Aussi dès que j'ai puJ'ai arraché quelques signes d'encreA l'arbre du sens planté dans les sueurs J'y ai posé un bout de sourireIl a sonné juste en ses desseinsJ'ai souri / puis je l'ai déchiréJ'ai voulu être poèteArtisan peut-être / Maître-collier-de-salive c'est sûr
Fou dans la folie qui infatigablement déambule D'âme en âne / de barreau en bourreauPortant lourd mon collier-déchirureQui s'écroule sur une feuille-bâillonQu'égrène un chapelet premier de sangUne raie Un regardPuis les ombres / puis les silences / puis un nom
Lumumba-Mandela-Um-Nyobè-Kwame-Nkrumah
Réclus de la paix bavante Dans une barrique borgneQui au ciel hurle mes mortsNouveaux / Permanents / exposés au sang de haineCinq centaines de haines réfléchies / enseignées / nourries Que devient une maisonMa maison / ma prairieJ'ai voulu être poèteRaison m'en a fallu / car sur l'heureJ'habite une cause / l'angoisse berce mon âmeMa maison est une saisonDont le soleil attise l'inondationDe la lie humaine qui toujours m'emporteJe marche sur les pas de mes pèresBranche attachante des diseurs de vieQui bien disent comment bien mourir Sur cette terre livrée à sa grise livréeLentes saisons inaltérables et sans amourJ'ai voulu être poèteJ'attends mieux encore qu'hierLa candide poésie des choses Le frisson du maître de l'aube me déchireMes nuits s'épurent d'étoiles pures des nuitsMes jours se gavent de larves et de feux brûlant Mes cohortes d'espoir éteint / maudites / qui pleurent Les éclats de rires d'enfants qui gambadentLes perdrix qui chantent le triomphe du soleil au matinLes chiens qui courent après les mouches suspendus à leurs oreillesLe chant des ruisseaux qui caresse le duvet des rochersLes clapotis des femmes pleines qui se décrassent des sueursLe râle plaisant des vieux qui s'éteignent par-dessus l'iris concubinL'herbe vraie qui dodeline et parfume la ligne d'horizonA l'ombre des baobabs témoins de ces paradis assassinés
J'ai voulu être poète
J'attends mieux encore qu'hier
La candide poésie des choses
J'ai voulu être poète
Prétentieuse langue à l'étoile des nuits sans fin
Borgne entêté qui fouille le plaisir des âges
Et sombre par contumace dans la candeur
Héritée des soleils continuellement éventrés
Aussi diriez-vous aux vents / aux mers
Je me charge de le crier sur les montsQue mon souffle / que ma mère / m'ont élevé au petit lait Des rames qui fendent les eaux nauséeuses du mal humain Où tant d'esprits supérieurs toujours se pervertissentSurpris par leurs amours des ors de l'immédiat Dites donc aux hommes / dites aux machinesJe me charge de le dire aux livresQue l'amour de l'homme pour l'homme Est le plus beau livre à jamais écrire Sur les chemins de sueur de toutes les viesJ'ai voulu être poèteAssis sur deux siècles parricides / fratricides / matricidesMon cheval des lunes défait de mors / défait de cœurSaboté aux secrets des chambres obscuresPatauge sans fin sur la semence des imberbesAuxquels la honte même a fait son déni d'amitié
Voici ! je suis au cœur du cœur des miroirs de l'être
Et je vois les chars obstruant la beauté de mes mains ouvertes au temps
La beauté de mes terres fendillées à l'hydrogène explosant
Le souffle de ma vie multiple soufflé au crachat des plus malins
J'ai voulu être poète
N'était-ce pas la déraison de mes frissons d'attente?
L'homme qui avec fierté court à la plénitude
Est la vanité même / molle patte de vermine
Qui aveugle les célestes lumières
Qui seules savent comment venir
A soi / toujours.
J'ai voulu être poète
Mais la sublime porte du sens
S'est aussitôt rétrécie
Me laissant plié au seuil de mille questions
Moi l'enfant jamais sorti des langes
Qui comme le poète refuse les beautés fécondes
D'une maturité assommante des illusions de ce monde
Trop lourde est la vie pour les épaules d'une pensée solitaire
J'ai voulu être poète
Mais l'essentiel n'était-il pas de naître au sens?
Journaliste, poète, écrivain, informaticien, banquier et Consultant en Business International, Mouelle II fait partie de ces hommes pluridisciplinaires dont le génie ne cesse de surprendre. Il voyage aussi bien sur les sujets politiques que sur le sport, la culture, l'économie mondiale et consacre depuis une dizaine d'années l'essentiel de ses recherches sur l'Égypte ancienne. Son premier roman, Le Pharaon Inattendu, publié fin 2004 aux Ed. Menaibuc, a eu un accueil des plus chaleureux de la part de la critique spécialisée et du public demandeur d'une littérature scénarisant les racines Noires de l'Égypte pharaonique. Œuvre dense et profondément spirituelle, Le Pharaon Inattendu continue de susciter un engouement aussi fiévreux auprès des lecteurs qu'à son premier matin. Des médias internationaux comme RFI, Africa N°1, Jeune Afrique, ITélévision, 3A Télésud, Canal2, des sites Internet de nombreux pays suivis par la presse locale lui ont consacré de longues pages d'analyses et de commentaires encensés. Nul doute que le meilleur reste à venir...
En attendant sa prochaine publication annoncée pour les toutes prochaines semaines, nous vous invitons à prendre connaissance des contributions de Mouelle II à l'entendement de son Temps à travers ses poèmes et articles scientifiques contenus dans ce blog. Entre deux lectures, détendez-vous en visionnant des clips vidéo d'une excellente qualité thématique. Au programme: Bob Marley, Michael Jakson, Richard Bona, Sting, Etienne Mbappe, Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, Grâce Decca, Paul Simon and the Graceland crew au Zimbabwe...
Bonne visite.
(c) Le cercle des amis de l'écrivain