Souhaite donc, mon âme La bienvenue au regard des
mots
Que le temps observe
au-dedans de moi
Depuis longtemps
Très longtemps
Afin que Parle en moi
La langue de l'autre
L'autre moi
Regarde Depuis bientôt quatre décennies Je l'écoute en ses
bruits centenaires
Comme un muet témoin des résonances
Aussi frivoles que libertaires
Traînant des lauriers grisonnants Et les Charniers qui déshumanisent
Les cors verdis par la
longue marche
De ronces et de jarres
de lait vidés
Parle donc
Que de l'isoloir de mon âme secouée
S'élèvent les causeries
et les chants du dedans
Pour tous ces ici qui ignorent
mon sang, ma voix
Mais voient les miens
naître et les accueillent
Parle
Et que je tutoie enfin l'invisible
feuille noire
Crêpée à l'insoluble révolte du blanc poudreux
Moi qui de tout ris désormais
comme sur commande
Courbé sous le poids déchirant
des sueurs de l'exil
Connaître l'amour
efface-t-il celui de la nation ?
Londres, 28 décembre 2008 |