations est un autre débat, comme il peut convenir aujourd'hui de se poser la question, que d'ailleurs je soupçonne en toile de fond de notre sujet, de la valeur morale de la civilisation occidentale. 

  

Je vous remercie. 

  

Mouelle II 

Paris, le 07/05/06  ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/06/96294</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Tue, 13 Jun 2006 20:22:26 +0200</pubDate>
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   <title>Une Nouvelle Coordination des Associations Nègres et Une Maison des Cultures Noires à Paris</title>
   <description><![CDATA[   Ma contribution à la Conférence à laquelle participait également l&#039;éminent Professeur Théophile Obenga (dont photo ci-dessus)à Paris le 3/06/06 au Centre Culturel La Clé portant sur la création d&#039;une Nouvelle Coordination des Associations Nègres et Une Maison des Cultures Noires à Paris. Texte intégral. 

  


&quot;Pourquoi créer aujourd'hui une nouvelle Coordination des Associations Nègres (C.A.N.) à Paris ? Ses objectifs ? Quelles stratégies aujourd'hui pour bâtir une Maison des Cultures Noires (M.C.N.) à Paris ?

 




Là sont réunies deux problématiques qui d'apparence, de par leurs intitulés respectifs, empruntent deux pistes d'action, mais avant l'action, deux pistes de réflexion distinctes. 

Pour autant, à y regarder de près, il s'agit d'une même problématique subdivisée en deux angles réfléchissant, comme un miroir, l'un sur l'autre, et appelant à la visibilité, à la dignité, à la représentativité, la respectabilité, l'expressivité, la créativité, et au-dessus de tout, dans un contexte d'adversité, la défense des intérêts d'une minorité qui se veut plus que jamais agissante, à l'intérieur d'une République laïque soucieuse de l'équité et de l'égalité des chances. 

La première problématique étale clairement sa nature. Elle se veut refondatrice d'un acquis avec la présence, dans son intitulé, de l'adjectif « nouvelle » qui nous rappelle sans le dire qu'il y a en filigrane quelque chose « d'ancien ». La légitimité d'une telle interrogation [Pourquoi créer aujourd'hui une nouvelle Coordination des Associations Nègres (C.A.N.) à Paris ? Ses objectifs ? ] tient du fait  qu'un ordre de rupture a lieu, que soit une Coordination des Associations Nègres existait à Paris, et qu'elle n'existe plus, donc qu'elle est morte ; soit elle existe mais ne répond pas ou plus aux attentes de ses adhérents, aux aspirations de ses sympathisants, bien mieux, qu'elle ne cesse de surprendre (peut-être négativement) par ses actions et prises de position sur des sujets d&#039;importance, et qu'il faut conséquemment opter pour deux solutions : la tuer, c'est-à-dire la dissoudre, ou la quitter, et faire acte schisme. 


Deux autres voies sont également possibles. La première : créer une Coordination d&#039;associations parallèle, avec des objectifs cette fois nobles dans le sens entendus par tous ses adhérents, ceci dans un pacte de respect des principes communs. 

La seconde consisterait à reprendre les mêmes objectifs que l'ancienne Coordination, changer son nom par un nouveau qui ne s&#039;éloignerait pas trop du premier afin de bénéficier d&#039;un doute favorable sur son identité et sur le capital publicitaire engrangé par l&#039;ancienne, capital auquel on aura tout compte fait, participé. Ensuite, il s&#039;agit de changer les dirigeants, et faire là acte de mue régénérative. 


Si en revanche une Association fédératrice des associations nègres existait il y a longtemps à Paris et qu'elle est morte, que c'est elle que l'adjectif « nouvelle » évoque en filigrane, nous sommes en droit de nous poser quelques questions : quand elle-t-elle morte ? De quoi a-t-elle souffert jusqu'à y perdre son souffle de vie ? Un accident ? Une longue ou courte maladie inhérente à la structure elle-même, comme il en existe depuis toujours dans une assemblée d'hommes et de femmes ?  Ou s&#039;est-il agi des facteurs exogènes? 

Si, à l'opposé de tout ce qui vient d'être dit, cette association existe toujours mais qu'elle ne répond pas ou plus aux attentes de ses adhérents, aux aspirations de ses sympathisants, l'on est en droit de se demander : pourquoi ? 

  

Pourquoi ramerait-elle à contre-courant de ses propres statuts ? 

Le fait-elle seulement? Que sait-on des statuts qu&#039;elle serait en train de profaner? Que savons-nous de ses objectifs dont elle s&#039;écarterait? Seraient-ils les mêmes que ceux énumérés en tête de mon intervention et qui visent, je reprends : « la visibilité, la dignité, la représentativité, la respectabilité, l'expressivité, la créativité, et au-dessus de tout, dans un contexte d'adversité, la défense des intérêts d'une minorité qui se veut plus que jamais agissante, à l'intérieur d'une République laïque soucieuse de l'équité et de l'égalité des chances » ?   

  

A moins, dans ce cas, que les adhérents, éclairés par leurs porte-parole et leaders, s'estiment dans la lignée même de leurs buts et objectifs et que ce soit plutôt les observateurs non adhérents qui, mus par un sentimentalisme aveugle, prêteraient des aspirations par trop humanitaristes à des personnes qui n'en demandaient pas tant, et qui au prétexte de répondre au droit de survie d'une minorité haïe par quelques brebis galeuses de la République, pactisent avec la Peur, font allégeance à l'inhumanité de la Parole agissante et abusivement tolérée; devrais dire : autorisée? 

  

Dans ce cas, et dans ce cas seulement, c'est acquis, il faudrait une parole nouvelle sur des lèvres que nous légitimerons, parce qu&#039;elles consultent la base chaque fois qu&#039;elles s&#039;ouvrent par parler, agir, elles seront ainsi autorisées par la base à parler et à agir véritablement au nom et aux intérêts d'une communauté intégrée dans la République, laquelle République en retour aura en face d'elle un diagnostic social et économique fidèle à la réalité vécue par cette communauté, notre communauté. Loin de toute complaisance ou de refus d&#039;affronter plus fort que soit, sur le terrain de la loi et du respect des valeurs humaines.  

  

C&#039;est pour toutes ces raisons qu&#039;il faut savoir lire et garder en mémoire les us et coutumes de la République. Que la nécessité de s&#039;unir pour des principes de solidarité de premier niveau ne puisse dériver en communautarisme, en reléguant le rôle transversal de l&#039;Etat et de la République fédérateurs de toutes les communautés premières en une communauté nationale (la nation) à un simple rôle d&#039;observateur plus ou moins passif, ou selon le cas extrême répressif, là nous nous serons mis en marge des préceptes de la légalité. 

Car, il s'agit ici de dynamiser les capacités de tous à créer, à agir et à vivre dans un cadre républicain où la haine de l&#039;autre, le racisme, les exclusions de toutes sortes seront combattus avec force; rester vigilants sur des cas de dérive, dénoncer le victimisme, renforcer des liens familiaux et culturels des hommes et des femmes vivant dans le respect de la loi et utiles au questionnement permanent relatif à l'amélioration du Vivre-Ensemble qui fonde les nations, plus encore une Nation comme la France, riche de ses entités humaines aux cultures diverses qu&#039;une longue chaîne d&#039;histoire mouvementée a permis de rassembler sur un même territoire. 

Les spécificités de cette histoire n&#039;ont pas cessé d&#039;être interrogées. Elles livrent chaque jour davantage de documents et de témoignages souvent douloureux. Plus les questions y relatives seront les bonnes, mieux les réponses apportées pourraient contribuer efficacement à la saisie globale des richesses humaines inexplorées, inexploitées, tenues aux minima de leur expressivité, mais qui, dans un contexte de concours de chacun et de tous à la construction de l&#039;avenir commun engendreraient des forces vives et des forces de proposition pour un mieux-vivre et un mieux être de tous. 

  

A la lecture du présent, posons-nous la question : quel sens porterait une Coordination nouvelle des associations (une de plus?) si l&#039;état des lieux n&#039;est pas fait? Ou si l&#039;état des lieux fait n&#039;est pas rigoureux? Si le contexte entourant cette création n&#039;est pas mieux étudié, et si les principes unificateurs ne sont pas clairement définis?   

Pour ma part, la pertinence de l'initiative à prendre pour créer une Association (nouvelle) fédérant diverses autres associations de la communauté afrocaribéenne de France doit impérativement répondre à un souci de cohérence avec nous-mêmes et non se faire un reflet mimétique de notre rapport aux autres. 

Nous devons en amont nous demander une énième fois, &quot;qui sommes-nous?&quot;, &quot;Où voulons-nous aller&quot;?  

Alors seulement, la Coordination reflétera l'âme même de ce que nous sommes (devenus), nous les fils d'Osiris (Le Grand Dieu Noir, Ausar de son nom originel africain), quoique éparpillés dans le monde. Un personnage (permettez-moi de me citer) affirme avec foi dans mon roman Le Pharaon Inattendu : « les fils d'Osiris éparpillés à travers le monde ne doivent jamais oublier la grandeur qu'on a fait taire en eux». 

  

Associons-nous par rapport à nous-mêmes. Répondons par l'union aux questions d'ordre de vie qui s'imposent à nous par l'époque que nous vivons, car elle serait périlleuse, voire éphémère l'association qui naîtrait d'un contexte de joutes de leaderships, d'auto-gloriole, elle en ajoutera simplement au ridicule qui couvre souvent plusieurs unions de courte ou de moyenne durée qui tapissent le pas de l'Histoire des Nègres modernes. Ici en France, aux Etats-Unis, j'évoquerais à peine l'autre ridicule géant qu'a constitué l'Organisation de l'Unité Africaine, sur le continent, une OUA qui s&#039;est construite sur le rejet de l&#039;unité de l&#039;Afrique par une confédération des Etats voulue par Kwamé Nkrumah. 

Théophile Obenga dans son ouvrage L'Université africaine dans le cadre de l'Union Africaine  fait ce constat : « les peuples qui luttent, vivent et survivent, le doivent surtout aux bonnes et positives décisions prises à temps ». 

Nous sommes en lutte partout où nous nous trouvons. Lutte de survie, lutte de visibilité, de considération, nous &quot;les damnés de la terre&quot; pour reprendre avec légèreté les mots forts de Frantz Fanon dans on ouvrage Les Damnés de la Terre. Notre plus grande lutte reste celle de la démocratie dans notre terre d&#039;extraction, l&#039;Afrique. 

La malgouvernance et l&#039;obscurantisme politiques de presque tous les Etats du continent resteront un frein à notre intégration et à notre épanouissement véritable partout où nous irons, plus encore que l&#039;état réel de notre vie sur place. C&#039;est l&#039;ombre ou la lumière qu&#039;on traîne qui fera de nous l&#039;invité du roi ou l&#039;hôte du valet. Dans l&#039;Occident moderne, l&#039;Africain doit perpétuellement prendre en compte cette ironie du sort : &quot;Dis-moi d&#039;où tu viens et je te dirai où loger, où aller à l&#039;école, où travailler, où aimer, où mourir&quot;. C&#039;est elle qui devra constituer son fer de lance pour changer les choses et conquérir, puis garder, sa dignité en terre d&#039;accueil. Le regard des autres le déshabille quotidiennement. Il doit donc se vêtir d&#039;un mieux être moral et comportemental, car il est toujours celui qui un jour est venu. Même si sur la question, il n&#039;est pas le seul. Mais lui est visible de loin, et ne fond pas dans la foule uniforme. Sa peau est son treillis militaire. Mais son combat doit rester d&#039;étaler l&#039;humanité qui se cache sous sa peau, pour lui-même, par lui-même, vers lui-même. Et comme par ricochet, une humanité bien vécue rejaillie sur les autres, elle se sera, par accident, faite conquérante. La banane a beau durer au fond de la rivière, si elle doit mûrir, elle mûrit toujours. 

Toute union ou toute réunion intégrant ces subtilités pourrait permettre de changer, par petites échelles concentriques, le cours de l&#039;histoire.    


Je crois en l'Union de l'Homme Noir avec l'Homme Noir, autant que je crois en l&#039;Homme universel, en l&#039;amour entre peuples. Le contexte sinistré de l&#039;homme noir sur son sol de naissance (l&#039;Afrique) comme souvent dans celui d&#039;accueil ne doit pas pousser au désespoir. Les solutions existent. Elles sont aussi vieilles que ne l&#039;est l&#039;ordre marchand actuel. Mais elles dépendent aux trois quarts de l&#039;Homme Noir lui-même.


Nous vivons une époque où notre rapport à l&#039;argent n&#039;est pas celui qui convient. Soit il est naïf, soit nous n&#039;accordons pas à l&#039;argent la place qui lui revient aujourd&#039;hui. Si l&#039;argent est roi, reconnaissons lui sa place, avec en réserve une dose de contrôle sur son pouvoir. Car l&#039;argent ouvre à un pouvoir aveugle et inconditionnellement insensible aux souffrances humaines. Créons des richesses matérielles. Elles nous donneront de quoi défendre nos acquis civilisationnels. Donc, entamons une nouvelle connivence avec l&#039;ordre marchand qui doit nous permettre de comprendre le sens du monde, définitivement. C&#039;est lui qui permettra l&#039;émergence pérenne d&#039;un entreprenariat Noir en France. C&#039;est cette dynamique qui permettra de débarrasser notre communauté de son laid manteau d&#039;assistés, ou d&#039;éternelles victimes sociales. 

Mais si la volonté existe de notre part de faire partie d&#039;une classe moyenne et même d&#039;accéder à la classe de dirigeants, il faudra aussi de la part des pouvoirs publics une réelle volonté d&#039;aider à cette émergence. 

C&#039;est à la poussée vers cette prise de faits que doit servir, en plus d&#039;une vue culturelle africaine adaptée à l&#039;époque présente, une Coordination (nouvelle) des associations noires. Elle doit se faire un centre de réflexion pluridisciplinaire, pluridimentionnel, où des départements d&#039;actions spécifiques et orientées le disputeraient aux audaces de créations tant d&#039;opportunités que de chances.  

  

Cela est possible ici. Par nous la Diaspora. Le rayonnement de ces possibilités conquérantes réalisées en Occident finira par s&#039;étendre sur l&#039;Afrique, car il apparaît de plus en plus certain que l'impulsion du changement espéré pour le mieux être et le mieux vivre en Afrique, viendra de la dynamique de ses diasporas. La Diaspora n&#039;a de sens que si elle polit perpétuellement la pierre de foi qui la lie à sa terre d&#039;origine. La force vitale du devenir de notre terre Kemet, viendra de la force et de la foi que nous mettrons à défendre nos êtres et nos idées humanistes, justes, non seulement pour l'équilibre de l'Homme noir mais pour le recul de la violence et de la haine entre les hommes, sans distinction de peau, car fils d'Osiris, nous avons le devoir de répandre et de faire partager la beauté philosophique de la Maât, le principe de la Vérité-Justice. 



Je le disais en introduction, créer une nouvelle association nègre à Paris, comme bâtir une Maison des cultures Nègres, répondent de la même problématique : la dynamique de l'action par l&#039;union. 



Personne ne bâtira cette maison à notre place, mais le plus urgent c'est de bâtir une maison pour nos âmes en perdition. 

  

Car, au stade actuel de ma modeste contribution à la réflexion, il m&#039;apparaît nettement que le concept de la création d&#039;une Maison des Cultures Noires à Paris (Maison Afrique) ne peut se saisir pleinement que si cette Maison s&#039;intègre dans un vaste projet de revalorisation de l&#039;être Nègre en lui-même. Ici en France, en Afrique, en Europe. Je vois bien volontiers la Coordination des Associations Noires comme un département de la Maison Afrique, et je vois la Maison Afrique davantage comme un contenant des sciences et techniques modernes vues par nous à travers l&#039;Histoire, la Culture, la civilisation nègres; je la vois comme un tout nègre où le visiteur, selon les calendriers, pourrait être convié à la découverte de l&#039;Afrique d&#039;hier, d&#039;aujourd&#039;hui et de demain telle qu&#039;elle se vit et se perçoit par les Africains eux-mêmes, et non telle qu&#039;elle se laisse dire dans les média à la médiamétrie africanophage. 

Ces mots ne sont qu&#039;un point d&#039;étape de la réflexion. L&#039;organisation de la Coordination et l&#039;approche concrète de la Maison Afrique appelleront certainement à d&#039;autres travaux. Très prochainement, si les ancêtres y sont favorables. 



Je vous remercie. 



Paris le 03/06/06 



Mouelle II ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/06/90652</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Mon, 05 Jun 2006 04:32:33 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Les bienfaits de la colonisation: l&#039;histoire va-t-elle se répéter?</title>
   <description><![CDATA[ L'EDITORIAL 

PAR 

THIERRY MOUELLE II



 

3ATELESUD,  la première chaîne de télévision panafricaine  :::::::::::::::::::::::::   Janvier 2006

 


Comme tous les observateurs attentifs nous nous félicitions à peine de la pause que s'imposaient les nouveaux spécialistes de l'histoire de l'Europe dans le monde, le philosophe eurocentriste Alain FINKELKRAUT et d'autres exégètes de la « Suprématie Blanche » se taisaient-ils à peine, que ce qui est qualifiable d'insulte historique vint de la plus haute institution représentant la voix du peuple de France : l'Assemblée Nationale. 

La France entière, par la voix de ses élus de droite comme de gauche, demandait aux hommes chargés de confectionner les manuels scolaires, aux maîtres, maîtres auxiliaires, aux professeurs des écoles et des universités, de faire réciter aux petits français les bienfaits de la colonisation sur les pays colonisés. 

Etonnante démarche qui passe une nouvelle fois par l'épée des millions de pauvres gens encore meurtris dans leur chair et dans leur âme par les horreurs de l'esclavage et de la colonisation. 

L'Afrique entière se sent humiliée, insultée une nouvelle fois, les Antilles se voient renvoyées dans leur statut d'îlots d'esclaves. 

Par cet acte de loi du 23 février 2005 les élus de la droite majoritaire, suivis des socialistes mués dans un silence coupable, n'ont pas craint de donner le visage d'une France dont personne n'avait besoin, encore moins elle-même. 

La communauté internationale, les défenseurs des droits et libertés, les tenants d'un nouvel ordre mondial plus juste, chacun s'en est trouvé désarçonné, d'autant que c'est encore la France officielle qui par la voix du Président CHIRAC se dit aux côtés de l'Afrique pour qu'elle bénéficie des retombées d'un commerce internationale équitable. 

Ferait-on entre quatre murs le contraire de ce qu'on dit sur les tribunes internationales ? 

Les agitations tardives de la gauche républicaine depuis le 29 novembre 2005, en faveur de l'abrogation de l'article 4 de cette loi sur les Réparations des expatriés Français de la Guerre d'Algérie, ne viennent que renforcer le sentiment de discrédit qui pèse sur le Parti Socialiste traditionnellement dit proche des populations issues des récentes immigrations. 

En voulant éduquer les décideurs de demain que sont les petits français écoliers et étudiants à la fierté de l'héritage colonial, aux honneurs d'être colons, donc aux « bienfaits » de l'esclavage et de la colonisation, le parlement français a-t-il eu conscience de fabriquer de potentiels monstre de la paix ? 

En voulant faire de ses enfants les adeptes de la guerre, de la convoitise et de la justice du plus fort, a-t-il oublié les leçons de l'Histoire ? 

A moins qu'il ne s'agisse là d'une volonté délibérée d'annoncer pour bientôt l'heure de revisiter les sentiers du Mal ? 

Ce sera alors le nouveau triomphe du philosophe allemand HEGEL pour qui les conquêtes impérialistes sont justes et souhaitables, parce que l'Etat qui les perpétue fait avancer l'Histoire en amenant « les peuples arriérés vers les lumières ». 

L'on sait aujourd'hui ce que de telles idées ont produit : les impérialismes sauvages, les totalitarismes, le fascisme, le nazisme. 

L'année 2006 en France sera pour les partis politiques celle de l'accélération des plans de conquête de la Présidence de la République en 2007. 

Grands dieux fassent que, en panne d'idées novatrices et humanistes, la haine de l'étranger, le Noir, l'Arabe, ne constitue pas le principal programme de politique générale des états-majors. 

La mise à mort de la démocratie commence souvent par la persécution des étrangers, puis de petites phrases glissées çà et là dans des textes publics touffus et/ou dans des lois d'exclusion. 

La peur des démocrates que nous sommes naît de ce que certaines de ces énumérations sont depuis longtemps dépassées, des partis politiques de droite extrême ne faisant plus ni dans l'allusion ni dans la métaphore pour désigner l'étranger, l'ancien colonisé présent sur le sol français, comme le lieu où la France a Mal. 

2006 devra donc être une année de grande vigilance pour tous les démocrates de France et du monde. 

Au nom de la Rédaction de 3A Télésud, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2006 ! 

  

 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/78013</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Fri, 19 May 2006 20:07:03 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Article de presse paru dans www.afrikara.com</title>
   <description><![CDATA[ Le Pharaon Inattendu de Mouelle II : Roman africain 

sur fond D'Egypte Ancienne, A D&eacute;couvrir !&nbsp; 

&nbsp;

Par Ze Belinga

&nbsp;


Une bonne surprise que cette livraison de derni&egrave;re minute de l'ann&eacute;e 2004, cinquantenaire du Livre Nations n&egrave;gres et Culture de Cheikh Anta Diop, Le Pharaon Inattendu de Mouelle II [Menaibuc] se veut un jalon pionnier du roman africain moderne. H&eacute;ritier litt&eacute;raire du savant s&eacute;n&eacute;galais dont l'&oelig;uvre poursuit sa transformation des repr&eacute;sentations du monde, Mouelle II innove en proposant sur le mode de la fiction une relecture rebelle mais sans effusion apparente, de l'histoire africaine &agrave; travers le conte initiatique de la r&eacute;incarnation d'un pharaon illustre&hellip; 

&nbsp; 

L'int&eacute;r&ecirc;t de la d&eacute;marche est pour les Africains, leurs Diasporas et Descendants de reprendre possession de la totalit&eacute; existentielle et spirituelle continentale telle que les Africains aujourd'hui la con&ccedil;oivent et se la repr&eacute;sentent. Cette r&eacute;appropriation de l'antiquit&eacute; africaine devient une mati&egrave;re fertile &agrave; imaginaire, mati&egrave;re d&eacute;brid&eacute;e et passerelle vers des questionnements et renouvellements identitaires. Les Non Africains y verront une Egypte nouvelle dialoguant avec son bassin socioculturel authentique, l'Afrique subsaharienne, avec d'&eacute;tonnants effets de fiction et de relecture de l'histoire universelle. Les Africains contemporains expliquant l'Egypte mieux que quiconque, les parent&eacute;s qui structurent la trame du r&eacute;cit &eacute;clairent d'un jour distinct les &eacute;gyptophiles autant que les curieux amateurs de fresques et d'&eacute;pop&eacute;es africaines. 

&nbsp; 

Certes les ratiocinations des thrillers &laquo;&eacute;gyptiens&raquo; vus de Paris, Londres, New York, inlassablement orientalis&eacute;s ou m&eacute;diterran&eacute;is&eacute;s par la confr&eacute;rie des auteurs de best-sellers a ceci de lassant qu'elles exploitent la m&ecirc;me poussive antienne du myst&eacute;rieux, en prenant soin d'&eacute;loigner, d'ignorer le caract&egrave;re n&egrave;gre de l'Egypte pharaonique. Et la nouveaut&eacute; d'un auteur africain assumant l'Egypte n&eacute;gro-africaine comme un fait historique av&eacute;r&eacute; et incontestable apporte de l'a&eacute;ration dans la mesure o&ugrave; ce royaume-r&eacute;f&eacute;rence africain qui a abrit&eacute; plusieurs dynasties, ethnies et peuples aujourd'hui &eacute;migr&eacute;s en Afrique subsaharienne, ne se comprend que dans le grand ensemble n&eacute;gro-africain. Et vice versa. 

&nbsp; 

Aussi les trajectoires spirituelles, mn&eacute;moniques, les initiations &agrave; la sagesse des Anciens et aux sciences et techniques traditionnelles renvoient t-elles au corpus &eacute;gypto-nubien et soudanais. Le roman africain peut donc replonger dans un air frais et &eacute;th&eacute;r&eacute;, nouer les intrigues du pr&eacute;sent et du pass&eacute;, se faire contemporain ou historique, mais avec une partie en plus de son &ecirc;tre &agrave; vivre, &agrave; inventer. 

Il reconquiert sa libert&eacute; de mouvement de cr&eacute;ation, de re-cr&eacute;ation, de r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration osirienne&hellip; Il peut vibrer d&eacute;complex&eacute; en acteur et diseur de sa propre cosmogonie exhum&eacute;e pour soi et dans un &eacute;lan authentique vers et pour tous. 

&nbsp; 

Comment Mouelle II s'y prend-il pour articuler la vie d'une r&eacute;incarnation &agrave; Cuba d'un pharaon d'Egypte revenu assumer une mission sacr&eacute;e et hautement importante, dans le monde d'apr&egrave;s les d&eacute;portations n&eacute;gri&egrave;res, d'apr&egrave;s les &laquo;ind&eacute;pendances&raquo;&nbsp;? C'est &agrave; voir, &agrave; lire. Toujours est-il que la compagnie des Lumumba, C&eacute;saire, Um Nyob&eacute;, Savimbi, Shona, c&ocirc;toie aussi le long de l'&oelig;uvre les Castro, Che Guevara,&hellip; 



La jonction implicite de l'Antiquit&eacute; &agrave; l'&eacute;poque actuelle se fait par la p&eacute;riode n&eacute;gri&egrave;re que l'auteur s'impose de travailler. Esclavage, Napol&eacute;on, R&eacute;volution, sont happ&eacute;s dans le tableau du narrateur qui les emm&ecirc;le dans des tribulations spatio-temporelles o&ugrave; initiations, rituels, sommeils, r&eacute;miniscences embaument les personnages et la trame du r&eacute;cit.&nbsp;&nbsp; 


Avec tout l'int&eacute;r&ecirc;t que repr&eacute;sente cette d&eacute;marche qui se r&eacute;-enracine dans l'antiquit&eacute; n&egrave;gre &eacute;gyptienne pour f&eacute;conder l'imagination cr&eacute;atrice du roman, il n'est pas toujours dit que l'ambition encyclop&eacute;dique de l'auteur, de m&ecirc;me que des concessions un peu spectaculaires &agrave; une tendance &agrave; la saisie brute crue soient d'un apport d&eacute;cisif au contraire.&nbsp;




Le Pharaon Inattendu porte cela dit bien son nom, et il est &agrave; esp&eacute;rer qu'il fasse &eacute;cole ou qu'il laisse &hellip; une colonne indispensable au temple prosp&egrave;re de l'imaginaire revivifiant de demain. A d&eacute;couvrir donc.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 

&nbsp; 

Ze Belinga&nbsp; 


&nbsp;

18/03/2005 




Voir le site de l'&eacute;diteur : www.menaibuc.com ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/74084</link>
   <author>Mouelle2</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/74084</guid>
  <pubDate>Sun, 14 May 2006 10:55:16 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Je suis Neferâ</title>
   <description><![CDATA[ &nbsp;Je suis Nefer&acirc; 

&nbsp; 

Les miroirs du temps se sont ouverts 

Au-devant de moi ce jour 

Et mon visage comme mon &acirc;me 

Ont souri au soleil qui m'accueille 

Je suis Nefer&acirc; 

Qu'il me soit donn&eacute; que l'amour soit 

Qu'il vive, rayonne, et la vie coulera 

Entre l'homme et l'homme et les &ecirc;tres 

Autant que la s&egrave;ve des &eacute;toiles d'o&ugrave; je viens 

&nbsp; 

Que la langue et la voie de mes p&egrave;res 

Montent de nouveau sur la cime de l'existence 

De m&ecirc;me qu'il en a &eacute;t&eacute; au temps de leurs temps 

Ainsi qu'ils me l'ont dit alors que je venais 

&nbsp; 

Je suis Nefer&acirc; 

Mes yeux chantent la lumi&egrave;re 

Mes paumes dansent le parfum des anges 

Mon cou dessine le pas des guerriers de la paix 

En ma poitrine r&eacute;sonne le tambour des &acirc;ges 

Dans lequel les regards et les sceptres divins 

S'illuminent d'&eacute;toiles imp&eacute;rissables 

&nbsp; 

Je suis Nefer&acirc; 

Et p&egrave;re m'a dit que mon pied droit 

Marche sur l'empreinte des seigneurs 

Le gauche fr&eacute;mit sur la paille sacr&eacute;e 

Mon front s'ouvre aux magies des sourires 

Soustraits &agrave; la p&acirc;le souillure des hommes 

&nbsp; 

Alors, que viennent les miens 

Que les pieux s'assoient 

Qu'en ce triangle de pierres les c&oelig;urs solidifient 

Les ferments d'espoir en peur dans les couloirs sombres 

De ce monde qui m'accueille et d&eacute;j&agrave; me soup&ccedil;onne 

&nbsp; 

Qu'ils fermentent l'humus de l'&ecirc;tre en devenir 

Et je dirai&nbsp;: j'aime que soit vieux mon regard 

Car ma vie redit la vie de ceux pour qui je suis ici 

Je suis Nefer&acirc; 

Que le bien en vous b&eacute;nisse ma venue 

&nbsp; 

&nbsp; 

Mouelle II 


&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/73504</link>
   <author>Mouelle2</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/73504</guid>
  <pubDate>Sat, 13 May 2006 15:14:50 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Mba nde ne Neferâ (je suis Neferâ en langue duala)</title>
   <description><![CDATA[ Mba nde ne Nefer&acirc;

&nbsp;

M&ecirc;n&ecirc; ma mudio 


Ma telam&ecirc; 

O ngey'am &ntilde;a l&ocirc;nd&ocirc; nini w&ecirc;ng&ecirc; 

Na boso bwam ka p&ocirc; ka mudi mwam 

Ba mias&ecirc;le sona l&ocirc; o we&iuml; ima kase mba 

Mba nde ne Nefer&acirc; 

&nbsp; 

Ebolan&ecirc; n&agrave; ndolo e b&ecirc; 

E b&ecirc; long&ecirc;&nbsp;; e la&ntilde;e&nbsp;; n&agrave; long&ecirc; di suleye 

O teten'a moto na moto 

Nde na bewekedi p&ecirc; 

Kana ma&ntilde;ong&ocirc; ma 

Nge&ntilde;get'a wuma na mawa n&ocirc; 

&nbsp; 

E bolan&ecirc; n&agrave; 

Eyeem&ecirc; na ngey'a dibamb&ecirc; 

Ba lande p&ecirc;t&ecirc; o tina l'ebeyedi yaasam 

Kana e tan&ocirc; o ebayed'a ponda ba tet&ecirc; 

Ye nde nje 

Ba tel&ecirc;y&ecirc; n&ocirc; mba 

O ngey'am &ntilde;a jukeya o man manda 

&nbsp; 

Mba nde ne Nefer&acirc; 

&nbsp; 

Mis&ocirc; mam 

Mama l&ocirc;ng&ocirc; mw&ecirc;n&ecirc;n 

Matanga mam ma chama ngand'a meengu 

&Ntilde;i&ntilde;gwam ema duta beding&ecirc;ding&ecirc; ba ngum'&agrave; musango 

O tenten'a bwanga bwam ng&ocirc;m'aa mimbu ima doma 

Ma do&iuml; ma wonja bana 

Wuma nge&ntilde;get'a bebayedi ima pa&ntilde;is&ecirc; n&ocirc; 

Betatedi ba mbamb'a bosangi 

&nbsp; 

Mba nde ne Nefer&acirc; 

&nbsp; 

Tet&ecirc; a &ntilde;ot&ecirc;l&ecirc; mba n&agrave; 

Muende mwam ma moom 

Muma bup&ecirc; matanga ma batinedi 

Mwa dim&ocirc;s&ecirc;&nbsp; muma n&ocirc;ng&ocirc; matao 

O mo&ntilde;'a s&ocirc;l'a bosangi 

Mb&ocirc;mbo'am e telam&ecirc; a belangedi ba muititi 

Na ewus'a mal&ocirc; mena 

&Ntilde;akaka'a bato ba benama esima tapa n&ocirc; 

&nbsp; 

Ema pula n&agrave; bona bam bukeye 

Badubedi ba je 

N&agrave; o teten'a man masoso 

Milema mi bokis&ecirc; mawongi ma dipita 

Malondi na bongo 

O teten'a palan'a muititi 

Mwa nin wase ni si bedi kas&ecirc; mba 

Na mulema m&ocirc;&ocirc; 

&nbsp; 

Badubedi ba wongis&ecirc; dikundu l'eweked'a pe&ntilde;a ne n&ocirc; 

N&agrave; do&iuml; lam di kwale na&nbsp;: 

Gi&ntilde;'a long&ecirc; lam ema wa nde o j&ecirc;n&ecirc; 

La ba bena balom mba 

&nbsp; 

Mba nde ne Nefer&acirc; 

&nbsp; 

Bwam bwe o milema ma&ntilde;u bo namis&ecirc; yab&ecirc; lam. 

&nbsp; 

&nbsp; 

&copy; Muele Nu L&ocirc;nd&ecirc; ba ba 

&nbsp;&nbsp; 


&nbsp;
 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/73484</link>
   <author>Mouelle2</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/73484</guid>
  <pubDate>Sat, 13 May 2006 14:30:03 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Article paru dans www.grioo.com</title>
   <description><![CDATA[ Le pharaon inattendu de Thierry Mouelle II

   

Chronique d&#039;une fiction nous ramenant aux heures de gloire de notre civilisation 

 

Par Elisabeth Vieyra    

  
Shona a fui le Cameroun avec ses deux frères et est devenue cubaine. Mariée à un descendant de colon espagnol, héros de la révolution cubaine, elle se découvre prêtresse d'Isis, messagère du passé et initiatrice du futur, destinée à préparer l'arrivée d'un « guide », incarné par son enfant à naître. Son fils, Kuando, est la réincarnation d'un envoyé des dieux, Neferptah. Intermédiaire entre les Absents, les morts, et les Vivants, le présent, sa mission sur terre est de comprendre le présent pour préparer l'avenir. Quel est le destin de cet enfant, quel est son rôle et le sien ? C'est ce que nous découvrons à travers ce livre sur fond historique et de rites magiques ancestraux.

Derrière le destin d'une jeune femme, Shona et de son frère, Père, tous deux devenus citoyens cubains après avoir fui le Cameroun, l'auteur nous fait découvrir Cuba et son histoire. Une histoire basée sur le génocide des premiers occupants de l'île, la traite des africains, les guerres d'indépendance face aux Etats-Unis d'Amérique et face à l'Espagne, et pour finir, la révolution et le régime Castriste.
Mais au-delà de l'histoire de Cuba, nous plongeons dans l'histoire de l'Afrique et du destin des africains de l'esclavage à aujourd'hui. L'île est la porte d'embarquement pour le retour vers « Kemet, la Terre sève ». 


L'histoire du peuple noir est devenue indissociable de l'histoire du peuple blanc, c'est l'histoire de l'humanité, et l'histoire de Cuba représente cette humanité : ses défauts, ses forces, son peuple métissé, la place que sa société donne aux descendants des africains…

A travers les réflexions de ses héros, Thierry Mouelle II nous amène à nous interroger et à apporter des réponses, sur des sujets rarement évoqués tels que les responsabilités de nos ancêtres sur le destin de leurs descendants aujourd'hui.

La naissance du fils de Shona, Kuando, réincarnation d'un émissaire du passé, est le prétexte sur fonds de rites de l'Egypte antique, à des réflexions sur les travers de l'humanité, sur la capacité de l'homme à faire souffrir son prochain, au nom des préjugés, de la force, de l'économie…

L'auteur porte un regard cynique sur les soi-disant démocraties occidentales et les républiques communistes du sud, mais surtout « sur les terres africaines pour leur indolence et passivité ». 


L'une des qualités de ce livre est de nous amener à faire face aux tabous de notre histoire et à replacer celle-ci dans l'histoire de l'humanité. Ainsi, le rêve récurrent de Père sur la mort de P. Lumumba, est en quelque sorte le réveil de sa conscience qui dénonce la faiblesse de ses contemporains. L'histoire de Shona, c'est l'histoire d'une fuite suivie d'une quête vers une identité perdue ou plutôt étouffée pour se protéger. Son passé, son histoire la rattrape. Elle réalise que ce qu'elle est aujourd'hui est non seulement le résultat de sa construction personnelle ici et maintenant, mais aussi des drames de l'Histoire de l'humanité. 

Mais dans le roman de Thierry Mouelle II on trouve aussi du surnaturel, des rites magiques, des fantômes, des sorciers.
Il y a aussi de l'amour, de l'humour, de la passion, du théâtre, de la peinture, de la poésie… éléments essentiels à l'être humain ; ils ont une place importante dans l'histoire de nos personnages et dans l'histoire du livre lui-même.
Tous les ingrédients sont en place pour se passionner pour cette fresque historique passionnante qui se lit d'une traite et que l'on termine presque avec regret.

Le Pharaon Inattendu, est un conte initiatique, vers une quête de soi, de son identité et de son bonheur. C'est un message d'espoir pour tous, un message qui dit que notre avenir est entre nos mains et que nous en sommes responsables seuls. 

Quelques questions à Thierry Mouelle II  


Pouvez-vous m'expliquer ce qui vous a amené vers l'écriture ?

C'est d'abord la lecture. Une lecture qualitative orientée vers la connaissance de soi. A travers des œuvres majeures, autant des philosophes que des idéologues, mais également des poètes. A ceci de particulier que j'avais comme guide, mon père, un révérend pasteur très cultivé qui s'intéressait au monde entier et surtout aux religions révélées qu'il enseignait au tant qu'il les expliquait.
Ceci m'a amené à lire la bible de la genèse à l'Apocalypse pour maîtriser la cosmogonie judéo-chrétienne telle qu'elle s'offrait à ma culture d'enfant et telle que plus tard je devrais la prendre comme socle de réflexion sur l'univers.

A côté de cet apprentissage de la bible j'ai également, toujours aidé par mon père et par ma tante magistrate qui a également participé à mon éducation, plongé dans la lecture transversale des philosophes tels que Nietzsche, Kant, Ebenezer Njoh Mouelle, Kwamé Nkrumah, Jomo Kenyatta, Julius Nyerere. 

Ma rencontre littéraire avec Aimé Césaire, au travers de son poème Cahier d'un Retour au Pays Natal, sera le déclic qui me permettra de saisir que le peuple Noir à une histoire spécifique qui interpelle qu'on s'y plonge densément.
Il en sera de même lorsque je lirais Senghor dans son recueil Ethiopiques ou dans bien d'autres poèmes de lui où l'accent est mis sur la revalorisation de l'image du Noir dans l'univers des Hommes.
S'ensuit Léon Gontran Damas, Langson Hugues, Richard Wright… un trop plein de créateurs qui finissent par me convaincre qu'il y a de la place pour continuer l'œuvre de mise en orbite de notre manière de voir le monde, nous les Africains que nous soyons du continent que j'appelle dans mon roman « Kemet la sève terre », ou de la diaspora (nos pays de déportation et d&#039;exil).
Pour autant, en parachevant ce parcours d'édification d'une conscience Noire, j'ai rencontré Cheikh Anta Diop à travers son œuvre majeure Nation Nègre et Cultures. Le lien a été tissé pour que je reste désormais lecteur de mon histoire avec les clefs que désormais je pouvais avoir à travers ces recherches. Voilà ce qui m'a conduit à l'écriture. 
  
Quelle est l'idée qui conduit  &quot;Le pharaon Inattendu &quot;? Pourquoi l'Egypte ancienne ? 

Toute quête identitaire, pour peu qu'elle se veuille sérieuse, doit à mon sens avoir un point de chute le plus éloigné possible du présent, pour être à même de dresser une linéarité généalogique. Il se fait que les travaux de Cheikh Anta Diop (suivis de bien d'autres chercheurs et scientifiques africains ou africains américains) couronnés de succès au colloque du Caire en 1974 par l'Unesco, ont démontré le caractère négro-africain de l'Egypte pharaonique. Notamment dans son édification spirituelle, économique, politique et culturel, bien avant la rencontre de ce peuple du nom de « Kemet » ou « Kemiou » avec le monde leucoderme (les européens).

Le pharaon Inattendu se réapproprie toute cette richesse. Il s'agit de perpétuer le lien entre hier et aujourd'hui, nous et nos ancêtres ayant bâti l'une des plus splendides civilisations que l'univers ait jamais édifiées. Surtout que, ayant traversé les ouragans historiques les plus terribles tels que l'esclavage, la colonisation, et aujourd'hui la néo-colonisation et l'exacerbation du racisme eurocentriste, notre mémoire nous est amplement disputée, elle nous est vertement déniée. En écrivant un ouvrage comme le Pharaon Inattendu, ouvrage qui scénarise l'histoire du peuple noir en la replaçant dans la lecture universelle de l'humanité, je tente pour ma part non pas de revendiquer mais de construire l'homme nouveau, un homme dénué de toute considération haineuse mais qui s'enrichit des particularités et des particularismes.

La grande richesse de ce livre est de proposer une lecture du monde et de l'histoire sous le prisme de ce qui parfois n'est pas dit, en essayant de rester dans le domaine de la fiction, bien que cette fiction soit tirée d'une histoire vraie. 

J'insiste sur l'idée qui conduit ce roman ?

On dit que les noirs n'ont rien apporté… au concert universel du donner et du recevoir. J'ai la prétention de dire que c'est farfelu d'avoir des idées comme celles-là. Combien de gens savent que le réfrigérateur a été inventé par un Noir ? Combien de gens savent que la machine à réguler et à contrôler les transmissions électriques a été inventée par un Noir ? En France par exemple, qui sait que le vrai père du nucléaire civil est un Antillais [Georges NICOLO]? Que c'est grâce à lui qu'aujourd'hui on a le courant électrique continu à portée d&#039;un interrupteur?
Je pourrais citer jusqu'à épuisement de mon souffle un nombre impressionnant de systèmes, d'objets et d'appareils du quotidien qui sont issus du génie nègre. Lire à ce sujet le livre de Yves Antoine Inventeurs et Savants Noirs.

Il faut donc amener les Africains à ne plus douter d'eux-mêmes. Surtout les jeunes à s'investir d'un capital de confiance leur permettant de créer, d'inventer, parce qu'ils auront su que le génie du peuple Noir ne s'est jamais éteint entièrement.

J'attire cependant l'attention sur le fait qu'il ne faut pas faire comme les autres : tomber dans le piège de la haine. 

Un homme équilibré est un homme qui ne sait pas ce que la détestation de l'autre veut dire. Le Pharaon Inattendu est un livre qui enseigne la tolérance, la maîtrise de soi, la culture de l'amour. 

Mes personnages revendiquent une seule identité : l'identité humaine. Ils peuvent avoir à être des mélanodermes (noirs), des métisses, des leucodermes (européens), les actions qu'ils portent dans le livre ne traduisent pas seulement leur appartenance socioculturelle mais l'influence de l'éducation, mais l'influence de leur libre arbitre. 

Chaque acte posé par un homme peut engager l'humanité entière et par-delà, la liberté ou l'enfermement de l'Homme. 
Je raconte donc l'histoire du monde. Avec cette fois aux premières loges, les Africains. Car, pris dans le tumulte de la mondialisation et de l'anéantissement des particularités identitaires, ils sont devenus une « quantité négligeable » dans un système où la marchandise qu'on vend a plus de valeur que l&#039;être humain. Ma prétention est de dire que l'Africain dans son contexte de « sous-développé » est peut être l'avenir du monde.


 

Propos recuillis à Paris par Elisabeth VIEYRA

 

www.grioo.com

02/10/2005
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   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/73287</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Sat, 13 May 2006 00:33:05 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>De l’autre côté des fils barbelés *</title>
   <description><![CDATA[ PREFACE de Thierry MOUELLE II&nbsp;

&nbsp;

Les f&oelig;tus avort&eacute;s de notre g&eacute;nie&nbsp;



Victoire. Le mot s'est envol&eacute;. Combien de temps a-t-il d&ucirc; jouer &agrave; cache-cache avec la suspicion, la constriction, le b&acirc;illon ? Vingt ans ? Quarante ? Soixante ans ? L'envie me submerge de dire &agrave; pleins poumons : des si&egrave;cles. Car quel visage donner au temps r&eacute;el dans cet espace de non-vie o&ugrave; tous les matins l'histoire du mot devait se construire au rythme d'une marche qui toujours d&eacute;pendait de l'humeur de la flicaille, du sens et de la couleur des casques de combats ? Qu'est-ce que le temps quand par la magie du verbe rebelle, l'auteur se permet de (re)plonger dans cette anse de non-&ecirc;tre o&ugrave; les bouquetins du mal se pavanent, o&ugrave; les brodequins et les matraques jouent d'&eacute;mulation permanente dans leur pr&eacute;texte d'intangibilit&eacute; entre la l&eacute;gitime vocation d'une jeunesse avide de savoir et de mieux-&ecirc;tre et le Pouvoir incapable d'acc&eacute;der au premier des principes r&eacute;publicains : la sant&eacute; du corps et de l'esprit de ses enfants ?&nbsp;Pourtant c'est le m&ecirc;me temps incompressible qui me donne aujourd'hui, t&eacute;moin de tant de corolles d'inhumanit&eacute; port&eacute;e en bandouli&egrave;re, &agrave; revoir &agrave; m&ecirc;me distance d'exil que l'auteur, le bal des f&oelig;tus avort&eacute;s de notre g&eacute;nie.&nbsp; Victoire. Le mot s'est envol&eacute;. Loin de nos vieilles &acirc;mes paillassons. Loin des pectoraux mollassons, des seins inutilement papayes, des regards bouffis de rance et de vermine de mauvais vin, des jambes rondes aux mollets maudits de sommeil, aux bras de tellement de beurre qu'on ne comprend pas pourquoi ils sourient au soleil. 


&nbsp; 

Il s'est envol&eacute; le mot. Pour nous qui r&ecirc;vons de sourire au matin qui se l&egrave;ve. De chasser un soir, un matin, le soupir d'ind&eacute;cence qui meuble les soirs de ventre de faim, les midis de vertige et de tangage sur un sol qui ondule dans son silence des chansons qui peinent &agrave; &ecirc;tre claironn&eacute;es devant tant d'enfants qu'on accompagne &agrave; la fosse commune. Tant d'adultes qu'on laisse aux oiseaux de proie sur leur chemin vers un peu d'espoir. Un peu. Simplement. Comme tant de chacun assassin&eacute; depuis &hellip; que le pays a un nom. Un visage. Une carte. Une couleur. Un sens &eacute;conomique, politique, culturel. Malheureusement sans &acirc;me. Ni c&oelig;ur. Souvent. Toujours. 


&nbsp;

Le mot s'est envol&eacute; loin de la &laquo; colline du savoir &raquo;. Enigmatique patronyme d'une Universit&eacute; tropicale que le g&eacute;niteur dictateur et son h&eacute;ritier ont voulu faiseuse de brailleurs au perroqu&eacute;tisme parfait. Au nanisme intellectuel. A la plume cass&eacute;e. A l'esprit enrhum&eacute;. Mais qui, en pourvoyant d'hier &agrave; aujourd'hui &laquo; la colline aux oiseaux&raquo;, triste monceau de chairs tortur&eacute;es et expos&eacute;es aux intemp&eacute;ries de Yoko, de New-Bell, de Tchollir&eacute;, de Nkondengui, de Mantchum ou de la rue en guenilles, d&eacute;montre que les dictatures resteront toujours les alli&eacute;es objectives des plus belles r&eacute;voltes des esprits justes. C'est au c&oelig;ur de l'humus du mal humain et de la n&eacute;gation des droits et libert&eacute;s qu'appara&icirc;tront toujours les plus belles fleurs d'embl&egrave;me de l'espoir en l'Homme.&nbsp;Pour avoir &eacute;t&eacute; de cette &laquo;&nbsp;colline au savoir&nbsp;&raquo;, pour avoir bu dans la mare du &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo; social et jeune, qui donc mieux que Martin Momha pourrait tenir la l&eacute;gitimit&eacute; d'une r&eacute;volte juste ? Qui mieux que lui devrait &eacute;taler en peinture le ras-le-bol de toute une g&eacute;n&eacute;ration illusionn&eacute;e d'ind&eacute;pendance et d'aisance sociale et &eacute;conomique ? Qui mieux que le po&egrave;te saurait ce qu'est la dictature du singulier contre le collectif ? C'est donc avec sens qu'il peut &eacute;crire : &laquo; L'infini m'attire et me fascine comme une ferraille mobile dans un champ magn&eacute;tique &raquo;. Car il est &agrave; l'&eacute;troit dans un monde qui ne produit que deux collines: la colline du savoir et la colline aux oiseaux. L'une &eacute;tant sans qu'on ne veuille se l'avouer m&egrave;re de l'autre. &nbsp;Fils b&acirc;tard de ces deux monstres, il se d&eacute;bat &eacute;nergiquement pour &eacute;chapper au &laquo;mis&eacute;rabilisme &raquo; ambiant, voit partout des &laquo; vieillards d&eacute;penaill&eacute;s au regard de d&eacute;tresse &raquo;, d&eacute;crit la jeunesse exil&eacute;e, livr&eacute;e &agrave; tous trafics m&ecirc;me celui de beaux corps de reines abandonn&eacute;s aux &laquo;toubabs friqu&eacute;s &raquo;. &nbsp;

&nbsp;

De la colline du savoir &agrave; la colline aux oiseaux, le po&egrave;te tra&icirc;ne sa bave d'insoumis, son dos pi&eacute;tin&eacute;, sa poitrine concass&eacute;e sur l'enclume de l'indicible, il voyage dans le mal du fr&egrave;re et de la s&oelig;ur dont le sourire ne veut plus rien dire. &nbsp;Malade de l'&ecirc;tre et du sens des gestes humains, il refuse pourtant de se laisser aller &agrave; autre chose que d'&laquo;accompagner le peuple dans la rue s&eacute;ditieuse pour d&eacute;bouter des souverains tyranniques &raquo; des palais et de sa vie de chaque jour.&nbsp;Pour autant riche de tout ce sens pluriel, il convient quand m&ecirc;me d'avertir que l'&oelig;uvre de Martin Momha est un terrain d&eacute;licat. S'y aventurier exige des pi&egrave;ges &agrave; &eacute;viter. Par exemple celui qui consisterait &agrave; vouloir cerner ce discours r&eacute;volutionnaire comme une autobiographie qui fusionne l'auteur et le narrateur. Leurs exp&eacute;riences bien que comparables sont loin d'&ecirc;tre identiques : Martin Momha n'a jamais &eacute;t&eacute; emprisonn&eacute;, il n'a jamais d&eacute;pos&eacute; une demande d'asile dans un bureau d'immigration. Cependant, comme son h&eacute;ros, il r&eacute;side en Suisse avec un statut d'&eacute;tranger. Il a particip&eacute; &agrave; des rebellions estudiantines et a souffert des affres d'un syst&egrave;me politique et universitaire odieux. Le retour au pays natal et son implication politique qu'il pr&ocirc;ne n'adh&egrave;rent pas pour le moment &agrave; sa strat&eacute;gie de vie. Son r&ecirc;ve d'une vie &eacute;quilibr&eacute;e tient d'une maxime qu'il a faite sienne : &laquo; L&agrave; o&ugrave; on est mieux, c'est l&agrave; la Patrie &raquo;.&nbsp;L'&oelig;uvre de Martin Momha rompt ainsi avec les techniques et les canons classiques d'&eacute;criture. C'est une fresque litt&eacute;raire qui &eacute;chappe &agrave; tout postulat de cat&eacute;gorisation. Po&egrave;me ou prose ? Narration ou r&eacute;quisitoire ? Monologue ou album de souvenirs ? Superflues que toutes ces questions prises &agrave; l'unicit&eacute; car tout indique qu'il s'agit de tout cela &agrave; la fois. Un nouveau genre englobant. Car c'est avec facilit&eacute; qu'il migre d'un registre &agrave; un autre, sautant par-dessus les fronti&egrave;res &eacute;tanches entre les genres et les peuples pour cr&eacute;er la &laquo;globalisation de l'&eacute;criture &raquo;. Ainsi va-t-il de la premi&egrave;re station &agrave; la derni&egrave;re, dans un accent satirique et un verbe lourd de v&eacute;rit&eacute;. &nbsp;Ancien s&eacute;minariste, l'auteur est all&eacute; fouiller dans le vocabulaire eccl&eacute;siastique pour trouver une nomenclature syst&eacute;mique &agrave; son discours. Il&nbsp; tente de cr&eacute;er un rapprochement entre la mission du divin fils sur la terre et celle de son h&eacute;ros. 

&nbsp;

Ainsi, le concept de &laquo; station &raquo; renvoie symboliquement &agrave; la repr&eacute;sentation cadenc&eacute;e de lapassion de J&eacute;sus Christ. Il s'agit d'une cohorte d'&eacute;v&egrave;nements path&eacute;tiques qui retracent la trahison, l'arrestation, la condamnation, la crucifixion, la mort et la r&eacute;surrection du Christ. Le h&eacute;ros momha&iuml;que accepte volontiers de faire don de sa vie pour que la paix, la libert&eacute;, la d&eacute;mocratie, la justice sociale et le d&eacute;veloppement r&egrave;gnent. Un contexte qui n'est pas sans rappeler la vie et l'&oelig;uvre de Nelson Mandela, Thomas Sankara, Alexandre Doualla Manga Bell, Um Nyob&eacute; Etc. des h&eacute;ros se donnant &agrave; l'holocauste pour des causes justes.&nbsp;

&nbsp;

De l'autre c&ocirc;t&eacute; des fils de barbel&eacute;s est donc un verbe &eacute;mouvant. Il en appelle au constat de la terrible circularit&eacute; du temps africain, donne &agrave; lire les dommages des ind&eacute;pendances qui n'ont pas pu accoucher d'autre chose que la sinistrose collective &agrave; m&ecirc;me visage de squelettes rabot&eacute;s, comme si esp&eacute;rer le d&eacute;veloppement de sa terre est une &oelig;uvre contre-nature qui ne peut induire que la prison, la mort et l'exil, comme si quiconque ose dire le peu qu'il ne faut pas est conduit irr&eacute;versiblement vers le ban de sa propre lign&eacute;e, ne lui restant qu'un voyage de cent quarante escales ou stations pour catalyser le mot jusque-l&agrave; indigeste en le transformant en&nbsp; train verbal, pour abattre des palissades de la haine et &laquo; des murs fun&egrave;bres o&ugrave; mugit l'hydre des pyromanes &raquo;.&nbsp;Qui oserait nier que ceux qui s'exilent sont encore plus mal que ceux qui restent conscrits dans les cachots du d&eacute;sespoir ? Le chant po&eacute;tique du h&eacute;ros Momha&iuml;que est le mal de celui qui est parti sans jamais quitter v&eacute;ritablement sa terre. Il la voit. La sent. Respire ses moindres fr&eacute;missements. Pense et dort &agrave; l'&eacute;troit dans l'immensit&eacute; g&eacute;n&eacute;reuse de l'espace-g&icirc;te qui l'accueille. Pauvre parmi les riches du pays de TELL, il sait que sa place est au pied de l'arbre sacr&eacute; o&ugrave; &laquo;son nombril n&eacute;gro&iuml;de a &eacute;t&eacute; inhum&eacute; &raquo;. 

&nbsp;

Cet attachement aux origines est incontestablement une r&eacute;actualisation de l'id&eacute;ologie de la N&eacute;gritude dont l'un des principes caract&eacute;ristiques est le retour aux sources.&nbsp;D&egrave;s les premi&egrave;res pages de ce livre, l'on comprend vite que l'exil est le plus grand mal qui puisse arriver &agrave; un homme de libert&eacute;. Mais une victoire aussi parce qu'on respire hors d'une Terre impie o&ugrave; le bourreau vit d'imaginer ce qui ralentit l'agonie, accentue la mortification, pour qu'entre les deux jamais ne jaillissent les architectes d'une nouvelle colline ent&ecirc;t&eacute;e comme il en faut sur un sol o&ugrave; plus personne n'ose s'ent&ecirc;ter de bon sens.&nbsp;C'est pourquoi, ayant lui-m&ecirc;me &eacute;cum&eacute; les rages de son pays mouroir, ayant bl&acirc;m&eacute; t&ocirc;t l'encensement de sa terre de poussi&egrave;re assommante, ayant mis &agrave; ses pieds le verbe-serpilli&egrave;re et la langue-savon, donn&eacute; de son &eacute;nergie pour lui rendre ses chatoiements d'antan, l'auteur nous offre aujourd'hui le miroir o&ugrave; son h&eacute;ros vide son d&eacute;fil&eacute; de souvenirs dans une sociologie compar&eacute;e entre lui et lui-m&ecirc;me, entre son pays d&eacute;vast&eacute; et les terres d'ailleurs, un ailleurs dans lequel il a trouv&eacute; refuge.&nbsp;Mais m&ecirc;me le refuge n'est pas un antre de paix. &laquo; X&eacute;nophobes &raquo; et &laquo;vilains perquisiteurs &raquo; le traquent avec &laquo; matraques et chiens policiers &raquo;. Doublement rejet&eacute;, le combat qu'il livre se d&eacute;roule sur deux fronts diam&eacute;tralement oppos&eacute;s, s&eacute;par&eacute;s entre eux par un mur en barbel&eacute;s : sur le versant Sud il y a le pays natal o&ugrave; s&eacute;vit la dictature, la corruption, la mis&egrave;re&hellip; Et sur le versant Nord il y a le pays d'accueil o&ugrave; r&egrave;gne la discrimination, le racisme, la d&eacute;rision... &nbsp;Eternel b&acirc;tisseur, son retour n'aura donc de sens que s'il b&acirc;tit l'espoir, &eacute;difie la part de bonheur qui revient au Peuple. Mais quand serait-ce ?&nbsp;L'auteur a le don de nous faire vivre ses multiples moments d'interrogations. De convictions. De larmes.&nbsp; Homme ? Enfant ? Adolescent ? Lequel de ce lui-m&ecirc;me multiple en son unicit&eacute; tient ici la torche qui tente l'&eacute;clairage de ses propres nuits d'incertitude ?&nbsp;R&eacute;pondre &agrave; cette question c'est admettre aussit&ocirc;t que l'univers de ce monologue d'une rare densit&eacute; refuse d'appartenir &agrave; son contexte typiquement africain pour &eacute;pouser l'angoisse universelle de l'homme face &agrave; l'obs&eacute;dant d&eacute;sir de libert&eacute;, de dignit&eacute; et de joie.&nbsp;Jamais po&egrave;te n'a &eacute;t&eacute; aussi politologue. Philosophe. Jamais po&egrave;te n'a &eacute;t&eacute; aussi &eacute;conomiste. Momha saisit la totalit&eacute; de la soci&eacute;t&eacute; moderne pour l'exposer &agrave; la critique esp&eacute;rante de la restitution de l'homme &agrave; l'humanit&eacute; et de l'humanit&eacute; &agrave; son premier devoir : le bonheur de l'Etre.&nbsp;&nbsp;

&nbsp;

Paris le 24 novembre 2005&nbsp;

&nbsp;

*texte int&eacute;gral

&nbsp;

De l'autre c&ocirc;t&eacute; des fils de barbel&eacute;s est un livre de Martin Momha publi&eacute; aux &eacute;ditions&nbsp;Le Manuscrit&nbsp; &agrave; Paris. 



Nombre de pages&nbsp;: 97 



N&deg; ISBN&nbsp;: 2-7481-6542-X 



Prix&nbsp;: 13,90 euros
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   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/73260</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Fri, 12 May 2006 23:34:54 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le mauvais bain</title>
   <description><![CDATA[ Et puis je t'ai dit &laquo;&nbsp;Quittons le ciel 

Les nuages sont arriv&eacute;s 

Le parapluie 

Donn&eacute; par les filles de la destin&eacute;e 

Prend de l'eau de part en part 

La noyade est imminente.&nbsp;&raquo; 

Tu m'as dit 

L'eau sur les hanches 

&laquo;&nbsp;L&agrave;-bas dans la cendre qui br&ucirc;le 

au c&oelig;ur du royaume de ronces et de dardsJe connais un coin de paix 

O&ugrave; l'amour fait des miracles.&nbsp;&raquo; 

Mais pourquoi 

Le voyage dans ce bel enfer 

Est-il si lent 

Si douloureux 

Pourquoi ne s'ach&egrave;ve-t-il toujours 

Que pour recommencer encore 

Encore et encore&nbsp;? 

Tu m'as dit 

&laquo;&nbsp;Tends-moi le c&oelig;ur 

La passerelle sera plus souple 

Le choc &agrave; deux 

Plus beau, sans douleur.&nbsp;&raquo; 

Ton corps coll&eacute; au mien alors 

Ta voix de charme endormante 

M'a ferm&eacute; l'iris 

Et j'ai tout seul 

Saut&eacute; dans le puisard d'&eacute;pines et de barbel&eacute;s 

J'attends toujours 

Le nouveau soleil promis 

Dans ce bain de nuages sanglants 

Mortels. 

Reste &agrave; ces deux ou trois fleurs s&egrave;ches 

&Eacute;gren&eacute;es &agrave; mes pieds 

De chanter en boucle la grandeur de ma na&iuml;vet&eacute; 

&nbsp;- Qui a dit que le soleil n'a &agrave; briller 

Que toujours pour plaire&nbsp;? 

Le bonheur est le plus grand malheur de l'homme 


&nbsp; 

Mouelle II 

&nbsp; 

&nbsp; 

&nbsp; 

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   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/73248</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Fri, 12 May 2006 23:04:52 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Père, voici ton fils</title>
   <description><![CDATA[    Père, ô Père 

Qu'est-ce que le destin 

Qu'est-ce que la vie 

Loin du soleil de mes terres 

J'embrasse l'angoisse du sage 

Ce pourtant qu'à trente-sept ans 

La haine rampe 

Au seuil de ma porte 

M'empêche de sortir 

M'empêche de rire 

M'empêche d'aimer 

Et de porter 

Mes sandales 

Mes belles sandales de lumière 

  

Père, ô Père 

Etait-ce donc là l'école de la vie 

Vivre de voir toujours muselées 

Les vertes réponses 

Aux abaissements de l'homme 

Quand la faim de leurs chairs 

Vient tromper encore 

Mes sourires 

Mes sourires du matin 

  

Père, ô Père 

Mes murs du soir m'enlacent de silence 

Ceux du jour 

Me donnent des losanges d'indifférence 

Je regarde au loin 

Le vent danser sur les visages 

De ceux que j'ai en mémoire 

Quand sur mes yeux 

Transpirent la peur et le vide 

Aux noces du deuil 

De mes amours 

Mes amours bâtardes 

  

Père, ô Père 

Comme le bonheur 

Les douleurs d'un enfant 

Se lisent sur les lèvres 

D'un  parent qui l'aime 

Les miennes reposent 

Sur le corps flottant de tes visites rares 

Je viens à ta porte 

Demander le Livre des Songes 

Car ma vie a cessé 

Oui, je songe sans comprendre 

Sans comprendre 

Père, ô Père 

Mes mots ont perdu de leur écho 

Dans les labyrinthes de mon dedans 

Ecarte mes actes des abords 

Des miroirs qui mentent 

Fixe mes pas dans le souvenir 

De tes plats de miel 

Que le sourire me revienne 

Qu'il fertilise 

Mon champ d'être 

Que ma main tendue 

Froisse la dignité du Mal 

Et apporte la lumière 

Sur le regard des miens 

En bave de fatigue 

Que les étoiles me laissent encore 

Déambuler en cette poussière de sens 

Car de tous ceux que tu as aimé 

Il n'y a pas mieux que toi qui résonnes en moi 

Pour écouter le silence de mes bruits liquides 

Père 

Ne me laisse pas aller 

A la facilité du péremptoire 

Car je suis la continuité de ton sang 

Et le ciel marche 

Le ciel marche en moi. 

   

Mouelle II  

Paris le 17 juillet 2005 

 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/73217</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Fri, 12 May 2006 22:54:15 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le chant de la révolte juste</title>
   <description><![CDATA[   

Ton visage m'est si lointain 

Si proche 

En ce parfum que je sens 

Par ton absence 

Pays mien 

Souffle de mes pas 

Nombril de mon regard 

Temps de mon âme 

  

Ton cœur m'est si près/ si loin 

Dans son élan d'insoumission 

Aux alibis du bien-dire 

du peu-dire 

du peut-être-dire 

du pas souvent-dire 

du rien-dire 

quand les lèvres se tendent en silence 

au-dessus du puits sec du verbe des hommes 

lacéré à coup de crachat menteur 

et d'espoir éteint sur les visages émaciés 

de peur et de faim 

  

je n'attendrai plus 


non 

plus longtemps


sur cette route sévère 

où dorment déjà tant d'esprits féconds 

je n'attendrai plus que le soleil vienne 

me réveiller à l'aube de toutes mes vieillesses 

du corps 

du cœur 

et de l'âme 

au soir des enfances abâtardies 

par le cœur de la République assassine 

  

je me suis fait hier soir le ciseau redouté 

qui tailladera les ventres gloutons 

et les iris d'indifférence 

Il exposera des chairs immondes 

au préau des enfants de la Révolte juste 

pour que la joie me revienne 

par eux joyeux 

du malheur des dictateurs 

  

oui, ton cœur m'est si loin 

ton parfum si aérien 

que ma larme s'est solidifiée 

assise longtemps 

sur l'étal de l'impossible étreinte 

Pays mien 

Souffle de mes pas 

Nombril de mon regard 

Temps de mon âme 

Je t'ai vu Révolte 

Dans le sang asséché 

De mes marais de pus 

De mes palais de jasmins brisés 

quand me diras-tu le moment 

le lieu 

quand me diras-tu le nom et l'âge 

des démagogues à déshabiller des mots 

pour qu'enfin ma main frappe 

à l'équilibre de l'essentiel ? 

                            mon cri se peignera 

tôt ou tard 

sur leur crinière capitonnée 

et alors mon sourire pluriel 

s'affichera 

pour l'éternité. 

  

Mouelle II 

10/2005 

 ]]></description>
   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/73215</link>
   <author>Mouelle2</author>
   <guid isPermaLink="true">http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/73215</guid>
  <pubDate>Fri, 12 May 2006 22:48:00 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Article de Jeune Afrique sur Le Pharaon Inattendu</title>
   <description><![CDATA[ ROMAN Par le journaliste camerounais Thierry Mouelle Il, 

un thriller africain sur fond d&#039;Égypte ancienne ...



 

Un pharaon à Cuba !



 

Par Alex Siewe



 

L&#039;histoire est menée tam­bour battant, les person­nages sont crédibles et attachants. Thierry Mouelle II n&#039;est pas encore une icône dans le paysage littéraire africain, mais ce roman, son premier, ne manque pas d&#039;audace. Entre fresque histo­rique, fiction classique et conte ini­tiatique, l&#039;auteur met en scène l&#039;Égypte pharaonique pour mieux faire passer ses réflexions sur la société africaine actuelle. 


  L&#039;histoire com­mence à Cuba. Shona Mandèsi, l&#039;un des personnages principaux, est his­torienne. Grande prêtresse d&#039;Isis, elle s&#039;apprête à mettre au monde un fils. C&#039;est en cet enfant qu&#039;elle puise sa capacité à remonter l&#039;histoire jusqu&#039;au XVIIIe siècle avant notre ère quand les Hyksôs, «une horde de bar­bares venus de l&#039;Est &quot;, envahissent la terre sacrée des pharaons. Ils seront suivis par Alexandre le Grand en - 333. Ses descendants formeront la dynas­tie des Ptolémées, à laquelle appar­tiendra Cléopâtre. Comment les Négro-Africains, « bâtisseurs des pyramides&quot;, ont­-ils pu se laisser surprendre par l&#039;évolution de la modernité au point de ne plus compter que comme quantité négligeable dans un monde en pleine ivresse scienti­fique et technologique? Avec l&#039;aide de Sia, le dieu de l&#039;intuition des causes, Mambingo, encore appelé Père, joue du clair-obscur et plonge quand il le veut dans l&#039;Égypte sacrée pour quérir des réponses à des situations dépassant son entende­ment. Mais pourquoi hurle-t-il à longueur de journée les effroyables détails de l&#039;assassinat de Patrice Lumumba? 

Autour de cette famille étrange gravitent d&#039;autres personnages hauts en couleur. Au premier rang: le grand prêtre d&#039;Osiris qui conduira Shona dans la clairière des Cèdres, pour recueillir l&#039;âme de l&#039;enfant et l&#039;insuf­fler dans l&#039;enveloppe charnelle qu&#039;elle porte. Pedro Montoya, artiste peintre, infirme et provocateur. Sa com­pagne, Mélina Cordélia, médecin, amie et belle-sœur de Shona. Mêlée à une sombre histoire de trafic d&#039;art avec la mafia russe présente sur l&#039;île de Cuba, elle croise, au lendemain de l&#039;exécution de Pedro, le chemin des services secrets, les­quels, au nom de la « raison d&#039;É­tat &quot;, exercent violences et pressions psychologiques. L&#039;initiation est rude, l&#039;émotion vive. Chaque personnage supplie qu&#039;on prenne en compte sa personnalité double. 

Derrière l&#039;apparence se poursuit une quête de l&#039;homme profond. Comme si l&#039;auteur nous faisait comprendre qu&#039;aucune identité de nos jours n&#039;y échappe. Que le règne du métissage est là. Le grand métissage de l&#039;humanité, appelé à mettre fin aux égoïsmes, car en  nous cohabitent une ou plusieurs parts de l&#039;autre . 

Cette scénarisation de l&#039;Égypte pharaonique est inédite dans le roman négro-africain franco­phone. Écrit en quatre parties (le Livre de la Source; le Livre du Milieu; le Livre de l&#039;Enfant; le Livre de la Déchirure), Le Pharaon inattendu est un regard à la fois distant et englobant sur le monde depuis les temps anciens jusqu&#039;à nos jours, à travers quelques mor­ceaux d&#039;actes majeurs. Une socio­logie politique et culturelle de l&#039;Afrique actuelle où l&#039;humanisme de l&#039;auteur impose à ses person­nages de pleurer sur l&#039;âme d&#039;un monde fait de violence, de bruit et de mensonges. Il pose un constat : si l&#039;homme d&#039;hier vaut celui d&#039;au­jourd&#039;hui par sa station debout, tout les oppose pourtant, à com­mencer par l&#039;incapacité de l&#039;homme moderne à se remettre en question, si ce n&#039;est son manque total de volonté de se regarder dans un miroir. Le miroir intérieur. 

Le journaliste et homme de radio camerounais Thierry Mouelle II signe là un livre dense, d&#039;une force poétique étonnante. Au-delà de la trame romanesque, il énonce avec froideur et sans faux-fuyants des vérités qui dérangent. Le Pharaon inattendu puise dans l&#039;histoire et la légende pour entonner des chants d&#039;espoir. 

  

JA/L&#039;INTELLIGENT N° 2308 - DU 3 AU 9 AVRIL 2005   

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   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/73125</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Fri, 12 May 2006 21:12:09 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Questionnements sur la renaissance spirituelle africaine</title>
   <description><![CDATA[   



 Ce texte est un extrait d&#039;une conférence donnée à l&#039;Ecole des Mines à Paris le 7 mai 2006 à l&#039;occasion de la Journée Aimé Césaire initiée par l&#039;Association Internationale Cheikh Anta Diop                                                                        


 

Questionnements sur la renaissance spirtituelle africaine

                                                                        
Par Thierry MOUELLE II 

  

A force de le retrouver sur toutes les lèvres averties ou non averties, c‘est presque passé dans l'usuel chez certaines personnes que de se poser la question de savoir « quelle spiritualité pour quelle Afrique ? » 

  

Cela se voudrait plus sérieux encore si ces personnes sont elles-mêmes d'extraction de la grande famille africaine. 

  

Comme si les relations de l'Africain contemporain avec le divin sont désormais passées de la psychose (provoquée par diverses guerres de civilisation qui l'ont jusqu'ici pris en tenailles) à un état de normalisation qui autorise de réfléchir aujourd'hui sereinement sur le sujet, en jouant les équilibristes entre un monde passé, plus ou moins idéalisé mais réel, et le présent héritier d'un temps qui pèse encore de tout son poids dans la mémoire douloureuse des « damnés de la terre », nous les récemment convertis à l'occidentalisme qui se veut omnipotent. 

  

Comme si, inévitablement, la question de la spiritualité africaine est de celles-là dont l'esquive coûterait son avenir même du Monde Noir. 

Et si c'était le cas ? 

La question ne serait alors pas nouvelle. Et ce n'est pas parce qu'elle porte son âge qu'il nous paraîtra aisé d'expliquer clairement l'état critique dans lequel se trouve la spiritualité noire aujourd'hui. 

En son temps, et dans son ouvrage intitulé « Les âmes du peuple noir », le Docteur William Edward Burghardt Du Bois observait déjà, dans un contexte étasunien, que le fait de considérer le Noir comme un animal religieux a permis aux maîtres esclavagistes de mêler le religieux au spirituel et de faire prospérer chez les esclaves un christianisme capable à la fois d'exprimer leur morale et leur vie intérieur.  

« L'Africain déplacé vit dans un monde animé de dieux et de démons, d'elfes et de sorcières. L'esclavage pour lui représenta le triomphe des puissances ténébreuses », et ses révoltes, son désir de vengeance vont en conséquence se nourrir de tout ce qu'il semble ne pas avoir laissé derrière lui dans le tumulte des océans : exorcisme, sorcellerie, cultes ancestraux les plus récents, Obi, Orisha, Jengu ; mieux qu'un chapelet de cultes, et dans un contexte plus large, l'Africain parvient à adapter la Religion du maître à un spiritualisme d'essence purement ancestral, comme la Santeria à Cuba.   

  En attendant le jour où, [Cahier d'un Retour au Pays Natal]« au bout du matin, comme un crépitement de friture d&#039;abord, puis comme un tison que l&#039;on plonge dans l&#039;eau avec la fumée des brindilles qui s&#039;envole », les chaînes seront brisées, les gorges déployées au chant de la liberté, l'espoir rené des souvenirs génétiques d'une terre lointaine où veillent les âmes des ancêtres et où sous peu ils verront le vent de l'amour porter les parfums de semences des dieux vieux de milliers d'années. 

 Et puis, après une très longue nuit, « au bout du petit matin », l'espoir se concrétisa : la liberté vint. Mais la liberté retrouvée pour ces « enfants-marchandises » ne signifiait nullement un retour aux sources ancestrales, une renaissance immédiate avec pour but de s'enraciner de nouveau dans le socle des valeurs qui leur étaient propres, pour la simple raison que le temps avait passé et qu'une remodélation du panthéon ancestral rendait l'exercice complexe. 

  

Il a fallu attendre les années 1920, la deuxième guerre occidentale (39-45), et plus tard sa fin, pour que les échanges entre américains noirs enfin autorisés à sortir de leurs ghettos, entre africains, antillais et africains-américains, sur les champs de batailles, rendent possible l'émergence des mouvements tels la Negro Renaissance, la Négritude, la Tigritude, tous ancêtres émérites de l'afrocentricité, l'afroréalisme, l'afrocentrisme, etc. 

  

Du constat du Dr Du Bois relevant notre vulnérabilité due à la nature de notre rapport au spirituel, au mystérieux, au divin, il en découle un autre plus récent encore : la terre où les dieux apparurent pour la toute première fois dans l'histoire de l'humanité, et où d'Imhotep à Akhenaton l'homme s'est expliqué l'univers, l'a interprété, est aujourd'hui une terre de désolation et de déshérence, où l'obscurantisme spirituel le dispute à une misère morale et matérielle d'une violence inouïe. 

 Y règnent : la haine, le désespoir et le doute. 

Pour autant, lorsque Aimé Césaire, traite les Antillais en 1947 d'« anetons de l&#039;espérance et punaise de moinillon »[Cahier d'un retour au pays natal], termes rappelant des insectes et qui renvoient à leur confiance naïve ou paresseuse face aux fausses promesses des hommes politiques, et peut-être des autorités religieuses. En les accusant de porter malheur à leur peuple, en les traitant de mauvais grigris, de lépreux aux chairs en décomposition qui acceptent le mensonge et ne protestent pas lorsque la vérité est bâillonnée, le poète amorce une dénonciation des plaies qui minent non seulement les Antilles, mais également l'Afrique, cette Afrique mère qui se bataille déjà pour son indépendance. 

  

Césaire permet de dresser un pont entre le contexte insulaire et caribéen qui est le sien et les premiers mouvements de libération des peuples d'Afrique. Il veut tant rendre l'espoir à ses compatriotes aliénés par une colonisation qui les prive de tout avenir en les coupant de leur passé, que son cri de révolte est entendu jusqu'en Afrique. Quelques biographes, certainement de bonnes intentions, créditent ce cri d'avoir eu un écho enrichi dans les tempes de quelques bonnes âmes africaines, telles Senghor. 

Il semble bien que cela reste à prouver au-delà des textes du Président Poète, où, s'il apparaît le moindre conflit soucieux de changer les choses en Afrique coloniale, il s'agit plus du conflit du poète président opposé à lui-même au sein de sa parole poétique et son action politique. 

  

Comme Césaire, Senghor veut la célébration d&#039;une Afrique primordiale et harmonieuse. Mais contrairement au premier, Senghor préfère cette Afrique primordiale où le roi est poète et le poète roi. Le beau langage le supplantant à l'action. L'élitisme à la cuvée sociale, la forme au fond, ne l'oublions pas, il s'agit d'une Afrique où « le roi est poète et le poète roi ». Il est pour lui question d'une négritude de la sympathie, et de participation sensible au cosmos. 

  

D'évidence, cela paraît étrange qu'au moment où les Noirs du monde entier, caribéens et négroaméricains, se tournent vers l'Afrique Mère pour y puiser le supplément d'âme qui leur servent de glaive contre l'oppression et de bouclier contre l'adversité, l'Afrique elle-même reste dans une attitude d'apathie spirituelle chronique. Elle semble avoir cessé de s'écouter. 

  

En ces années là comme de nos jours, grande est la publicité (au sens de l'effort de vulgarisation) faite aux apparats des us et coutumes corrupteurs des chapelles de pensées qui aiment l'Afrique sans les Africains. 

  

L'Afrique officielle, dite désormais cartésienne, rationnelle, se lève Jésus, déjeune Bouddha, goutte Allah, s'endort anti-Afrique, 

Consciente que l'amalgame est séculaire entre le religieux et le spirituel, et que l'un dans l'autre personne dans cette nouvelle Afrique n'est apte à tout sacrifier pour démêler la vraie graine de l'ivraie. 

  

Que le discours dominant soit pour l'heure à la mondialisation, comme jadis l'on parla de bonne gouvernance, et avant de démocratisation, du nouvel ordre mondial, de pluralisme politique etc, ne résonne que pour ceux qui attendent que les clés du bien-être demeurent celles qu'offre le diktat de l'ordre marchant du présent siècle. 

  

Qui est assez futé pour comprendre que ces notions plus ou moins humaines, mais davantage inhumaines en leur application aveugle et sans contexte, ne sont rien d'autres que de cruels gadgets de distraction à la solde des tribunes et des médias ? 

  

Que l'essentiel est ailleurs ? A-t-on osé simplement définir l'ailleurs en question ? Et c'est là que notre réflexion sur la spiritualité africaine, ou si vous voulez sur la Nécessité d'une Renaissance spirituelle africaine, se voudrait pratique. 

  

Toute société humaine se fabrique des instruments de compréhension du monde, de l'univers. De la justesse de ces instruments dépend la bonne lecture et la compréhension de cette lecture suppose qu'on maîtrise le langage utilisé. 

  

Si la question qui nous est posée prétend être de celles dont l'esquive coûterait son avenir à l'Afrique, donc qu'elle intègre tous les paramètres de l'Afrique d'aujourd'hui, qu'elle se pose parce qu'elle souhaite une Afrique et des Africains prospères et équilibrés comme aux temps de Kemet et de nos glorieux ancêtres, 

  

alors posons-nous cette nouvelle question : dans quel monde vivons-nous ? Nous sommes-nous donnés des instruments pour le lire ? Pouvons-nous le lire ? Donc, savons-nous le langage qui est parlé ? Par qui ? Pour qui ? À quelle fréquence ? Pour quelles conséquences ? 

  

Ceci nous ramène pratiquement à la méthode proposée par Frantz Fanon : « Chaque génération doit trouver sa mission, la remplir ou la trahir ». 

  

Nous avons vu que Du Bois s'est posé des questions liées à son temps et au contexte étasunien. Quel est nôtre temps ? Quel est son contexte et pour qui nous interrogeons-nous ? 

  

Est-ce pour la diaspora ou pour ceux des nôtres qui sont sur le continent ? 

Est-ce pour une image commune à l'Afrique comme celle de la Première Cause dont parle Molefi Kete Asante, évoquant la création du monde telle que se l'expliquaient nos ancêtres négroégyptiens? 

  

La fréquence des débats en cours sur la Renaissance spirituelle africaine supposerait-elle que notre génération a découvert sa mission et qu'elle voudrait la mener à bien ? 

  

Notre mission se résume-t-elle à la seule volonté de maîtriser ce que Doumbi Fakoly appelle « les mystères négro-africains anciens » ? 

  

Si nous nous interrogeons pour nous qui sommes loin des nôtres, prenons garde de nous poser les bonnes questions. Qu'entendons-nous par spiritualité africaine ? 

  

Lorsqu'on y aura répondu, quel en serait le but ? Serait-ce une spiritualité spéculative ou une spiritualité opérationnelle. Autrement dit : recherchons-nous des réponses de bien-être intérieur, une relation entre soi et soi-même, autrement dit ésotérique, que seule peut nous procurer cette « Renaissance spirituelle » répondant aux codes et rites ancestraux les plus établis ? 

Ou voudrions-nous y trouver des réponses prêtes, vivantes depuis des temps immémoriaux, et qui nous indiquent l'écorce à mâchonner ou l'onguent à porter pour avoir le titre de séjour ? L'emploi ? Battant Jésus sur son terrain, renvoyant Allah en Arabie, Bouddha dans l'Himalaya ?     

  

Si nous nous interrogeons plutôt pour ceux des nôtres restés sur la terre mère, ont-ils exprimé ce besoin, ou le sentons-nous d'ici par quelque intuition d'un ordre… justement immatériel ? 

  

Qu'est-ce qui nous fait croire que notre Renaissance spirituelle tant courtisée n'est pas ce qui se vit dans l'Afrique non urbanisée et dont les églises et mosquées sont vides ? 

  

Qu'elle est ce qui se vit dans cette partie de l'Afrique où la parole de l'homme est encore l'homme ? 

  

Là encore il faut nous poser les bonnes questions. De quelle Afrique il s'agit : la citadine ou la rurale ? 

La moderne ou la traditionnelle ? 

Celle dont nous portons le métissage ou celle qui nous a définitivement échappée mais qui reste vivante là-bas ? 

  

Y a-t-il urgence ? Pourquoi ? 

  

Dans ce cas, où puiser les éléments vrais de cette Renaissance ? 

  

Seront-elles adaptées au contexte d'aujourd'hui ? Sinon comment procéder ? 

  

Autant de questions qui, rassemblées, nous impose une certaine humilité. Humilité face au sujet évoquée, car la spiritualité africaine, à mon sens, ne peut être mieux saisie que si l'on y greffe le fil nous ramenant à la culture Vérité-Justice, la Maât. Seule la Maât contient suffisamment d'éléments du neter (le divin) pour que l'homme dans son quotidien soit bon envers lui-même et envers son prochain. La Maât se désarticule comme la philosophie de l'homme en tant que prolongement du divin, il est le souffle vivant et vivifiant dans sa matérialité agissante, par la Maât le cœur l'homme est préparé pour entreprendre une relation saine avec lui-même (ésotérisme) et avec le divin (la religion). 

  

L'ésotérisme étant de l'ordre spirituel, il permet un travail sur soi en vue d'un équilibre entre soi et soi-même, entre soi et autrui, par-delà, entre soi et l'univers. Un retour sur ces valeurs est faisable si chacun fait don de sa personne pour la qualité des rapports entre les hommes. La Maât est un humanisme. 

  

La religion, est, de par son étymologie, le lien entre soi et les autres et le divin ; il est de l'ordre commun de lui reconnaître une fonction sociale de régulateur des us et coutumes au point que, par extrapolation, on peut lui attribuer d'être située en amont des civilisations. On retiendra donc que la religion crée la culture, et la culture engendre la civilisation. L'esprit se met en marge, ou bien y opère de manière transversale pour orienter chacun de ces éléments vers le haut ou vers le bas. 

  

Un mauvais esprit influence négativement une religion, une culture, une civilisation. Il en est de même pour l'esprit brillant, en tant qu'individu. La civilisation se mesure donc à l'aune de sa valeur spirituelle (souffle de positivité). 

  

Pour ce qui est du rapport entre spiritualité en elle-même et religion, la religion matérialise la spiritualité qu'elle organise en terme de rites et d'administration. La religion chrétienne rend vivante la doctrine supposée être celle du Christ : le christianisme. Il en est de même de l'Islam, du judaïsme, etc. La spiritualité chrétienne n'est rien d'autre, dans ce cas, que la doctrine elle-même en tant que concept, idée, philosophie. 

  

En conclusion, 

La réflexion sur la nécessité d'une Renaissance spirituelle africaine nous impose d'identifier le réel besoin, la nature du besoin, et le but de ce besoin, son applicabilité. 

Il nous restera que toutes les sociétés qui se sont construites, toutes les civilisations qui se sont faites ont d'abord et avant tout réalisé une unité spirituelle (une idée précise de leur lecture du monde) sur laquelle s'est greffée une religion qui a enfin créé une civilisation. 

  

La question morale de la valeur de ces civilisations est un autre débat, comme il peut convenir aujourd'hui de se poser la question, que d'ailleurs je soupçonne en toile de fond de notre sujet, de la valeur morale de la civilisation occidentale. 

  

Je vous remercie. 

  

Mouelle II 

Paris, le 07/05/06  



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   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/72581</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Fri, 12 May 2006 01:33:49 +0200</pubDate>
  </item><item>
   <title>Le Pharaon Inattendu : Une gifle aux égyptologues et aux révisionnistes de l’histoire africaine ?</title>
   <description><![CDATA[ Thierry Mouelle II interview&eacute; par&nbsp;le site www.cameroon-info.net (Texte int&eacute;gral)

&nbsp;

On croyait que tout avait &eacute;t&eacute; dit ou presque sur la colonisation. La n&eacute;o colonisation. L'esclavage. Le mal humain. Que non ! Nous dit Thierry Mouelle II, dans un roman qui propose l'avenir du monde sous le prisme de l'Egypte ancienne... Qu'est-ce qui fait l'actualit&eacute; d'une telle approche aujourd'hui? Entretien &agrave; b&acirc;tons rompus avec un &eacute;crivain d&eacute;routant. Et presque&hellip;visionnaire... Cameroon-Info.Net: Qui se cache derri&egrave;re l'auteur du roman "Le Pharaon Inattendu "? Thierry Mouelle II : Je suis Thierry Mouelle II. J'ai d'abord &eacute;t&eacute; journaliste pendant plusieurs ann&eacute;es. R&eacute;dacteur en chef, directeur de publication. J'ai &eacute;galement &eacute;t&eacute; conseiller en communication strat&eacute;gique des institutions et hommes politiques. Je suis retourn&eacute; &agrave; l'universit&eacute; pour me familiariser avec l'&eacute;volution des sciences et techniques de la communication, et suis devenu expert en impl&eacute;mentation des projets et entreprises sp&eacute;cialis&eacute;es en nouvelles technologies de l'information et de la communication. Mais, mobile et pluridisciplinaire, je suis aujourd'hui analyste&nbsp;de cr&eacute;dits&nbsp;dans un groupe assurbancaire fran&ccedil;ais&hellip; Cameroon-Info.Net : Comment expliquez-vous que votre roman qui n'est paru que le 24 d&eacute;cembre 2004 ait d&eacute;j&agrave; fait la une des &eacute;missions des mastodontes tel que Consty Eka ou Manu Dibango ? T. M. II : Le Pharaon Inattendu a naturellement int&eacute;ress&eacute; tous ceux qui estiment qu'il y avait un vide &agrave; combler. Il faut dire que c'est la premi&egrave;re fois &agrave; ma connaissance qu'un&nbsp;romancier n&eacute;gro-africain francophone explore le monde de l'&eacute;gyptologie pour le rendre accessible au plus grand nombre. Notamment ceux qui n'avaient pas acc&egrave;s &agrave; la d&eacute;codification des travaux de Cheikh Anta DIOP et de Th&eacute;ophile Obenga sur la n&eacute;grit&eacute; de l'Egypte pharaonique (Kemet). Cameroon-Info.Net: Pourquoi au lieu d'&ecirc;tre ludique votre roman a t-il plut&ocirc;t des accents militants ?T.M.II : Je ne suis pas s&ucirc;r d'y voir le moindre accent militant, &ccedil;a supposerait que je brandis des revendications. Il s'agit pour moi de plonger dans les racines historiques de l'Afrique pour consolider les diff&eacute;rents liens subtils qui nous maintiennent debout. "Le Pharaon Inattendu" voudrait dans ce sens restituer la v&eacute;rit&eacute; &agrave; son endroit. Cameroon-Info.Net : Pourquoi un africain s'int&eacute;resserait-il &agrave; l'&Eacute;gypte ancienne plut&ocirc;t qu'aux royaumes Sokoto, &agrave; l'empire Sonrha&iuml; ou Mandingue ? Est-ce la vague de l'Egypto-mania qui s&eacute;vit aujourd'hui en Occident? T.M.II : Il faut savoir que les royaumes et empires que vous citez sont historiquement les restes de quelques nomes de&nbsp;l'Egypte ancienne. L'histoire de l'Afrique est une et indivisible, unie autour du foyer civilisationnel qu'a &eacute;t&eacute; la Vall&eacute;e du Nil. Je pense qu'il aurait &eacute;t&eacute; r&eacute;ducteur de m'attaquer &agrave; 1300 ans en notre &egrave;re, au lieu de remonter plus loin, afin justement de retrouver les racines, les fondements m&ecirc;me de ces royaumes. Car je le redis, ils ne sont que la r&eacute;surgence de ce que fut la grandeur de l'Egypte pharaonique ! Donc, de l'Egypte et par ordre d'importance, je n'ai retenu que la cosmogonie, parce qu'elle me permettait de construire mon intrigue en y apportant la substance spirituelle dont j'avais besoin : comment les anciens &eacute;gyptiens voyaient-ils le monde ? Comment sentaient-ils la vie ? La mort ? Comment nous fixons-nous par rapport &agrave; eux nos anc&ecirc;tres? Qu'est-ce que la sagesse ? L'intelligence ? Qu'est-ce que l'Homme ? En second lieu, il fallait mettre ces interrogations entre les l&egrave;vres appropri&eacute;es&hellip; sc&eacute;nariser.Cameroon-Info.Net : Les plus &eacute;minents savants n&eacute;gro-africains ne sont pas lus par leurs descendants, Comment un roman pourrait-il faire basculer 600 ans d'ali&eacute;nation ? T.M.II : En r&eacute;alit&eacute; il s'agit de plus de 600 ans puisque le d&eacute;clin de l'Afrique a commenc&eacute; au moment o&ugrave; les hyks&ocirc;s, venus d'outre m&eacute;diterran&eacute;e, se sont empar&eacute;s de l'Egypte. Je suppose que les 600 ans dont vous parlez nous renvoient &agrave; l'esclavage si c'est le but de votre question. Or le d&eacute;clin de l'Afrique, (apr&egrave;s que le Pharaon I&acirc;hm&egrave;s (XVIII &egrave;me dynastie selon Man&eacute;thon), plus connu sous son appelation gr&eacute;cis&eacute;e d'Ahm&ocirc;sis, a chass&eacute; les Hyksos et refait l'unit&eacute; de&nbsp;Kemet (Egypte ancienne)),&nbsp;&nbsp;s'amplifie fortement en perte morale et civilisationnelle&nbsp;avec la dynastie des Ptol&eacute;m&eacute;es qui s'installe en Egypte apr&egrave;s la conqu&ecirc;te d'Alexandre le Grand en -333. Le mal de l'Afrique a donc commenc&eacute; beaucoup plus t&ocirc;t. Mais il faut comprendre que c'est tout &agrave; fait normal qu'une civilisation qui a atteint son apog&eacute;e soit oblig&eacute;e de d&eacute;cro&icirc;tre. Je ne pense donc pas que les travaux effectu&eacute;s par les savants africains (Cheikh Anta Diop, Th&eacute;ophile Obenga, Dou Kaya, Mubabinge Bilolo, Aboubacry Moussa Lam, Edouard Din etc&hellip;) sur les diff&eacute;rents relais entre l'Egypte antique et l'Afrique actuelle aient &eacute;t&eacute; occult&eacute;s de leur propre chef. Ce serait absurde ! Ce ne serait pas exag&eacute;r&eacute; de ma part que d'affirmer ici que l'invisibilit&eacute; de ces travaux est la r&eacute;sultante d'un &laquo; complot de civilisation &raquo; amplement m&eacute;diatis&eacute; par le discours dominant de l'heure et qui consiste &agrave; ne surtout pas attribuer aux Noirs la paternit&eacute; d'une civilisation identifi&eacute;e comme la m&egrave;re de toutes. Au-del&agrave;, il s'agit de transformer en comp&eacute;tion de l'ant&eacute;riorit&eacute; la civilisation &eacute;gyptienne et les civilisation n&eacute;es de leur proximit&eacute; avec celle-ci autour de la M&eacute;diterran&eacute;e. Cette attitude peu scientifique&nbsp;participe d'une logique d'&eacute;miettement de la pens&eacute;e africaine, et d'infantilisation permanente de l'homme Noir. Cette logique, &eacute;galement servie par le racisme et l'eurocentrisme, ne peut &ecirc;tre que d&eacute;cri&eacute;e, combattue, et ridiculis&eacute;e par des faits scientifiques. Cheikh Anta Diop l'a fait.&nbsp;Il n'est donc plus besoin de d&eacute;montrer que les fondements civilisationnels et surtout cosmogoniques de l'Egypte antique &eacute;taient n&egrave;gres. Il faut plut&ocirc;t chercher &agrave; comprendre pourquoi les insultes, des all&eacute;gations, des diffamations, de ceux qui applaudissent une Afrique &eacute;ternellement servile, soumise, b&acirc;tarde, ont remplac&eacute; la science qu'utilisaient les hommes comme Socrate, Pythagore, Diodore de Sicile, qui tous, ont lou&eacute; le g&eacute;nie n&egrave;gre &agrave; travers l'immensit&eacute; panhistorique de la civilisation des Pharaons. J'affirme qu'avant la conqu&ecirc;te des Hyksos, il n'y avait pas de souverain &agrave; Kemet qui ne f&ucirc;t Noir. Et les Hyksos envahissent l'Egypte au XVIII si&egrave;cle avant notre &egrave;re. Les fondements et la grandeur du pays &eacute;taient d&eacute;j&agrave; l&agrave; depuis Imhotep, et les p&egrave;res b&acirc;tisseurs des pyramides! dont celles (au nombre de trois) de Gizeh &eacute;lev&eacute;es par Khoufou (IV&egrave; dynastie, selon Man&eacute;thon comme les deux suivants) plus connu sous sa renommination grecque de Ch&eacute;ops; Menkaour&ecirc; (appel&eacute; Mykerinos par les grecs) et Ka-en-R&ecirc; (le dieu R&acirc; incarn&eacute;), que certains appellent Khaefr&ecirc; ou Khephren en langue grecque. Cette transformation de la v&eacute;rit&eacute;, par l'alt&eacute;ration des noms pour leur donner non pas des correspondances mais plut&ocirc;t une nouvelle s&eacute;mantique coup&eacute;e de toute relation avec l'&eacute;nergie que porte chaque nom de ces anciens africains, &nbsp;pose les fondements du flou qui est volontairement&nbsp;entretenu&nbsp;autour de&nbsp;la culture et de l'origine des Pharaons concepteurs de la civilisation Kem&eacute;tique appel&eacute;e Egypte de nos jours. C'est pour cette raison que&nbsp;ce tr&eacute;sor de l'histoire de mon peuple&nbsp;est devenu un g&acirc;teau de miel que tout le monde vient grappiller sans aucune crainte du ridicule. En t&eacute;moigne cet ouvrage de Messod et Roger Sabbah intitul&eacute; &laquo; Les secrets de l'exode. L'origine &eacute;gyptienne des h&eacute;breux &raquo;. Un livre qui aurait fait un tr&egrave;s beau roman, mais que les auteurs ont choisi de pr&eacute;senter comme le r&eacute;sultat d'un travail de recherches historiques&nbsp;! Recherches bas&eacute;es sur la Bible, un livre de foi, donc dogmatique,&nbsp;subitement devenu un document scientifique&hellip; Or tout le monde s'accorde &agrave; dire que dogme et science s'opposent comme le nord et le sud. Ce qui est vrai pour un dogme ressort de l'adh&eacute;sion des individus par la foi; ce qui est scientifiqueest le fruit d'une d&eacute;monstration qu'un&nbsp;ph&eacute;nom&egrave;ne peut se r&eacute;p&eacute;ter autant de fois de la m&ecirc;me mani&egrave;re une fois mise en condition ou contexte identique(s). C'est le domaine de l'exp&eacute;rience. De l'observation. Aucun&nbsp;rep&egrave;re de la Bible &agrave; ce jour n'ayant &eacute;t&eacute; prouv&eacute; de fa&ccedil;on indubitable ( dates et lieux des &eacute;v&eacute;nements, v&eacute;racit&eacute;s des &eacute;v&eacute;nements par rapport &agrave; l'Histoire, le profil des personnages, leur identit&eacute;,&nbsp;etc,) il devient hasardeux de la prendre pour base pour &eacute;tayer une argumentation. Cela s'appelle de l'id&eacute;ologie. Or, les gravures et les noms des personnages de l'Histoire de Kemet sont suffisamment r&eacute;els et prolixes pour que leur &eacute;tude rende des faits rigoureusement scientifiques, si tout le monde s'accorde &agrave; rendre r&eacute;ellement public ce que disent les objets "d&eacute;couverts" ou exhum&eacute;s y compris les momies. Vous remarquerez la vaste publicit&eacute; qui est souvent faite &agrave; la "d&eacute;couverte" d'une &eacute;ni&egrave;me momie en route pour l'expertise en laboratoire. Puis, plus rien. La r&eacute;alit&eacute; c'est que tr&egrave;s souvent, la momie a parl&eacute;. Trop de m&eacute;lanine en elle. Or qui dit taux &eacute;lev&eacute; de m&eacute;lanine dit Noir. Alors silence. Sauf &eacute;videmment quand on peut se permettre de forcer un peu la dose de mauvaise fois. On vous pr&eacute;sente alors Ramessou, plus connu sous le nom de Rams&egrave;s II, comme un homme blond. La preuve, dit-on alors: ses cheveux. Une triste plaisanterie. Savez-vous &agrave; quel &acirc;ge ce v&eacute;n&eacute;rable est d&eacute;c&eacute;d&eacute;? Il &eacute;tait largement nonag&eacute;naire. Quelle est la couleur des cheveux d'un vieux de quatre-vingt-dix ans? Les miens &agrave; moins de quarante sont d&eacute;j&agrave; abondamment blancs... Pourtant les anciens &eacute;gyptiens (les Kemmiou, comme ils se nommaient eux-m&ecirc;mes) ont peint leur propres images sur la pierre. Ils ont dit &agrave; l'humanit&eacute; enti&egrave;re &agrave; quoi ils ressemblaient, &agrave; quoi ressemblaient les autres peuples. Ils disaient &ecirc;tre une ancienne tribu de l'Ethiopie antique: la Nubie, le&nbsp;Soudan, Kouch.&nbsp;( &eacute;thiopia= visage br&ucirc;l&eacute; en grec). Ils se sont peints Noirs. Comme les Nubiens etc. L'humanit&eacute; est une vaste &eacute;tendue historique o&ugrave; chaque peuple a apport&eacute; &agrave; un moment ou &agrave; un autre ce qu'il avait &agrave; offrir, &agrave; partager. Il est vain de le nier. C'est appauvrir l'Histoire que de vouloir lui donner un visage unique au miroir des destin&eacute;es collectives. C'est appauvrir l'Humanit&eacute; que de vouloir nier sa riche diversit&eacute;.

Vous me permettrez d'ouvrir une courte parenth&egrave;se sur le mot cens&eacute; repr&eacute;senter un peuple : Hyksos. En r&eacute;alit&eacute;, comme beaucoup de noms et de mots K&eacute;m&eacute;tiques, hyksos est une r&eacute;adaptation grecque de deux termes k&eacute;m&eacute;tiques : Hekaou (H&eacute;kaw) Khasout qui signifient "les &eacute;trangers". C'est pour cela que les traces de ces Hyksos n'ont jamais pu &ecirc;tre retrouv&eacute;es de nos jours. Car il s'agissait d'une horde de barbares sans&nbsp;aucune unit&eacute; identitaire ou culturelle. Ils&nbsp;s'&eacute;taient f&eacute;d&eacute;r&eacute;s autour d'une volont&eacute; d'envahir les cit&eacute;s les plus prosp&egrave;res de l'antiquit&eacute; et d'y faire fortune. C'est ce qui leur permettra d'occuper le Delta&nbsp;de Kemet pendant plusieurs d&eacute;cennies. Leur cruaut&eacute; permettra de maintenir les nationaux &agrave; bonne distance et de jouir de leur bien &agrave; foison. Seul le Pera&acirc; (Pharaon) I&acirc;hm&egrave;s arrivera&nbsp;&agrave; les bouter dehors et&nbsp;&agrave; refaire ainsi l'unit&eacute; du pays.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cameroon-Info.Net : Quelle est la probl&eacute;matique soulev&eacute;e par Le Pharaon Inattendu, quelle est son importance pour l'Afrique d'aujourd'hui et de demain? T.M.II : La fondamentale au niveau de la pens&eacute;e qui conduit ce roman est &eacute;videmment l'Egypte antique sous le prisme n&eacute;gro africain. La probl&eacute;matique pos&eacute;e est celle de tout homme domin&eacute; d'une fa&ccedil;on ou d'une autre et dont le mental a &eacute;t&eacute; codifi&eacute; pour qu'il reste &eacute;ternellement lecteur de sa propre vie et de sa propre histoire selon le paradigme d'autrui. Shona, l'h&eacute;ro&iuml;ne, se demande si l'enfant qu'elle va mettre au monde aura les m&ecirc;mes soucis. En tant que m&egrave;re, donc transmetteuse de la culture au sens le plus large, elle se pose ces questions en supposant que l'enfant se les posera. Le probl&egrave;me c'est que cet enfant n'est pas comme les autres. S'il vient imbu d'une sagesse plusieurs fois mill&eacute;naire, il sera quand m&ecirc;me oblig&eacute; d'apprendre les travers, les cruaut&eacute;s et crimes de l'homme, pour mieux envisager les r&eacute;ponses &agrave; donner &agrave; ceux qui l'envoient. Autrement dit, Le Pharaon Inattendu, au-del&agrave; d'un miroir int&eacute;rieur sur le pr&eacute;sent, sur le monde moderne, se veut le lien par lequel le pr&eacute;sent tient ses solutions des sagesses du pass&eacute;. Le pass&eacute; africain enseigne la paix, l'amour, la sacralisation de l'individu, car l'homme est un prolongement du divin. Les wolofs le disent : si on ne sait pas o&ugrave; l'on va, rentrons d'o&ugrave; l'on vient. Le plus difficile a &eacute;t&eacute; de savoir qu'on vient d'Egypte. J'ai donc d&ucirc; faire une &eacute;tude compar&eacute;e entre l'h&eacute;ritage de nos anc&ecirc;tres occult&eacute; depuis des milliers d'ann&eacute;es, et la violence qui s&eacute;vit dans le monde. Est-ce cette violence que nous allons l&eacute;guer &agrave; nos enfants ? J'ai l'outrecuidance de penser que non : il faut leur l&eacute;guer la Ma&acirc;t, la culture de la Justice-V&eacute;rit&eacute;. Cameroon-Info.Net : &Agrave; l'heure o&ugrave; l'africain semble se complaire dans&nbsp;un afro-pessimisme &agrave; l'horizon fatalement obscur, vos h&eacute;ros vivent &agrave; Cuba mais vouent un culte sacr&eacute; &agrave; Kemet, la S&egrave;ve terre (Afrique). Comment en arrive t-on &agrave; v&eacute;n&eacute;rer obstin&eacute;ment une terre de mis&egrave;re? T.M.II : La plus Grande des mis&egrave;res qui puisse exister est d'abord une mis&egrave;re spirituelle. Dans ce cas je vous accorde qu'&agrave; Kemet, l'Afrique, nous sommes effectivement dans une grande mis&egrave;re spirituelle. Ce qu'il faut savoir, c'est que quel que soit le domaine de d&eacute;veloppement de l'homme, il ne peut y arriver que s'il sait ce qu'il est, ce qu'il veut, comment il le veut, pourquoi il le veut, o&ugrave; il va, et surtout sur quel terreau il table sa d&eacute;marche, car alors il sait ce qu'il a &eacute;t&eacute;. Or l'africain est aujourd'hui un hybride qui a &eacute;pous&eacute; toutes les id&eacute;ologies et th&eacute;ologies du monde, sauf celles qui devaient l'emmener &agrave; ne faire qu'Un avec ses anc&ecirc;tres. C'est l&agrave; que r&eacute;side le mal. Si l'on n'arrive pas &agrave; faire une connexion entre le mental, le spirituel et l'avenir, l'Afrique se trompe compl&egrave;tement ! Ce roman, en soulevant le probl&egrave;me de la culture que nous devons donner &agrave; l'enfant qui na&icirc;t, nous ram&egrave;ne au choix &agrave; faire : violences, bruits et mensonges, servilit&eacute; de l'homme au diktat de l'ordre marchand ou revalorisation de la personne et de l'&acirc;me humaine ? Le Pharaon Inattendu est un roman &eacute;minemment spirituel, parce qu'il repose la question du silence. La v&eacute;n&eacute;ration de Kemet n'est donc pas contre-productive, elle est une projection optimiste sur le devenir d'un monde aux richesses humaines, spirituelles et mat&eacute;rielles in&eacute;galables, mais que le contexte actuel rend totalement inapte &agrave; imaginer sereinement le futur. C'est cette s&eacute;r&eacute;nit&eacute; manquante qu'on ne peut retrouver que dans le socle cosmogonique d'un monde de paix. Cameroon-Info.Net : Vous consid&eacute;rez donc la spiritualit&eacute; qui sous-tend la vie de Shona et des autres personnages comme la solution sine qua non &agrave; la psychose des Africains ? T.M.II : A mon avis, la psychose des africains est d'abord une d&eacute;testation de soi. Plusieurs africains ont une haine d'eux-m&ecirc;mes parce qu'ils sont incapables d'&ecirc;tre ce qu'ils veulent &ecirc;tre, et ils ne savent pas comment &ecirc;tre ce qu'ils doivent &ecirc;tre. Et c'est l&agrave; qu'on retrouve l'africain chr&eacute;tien catholique, protestant ou orthodoxe, musulman, ath&eacute;e, ou autre, adepte de tous les cercles de r&eacute;flexion occultes ou av&eacute;r&eacute;s, sauf les siens propres : le culte des anc&ecirc;tres. Un culte polys&eacute;mique, polyth&eacute;iste, donc d&eacute;mocratique. Et si l'africain se cherche, c'est bien parce qu'il sait qu'il n'est pas l&agrave; o&ugrave; il devrait &ecirc;tre. Il en existe m&ecirc;me qui peuvent savoir o&ugrave; &ecirc;tre, o&ugrave; aller, mais n'ont pas le courage de le vivre ouvertement et enti&egrave;rement. Le jour chez le pr&ecirc;tre et la nuit chez le tradi-praticien. Shona, l'h&eacute;ro&iuml;ne a la m&ecirc;me probl&eacute;matique: quelle &eacute;ducation donner &agrave; son enfant, autrement dit quel choix de vie ? N'oublions pas que pour l'africain, traditionnellement, l'&eacute;ducation n'est autre que l'&eacute;cole de la vie. L'enseignement que l'anc&ecirc;tre donne &agrave; l'enfant, c'est lui permettre de d&eacute;couvrir sa capacit&eacute; d'appr&eacute;hender tous les ph&eacute;nom&egrave;nes de la vie. C'est la raison pour laquelle le titre de sage peut &ecirc;tre donn&eacute; &agrave; une personne &acirc;g&eacute;e, puisque l'enseignement qu'elle a re&ccedil;u est compl&eacute;t&eacute; par sa propre exp&eacute;rience. On ne peut donc v&eacute;n&eacute;rer qu'un peuple qui place l'homme au centre de ses pr&eacute;occupations et non l'int&eacute;r&ecirc;t mat&eacute;riel qui tourne autour de cet homme. Si l'homme est Un avec lui-m&ecirc;me et les anc&ecirc;tres, il est spirituellement heureux et apte &agrave; braver le monde hostile. Il pourrait commencer &agrave; cr&eacute;er, &agrave; se projeter dans le futur. Mais s'il doute de ce qu'il est, il pourrait effectivement devenir un n&eacute;vros&eacute; qui &eacute;pouse toutes les logiques travesties qui existent &agrave; travers le monde, sans aucun rapport avec son moi et son avenir r&eacute;el. Cameroon-Info.Net: Sur l'esclavage ou la colonisation vous ferrez facilement des adeptes. Mais ne craignez-vous pas de braquer les lecteurs en abordant la question spirituelle ? T.M.II : Il est vrai que certaines parties de cet ouvrage peuvent s'assimiler &agrave; une bombe &agrave; retardement. Je suis conscient de pouvoir braquer les gens et c'est tant mieux : on ne fait pas d'omelette sans casser les &oelig;ufs&hellip; L'Afrique pour se d&eacute;velopper doit retrouver sa spiritualit&eacute; originelle, la prot&eacute;ger, donc se fermer autour d'elle. La r&eacute;volution Meiji a permis aux japonais en 1868 de se fermer au monde entier et aujourd'hui le Japon est &eacute;conomiquement la premi&egrave;re puissance mondiale. D'ailleurs lorsque l'Egypte ou Kemet se d&eacute;veloppait, elle n'&eacute;tait pas ouverte au monde. C'est apr&egrave;s qu'elle se soit d&eacute;velopp&eacute;e, et que sur le tard elle a accept&eacute; des &eacute;tudiants du monde entier (principalement originaires de Gr&egrave;ce comme Pythagore, Thal&egrave;s, Archim&egrave;de, Platon, etc&hellip;), qu'elle s'est permise de s'ouvrir, d&eacute;montrant au monde sa puissance. Ses ennemis ont donc fait des coalitions, et se sont mis &agrave; l'aff&ucirc;t de chaque moment de sa faiblesse pour l'envahir. L'Afrique doit comprendre l'avantage qu'elle a d'&ecirc;tre aujourd'hui la mamelle nourrici&egrave;re du monde, donc potentiellement la premi&egrave;re puissance du monde, avec une forte r&eacute;serve spirituelle humaniste. Il faut qu'elle se donne les moyens de se fermer &agrave; elle-m&ecirc;me pour se faire Une avec son moi profond. Autrement dit : mettre &agrave; profit toute la croyance de l'homme depuis l'Egypte ancienne jusqu'au jour aujourd'hui. Ne nous demandons pas comment cela se fera, il suffit d'int&eacute;grer que l'Afrique ancestrale existe toujours, mais qu'elle est ridiculis&eacute;e. Chaque fois qu'on dit qu'on va voir un tradi-praticien, tout le monde rie et vous prend pour un imb&eacute;cile, parce qu'il faut d&eacute;sormais aller voir le m&eacute;decin, le psy. Mais le m&eacute;decin ou le psy ne r&eacute;solvent pas tous les probl&egrave;mes ! On le sait si bien que m&ecirc;me certains responsables d'&eacute;glise passent leur temps chez les tradi-praticiens. Conscients que les solutions de l'Homme Africain ne se trouveront jamais dans les chapelles de pens&eacute;e des autres. D'ailleurs pour se d&eacute;velopper beaucoup ont d&ucirc; r&eacute;cup&eacute;rer tout ce qu'il y avait d'essentiel dans l'Egypte mystique pour cr&eacute;er nombre de soci&eacute;t&eacute;s secr&egrave;tes ! Ce sont ces ordres mystiques qui dirigent le monde d'aujourd'hui. Donc c'est le clos, la pens&eacute;e occulte qui cr&eacute;e des conditions de civilisation. C'est elle qui cr&eacute;e des civilisations. Cameroon-Info.Net : Vous semblez justement exalter le r&ocirc;le de la franc-ma&ccedil;onnerie dans l'&eacute;mancipation des Noirs. Mais cet ordre aujourd'hui sublim&eacute; par les africains n'est-il pas l'un des piliers du syst&egrave;me colonial que vous fustigez ? T.M.II : Je ne suis pas tr&egrave;s s&ucirc;r d'avoir d'exalt&eacute; le r&ocirc;le de la Franc-ma&ccedil;onnerie dans "Le Pharaon Inattendu". Si le mot &laquo; &eacute;mancipation &raquo; renvoie &agrave; ce que je sais, l'Africain n'avait nul besoin de s'&eacute;manciper : il avait d&eacute;j&agrave; mis sur pied l'une des plus grandes civilisations de l'humanit&eacute;. Sinon, la plus grande. En r&eacute;alit&eacute;, l'&eacute;mancipation dont il est question concerne plut&ocirc;t l'acc&egrave;s du Noir &agrave; la culture occidentale. La franc-ma&ccedil;onnerie est pr&eacute;sente dans ce roman uniquement parce qu'elle a, &agrave; sa base, le principe d'humanisme et d'universalit&eacute; positive qui sont les m&ecirc;mes que ceux de la Ma&acirc;t, la V&eacute;rit&eacute; &ndash; Justice. Et puis, il faut pr&eacute;ciser que ce n'est pas moi qui &eacute;voque la question, mais des personnages qui s'interrogent sur son r&ocirc;le dans la r&eacute;bellion des esclaves. Il est clair que la Franc-ma&ccedil;onnerie a jou&eacute; un grand r&ocirc;le dans l'Histoire, notamment en Angleterre et en France pendant le si&egrave;cle des Lumi&egrave;res. Influen&ccedil;ant la R&eacute;volution fran&ccedil;aise de 1789, et la D&eacute;claration Universelle des Droits de l'Homme. C'est donc un rappel moral qui consiste &agrave; poser les hommes d'influence (les Francs-ma&ccedil;ons) et le r&eacute;sultat de leurs &oelig;uvres sur la balance de la v&eacute;rit&eacute; &agrave; dire et de se demander si les Lumi&egrave;res qui en ont d&eacute;coul&eacute; et aujourd'hui tant encens&eacute;es m&eacute;ritaient le qualificatif d' &laquo; universelles &raquo;. Autrement dit : ces Lumi&egrave;res &eacute;taient-elles aussi Noires ? C'est aux historiens d'y r&eacute;pondre. Cameroon-Info.Net : Votre roman est un riche voyage qui explore aussi bien le Congo de Lumumba que le Cameroun de Um Nyobe, en passant par Ha&iuml;ti de Toussaint Louverture, ou la Martinique d'Aim&eacute; C&eacute;saire. Pourquoi avoir plant&eacute; le d&eacute;cor principal &agrave; Cuba ? T.M.II : Cuba a &eacute;t&eacute; partie prenante dans la lutte pour la libert&eacute; de l'Afrique coloniale. Notamment l'Angola. Apr&egrave;s l'ind&eacute;pendance de l'Angola en 1975, les USA bondissent sur ce jeune Etat sous pr&eacute;texte qu'il s'agit l&agrave; d'un territoire d'influence sovi&eacute;tique. Cuba va aider l'Angola en proie aux canons sud-africains, pl&eacute;nipotentiaires des USA dans cette partie du continent. Quoi qu'on dise, c'est &agrave; saluer. Cuba &eacute;tait &eacute;galement pour moi un pr&eacute;texte mystique et spirituel. Sa situation g&eacute;ographique lui donne un champ d'&eacute;nergies contraires me permettant d'installer mon intrigue et faire fondre dans les eaux des influences n&eacute;gatives capables de taire le flux de l'&eacute;criture. Cuba &eacute;merge entre deux courants d'eau: l'oc&eacute;an Atlantique &agrave; l'ouest et la mer des Cara&iuml;bes &agrave; l'est. Ces deux eaux charrient des &eacute;nergies antagoniques &agrave; l'int&eacute;rieur desquelles dorment les &acirc;mes de bien de pauvres h&egrave;res. En exploitant l'histoire et le r&ocirc;le de ces eaux sans lesquels le drame de l'esclavage n'aurait pas connu l'ampleur qu'on sait, j'ai pu me rendre compte du fait que le mal n'a pas totalement &eacute;t&eacute; lav&eacute;. Aucune &eacute;tendue marine ne peut donner la paix aux &acirc;mes de tant d'Africains sans s&eacute;pultures qui errent en ces lieux ! Notons &eacute;galement la survivance dans ce territoire d'un ensemble de cultes ancestraux africains &agrave; partir desquels s'est form&eacute; un syncr&eacute;tisme original. Tous ces &eacute;l&eacute;ments &eacute;taient une richesse humaine inattendue. Je l'ai exploit&eacute;e. Cameroon-Info.Net : N'est-ce pas utopiste aujourd'hui de croire les Africains capables de se lib&eacute;rer compl&egrave;tement du joug colonial? T.M.II : A mon avis, l'utopie n'est pas une mauvaise chose. C'est m&ecirc;me peut-&ecirc;tre la solution. Nous avons &agrave; r&ecirc;ver de jours meilleurs, parce que tout esclave qui nourrit son r&ecirc;ve de libert&eacute;, m&ecirc;me par l'utopie, est d&eacute;j&agrave; un homme libre ! Cameroon-Info.Net : La qu&ecirc;te identitaire ne risque-t-elle pas de conduire l'Afrique vers un repli fatal ? T.M.II : Je ne vois pas pourquoi un repli africain serait fatal. Le monde entier ne le fait-il pas d&eacute;j&agrave; sans que cela choque davantage? Quiconque n'a pas le m&ecirc;me discours que l'Occident vu sous le prisme intol&eacute;rant de George de Bush aujourd'hui n'est-il pas dans le fameux &laquo; axe du mal &raquo; ? Pourquoi l'Afrique qui a toutes les richesses pour &ecirc;tre &agrave; l'aise chez elle, ne peut-elle pas faire ce repli sans &ecirc;tre tax&eacute;e de tous les maux possibles ? Il ne s'agit pas de d&eacute;tester qui que ce soit ! Ce qui importe c'est de se pr&eacute;f&eacute;rer. Savoir que nous allons vers ce rendez-vous du donner et du recevoir dont parlait Senghor (qui pour une fois a dit quelque chose de cens&eacute;) avec ce qu'on est, et non avec ce qu'on nous dit qu'on est. Nous irons donc &agrave; ce rendez-vous par&eacute;s de tous nos atours k&eacute;m&eacute;tico-nubiens, &eacute;gyptiens, africains. L'Africain pourra donc se dire : &laquo; Si mes anc&ecirc;tres ont &eacute;t&eacute; aussi Grands, alors je suis potentiellement un Grand&raquo;. Il s'agirait ensuite de transformer ce potentiel de fiert&eacute; en faits de civilisation. C'est la d&eacute;marche que doit avoir l'Afrique aujourd'hui. Cameroon-Info.Net : Mais dans ce cas pourquoi cette pr&eacute;sence massive du m&eacute;tissage dans votre roman, alors que vous pr&eacute;conisez le retour aux sources ancestrales ? T.M.II : Nous sommes tous des m&eacute;tis. Occidentaux ou Africains, aucune de nos identit&eacute;s actuelles n'est sauve. Mais le meilleur des m&eacute;tissages est d&eacute;j&agrave; celui qui allie deux identit&eacute;s pr&eacute;cis&eacute;ment distinctes. Cameroon-Info.Net : Pourquoi avoir choisi Rams&egrave;s II plut&ocirc;t qu'un autre Pharaon ? T.M.II : Tous ceux qui se pr&eacute;sentent comme &eacute;minents &eacute;gyptologues ou historiens sp&eacute;cialistes de l'Egypte attestent volontiers que Rams&egrave;s II &eacute;tait le Pharaon Lumi&egrave;re. Donc l'un des plus grands, sinon le plus grand. Il est de ce fait normal que la premi&egrave;re fois qu'un n&eacute;gro-africain sc&eacute;narise le pass&eacute; de ses anc&ecirc;tres &eacute;gyptiens, sans la falsification, il s'appuie sur le plus brillant! Certains, sous le prisme de l'&eacute;gyptologie ne parlent-ils pas que de la p&eacute;riode des Ptol&eacute;m&eacute;es qui ne commence qu'avec la conqu&ecirc;te d'Alexandre le Grand en -333 ? Ce qu'ils oublient de pr&eacute;ciser, c'est que, non seulement les pyramides existaient des milliers d'ann&eacute;es avant que ces Grecs ne foulent le sol Egyptien, mais que ce sont justement les Grecs qui se sont &eacute;gyptianis&eacute;s. Au lieu de restituer la v&eacute;rit&eacute; &agrave; l'Histoire, ce sont les Ptol&eacute;m&eacute;es qui sont pr&eacute;sent&eacute;s comme Les &eacute;gyptiens et le doute sem&eacute; quant &agrave; la n&eacute;grit&eacute; de ceux que les envahisseurs ont trouv&eacute; sur les lieux. Il &eacute;tait d'embl&eacute;e hors de question que je prenne un Pharaon de cette dynastie-l&agrave;. Comme Rams&egrave;s II est rest&eacute; le plus grand, le plus prestigieux, il est logique qu'il soit celui qui revient sur terre rassembler son peuple &eacute;parpill&eacute; &agrave; travers le monde, afin de le ramener spirituellement vers K&eacute;met, l'Afrique. Cameroon-Info.Net : Lorsque le Pharaon (Page 450) dit : &laquo; Pourquoi r&eacute;clamer un pass&eacute; riche alors que vous b&eacute;nissez l'horreur de vos jours de passivit&eacute; ? Sculptez vos soleils et le pass&eacute; vous sourira &raquo;, qu'est-ce que cela signifie ? T.M.II : C'est ind&eacute;niable : nos anc&ecirc;tres sont de ce territoire appel&eacute; aujourd'hui Egypte. Mais il ne faut surtout pas s'arr&ecirc;ter &agrave; ce niveau. Nos d&eacute;tracteurs nous dirons : &laquo; tr&egrave;s bien, vous &ecirc;tes les grands b&acirc;tisseurs des pyramides, vous &ecirc;tes tout ce que vous voulez, on vous l'accorde. Mais &agrave; quoi ressemblez &ndash;vous aujourd'hui ? Au Soudan qui a faim, au g&eacute;nocide du Rwanda, &agrave; l'Erythr&eacute;e qui a du mal &agrave; s'en sortir face &agrave; l'Ethiopie, le Rwanda contre le Congo d&eacute;mocratique, etc&hellip; Pourquoi tout ce d&eacute;sordre alors que d&eacute;j&agrave; vous ne repr&eacute;sentez que 2% du commerce international ? &raquo;. L'Egypte ne doit nous int&eacute;resser que si nous les Africains, sommes capables de la prendre en miroir et de faire autant, sinon plus. C'est pour cela que la question du Pharaon est capitale. Il s'agit de sculpter notre avenir, et non de vivre dans le pass&eacute; glorieux de nos anc&ecirc;tres. Parce que nos enfants demain auront &eacute;galement besoin de nous savoir les Grands de notre &eacute;poque. Tout reste donc &agrave; faire pour r&eacute;pondre &agrave; l'exigence du futur. Cameroon-Info.Net : Quelles sont les recommandations que vous donneriez &agrave; la jeunesse d'aujourd'hui? T.M.II : Il ne s'agirait pas seulement de la jeunesse, mais de chacun d'entre nous. Ce livre va travailler dans la dur&eacute;e. Il se veut important pour tous ceux qui se posent la question de leurs origines, des valeurs de leurs anc&ecirc;tres, de leur identit&eacute;. Qu'&eacute;tions-nous avant l'arriv&eacute;e du colon ? Que sommes-nous par nous-m&ecirc;mes ? Il est temps qu'on se rapproche des hi&eacute;roglyphes qui sont nos textes sacr&eacute;s. Le travail de descente de l'Amphith&eacute;&acirc;tre vers la cit&eacute; que j'ai fait en &eacute;crivant ce roman n'&agrave; d'autre but que de rendre accessible les travaux de Cheikh Anta Diop, Th&eacute;ophile Obenga, et tous les autres, qui n'ont fait que parler de leur culture. Je me demande d'ailleurs pourquoi ils ont accept&eacute; les titres d'&eacute;gyptologues, puisqu'on ne peut &ecirc;tre sp&eacute;cialiste de sa propre culture. Cameroon-Info.Net : Quelles sont vos influences litt&eacute;raires et id&eacute;ologiques ? Ont-elles pes&eacute; sur l'&eacute;criture de Le Pharaon Inattendu ? T.M.II : Je rends hommage &agrave; mon p&egrave;re. Qui m'a appris &agrave; lire entre les lignes de tout document sur lequel je tombais. R&eacute;v&eacute;rend Pasteur, il m'a enseign&eacute; la th&eacute;ologie compar&eacute;e : comment aux quatre coins du monde l'homme se pr&eacute;sente &agrave; Dieu. Il m'a appris l'amour de l'Homme et celui de l'essence des choses. Je rends &eacute;galement hommage &agrave; Aim&eacute; C&eacute;saire. C'est la lecture de son po&egrave;me &laquo; cahier d'un retour au pays natal &raquo; qui a tout d&eacute;clench&eacute;. Notamment le passage dans lequel il parle ironiquement du Noir qui n'a jamais rien invent&eacute;. Je revoyais la houe avec laquelle la terre est labour&eacute;e autour de moi, une houe qui n'est autre que le prolongement de la main et qui r&eacute;duit l'effort et indique en cel&agrave;, la marque de l'intelligence, notre intelligence. J'observais les symboles du pouvoir de l'Etat, du roi, les symboles de la puissance mystique, les magnifiques sculptures de la famille royale &agrave; laquelle j'appartiens, et me demandais comment il &eacute;tait possible qu'on me dise que le Noir n'a rien invent&eacute;. Si l'invention n'est pas la simplification des difficult&eacute;s mat&eacute;rielles au moyen de la transformation de la mati&egrave;re ambiante, si elle n'est pas la remod&eacute;lation de l'existant pour s'en faire le cr&eacute;ateur, qu'est-ce que c'est ? Le voyage de Cheikh Anta Diop au Cameroun, juste avant son voyage vers le pays qui aime le silence et son passage devant Osiris (ndlr: sa mort) a &eacute;t&eacute; d&eacute;terminant dans mon processus de maturation intellectuelle. Les enseignements de ce grand savant africain m'ont permis de saisir l'entit&eacute; Egypte comme sujet de r&eacute;flexion et de recherche. Je n'oublierai pas Frantz Fanon qui m'a permis de faire mien que &laquo; Chaque g&eacute;n&eacute;ration doit d&eacute;couvrir sa mission, la remplir ou la trahir &raquo;. Toutes ces influences peuvent effectivement se voir dans le Pharaon Inattendu. Et c'est un honneur pour moi. D'ailleurs Aim&eacute; C&eacute;saire y a un personnage qui joue son propre r&ocirc;le de po&egrave;te et de Maire! Cameroon-Info.Net : Quel est votre leitmotiv dans la vie? T.M.II : Aller plus haut, toujours plus haut, et encore plus haut. Cameroon-Info.Net : Vous croyez en la r&eacute;incarnation. Si vous aviez le choix, sous quelle forme reviendriez vous sur terre? T.M.II : Je laisse R&acirc;, le Dieu de Lumi&egrave;re et de la r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration, &eacute;clairer ce chemin-l&agrave;. Cameroon-Info.Net : Un dernier mot pour nos internautes ? T.M.II : Je les remercie d'avoir le courage de se poser les questions utiles &agrave; leur entendement : Qui je suis ? D'o&ugrave; je viens ? O&ugrave; je vais ? 





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Entretien r&eacute;alis&eacute; par Ange Simone Ngom Priso

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Paris, le 14 Janvier 2005&copy; Cameroon-Info.Net 

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Le Pharaon InattenduDisponible dans toutes les bonnes libraires et sur : www.fnac.com&nbsp;www.menaibuc.com FNAC PRESENCE AFRICAINE L'HARMATTAN BE ZOUK ANIBWE 
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   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/72578</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Fri, 12 May 2006 01:14:43 +0200</pubDate>
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   <title>Les Confidences du soleil</title>
   <description><![CDATA[ Les confidences du soleil 

 

Soudain le grand vide


L'aile du temps suspend son battement 

Le souffle de la vie s'éteint sur la pierre 

Et sur la pierre 

Mon âme danse d'un pas léger 

La danse du départ brusque 

Alors que ma main tendue 

Entend la résonance des tôles 

La cacophonie des amas 

Elle entend la terrible voix du silence 

En cette terre de plaisance 

Où accidentellement j'ai dressé 

Ma tente d'éternité 




 

Soudain le grand vide 


L'aile du vent avance sa cadence 

La cadence du départ devance 

Ma ferme envie de rester parmi les miens 

De vivre ma joie d'être 

D'être debout à l'appel des sourires 

Et des dents écarlates 

Posés par-dessus les lisérés de soie 

Ce matin 

Et les autres aussi 

Pour chanter le chant des cannes 

L'altière symphonie des murmures de vagues 

L'orage des amours et des peines vieilles de sept siècles 

Et donner au pipiwit chantant 

Les confidences saignantes d'une mauvaise nuit 

Où la lune assassine voulut m'aspirer 

Vers le néant et l'oubli des sens 

  

Mais, les enfants, je n'ai pas pu 

J'ai essayé mais je n'ai pas pu 

Résister à la pesanteur qui me tendait les bras 

A la vrille 

Me souriant comme un boucher 

Au veau qu'il élimera bientôt 

Et lorsque la porte de la fin s'ouvrit vers le commencement 


Juste un petit bruit me confia les mots 

De ce testament de vol 


« Soyez heureux, je ne suis pas mort : je dors » 

  

J'ai offert mes chairs aux anges de l'infini 

Qui exécutent la chorégraphie de mes morceaux 

De vie 

De corps 

D'être 

De mes morceaux d'attente 

D'espoir 

D'espérance 

Eparpillés un soir d'été 

Au passé sanglant 

Au présent d'incertitude 

De tristesse 

De vide 

D'impuissance 

Sur cette glande de destin 

Décorée aux ailes de fer 

Fermée aux nouvelles naissances 

Prête aux mises en abîme de mon âme 

  

J'ai confié mon sang au nénuphar sacré 

Donné mes os aux plastiques des mains du retard 

Mon souffle dort avec moi 

Dans la forge où se fabriquent les larmes du soleil 

Puissiez-vous dessiner ma voix 

Dans les gorges des enfants qui naissent 

Dans les soupirs de ceux qui diront l'histoire 

Puissiez-vous intégrer mon regard 

Dans les lumières des réverbères 

Qui hantent les têtes silencieuses 

Pour que je voie 

Ce que voient ceux qui marchent 

Qui rampent 

Qui coulent 

Qui disent au temps 

La force de l'amour 

De la mémoire 

Car je sais : vous à ma base                                                                                         

Je renaîtrai au temps d'éternité 

Puisque je ne suis pas mort 

Je dors 

En vous 

Et je suis lumière 

Je suis soleil. 


 

© Mouelle II


Paris le 27 août 2005 


 

*En mémoire de toutes ces parties de nous 

rappelées à l'éternité



Lors du crash d'avion du mardi 16 août 2005 

au Venezuela 


  

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   <link>http://mouelle2.blog.mongenie.com/index/p/2006/05/72569</link>
   <author>Mouelle2</author>
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  <pubDate>Fri, 12 May 2006 00:35:50 +0200</pubDate>
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