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blog de Mouelle II ::: A la source de l'écume de l'âme
Friday 27 April 2007, a 12:07
Ils m’ont rendu hommage

Ils m’ont rendu hommage ce matin

Pour avoir été

En cinq millénaires de pratique de mots

Le rare à être monté sur l’échafaud

Le silence porté en bandoulière

Pour recevoir le sacre invectivé

Des langues qu’on pend

Pour être trop pendues

 

Ils m’ont rendu hommage ce matin

Pendu au bout d’une plume sèche

La feuille noircie de goudron comique

La tête fière du sage qui s’apprécie

A défaut d’être aimé des siens

Qui en le voisin venant voient toujours

Le sage qu’il ne peut qu’être en lieu nouveau

Son verbe si vieux ailleurs est là innocent

 

Ils m’ont rendu hommage

Car j’aime enfin me taire en mourant

Les vaches, les lions, les hyènes, les aigles

Le collège était là

Qui hochait le chef

Les commissures retroussées

Le port droit

Episcopat de la préciosité

La pipe fumant

Prêt à transformer en inventaire à la Prévert

Mes attributs d’essence divine

 

Aussi ont-il dit

Que je suis né Con

Mort Salaud

Ai vécu Malappris

Moi le poète

Imbécile

Naïf

Misérable

Moi l’écrivain

Le reste d’etc. s'est peint sans empressement

Sur le masque cousu de peau d’enfants

Que mes mots du mal n’ont pas sauvés

Des tendresses de la cruelle vermine sociale

 

Allez, laissez-vous aller

Oyez-les faire

Le cœur du mal tient là ses inédits éternels

 

© Paris le 25 avril 2007  



Wednesday 25 April 2007, a 12:19
Elégie pour le mort qui meurt tous les jours

est-il, mon ami

Où est-il donc passé

Cet émérite oiseau de veille

Qui tant veillait sur le toit du monde

Que son œil entrait partout en force

Forçant les seuils les plus tenus

Tenant les positions les plus raides

Raidissant les cheveux les plus lissés

Lissant les espoirs les plus chaotiques

Où est-il passé, mon ami

Où est-il donc allé

S’il n’est pas mort ?

 

Ah, dieux 

Il est mort !

Le philosophe est mort

Il est mort

La ville porte à peine son deuil

Fluide qu’elle s’empresse de lui trouver

Un héritier juste avec le Prince

Gracieux avec le commerçant

Complaisant avec l’armurier 

Ses mots orphelins tremblent d’effroi

Sur les trottoirs où défilent les émeutiers

Qui bavent sous les pages d’encenseurs

De l’ordre du spectacle de nus télévisuels

Le philosophe est mort

Il est mort

Vive sa mort

 

Désormais voici le Prince qui s’épanche

Planche sur ses propres orties

Bariolées de mauvaise pisse

D’herbe et de poudre d’automeurtrissure

Il verbalise les chapitres à peine insoumis

Exile les insoumis

Affame les réservés

Seul sur le pupitre

Il jubile de ses gouttes bornées

Rémunère l’applaudimètre infâme

Le spectacle est pathétique

La médaille nauséeuse

Le philosophe est vraiment mort

Oui, vraiment mort !

 

Ah, mon ami

Ne me disais-tu pas

Que les temps à venir éclairciront

Les sombres voilures étalées

Sur ce pays souvent de sagesse

 

Ne me disais-tu pas

Que jamais les philosophes ne meurent

Parce que du temps leur raison décoiffe l’arrogance

Je suis à peine arrivé que la peur d’être

Ecume la patience de mon âme

Le temps s’est paré de nuages

Et l’air de longs filets de gaz

Le pavé résonne de cadence

De la mort en treillis qui avance

Vers l’étranger qui est le mal

L'étranger qui est sale de ses mains à son âme

Je suis cet étranger qui sale sur ta tombe

Seul frémis en silence

Portant sur mes lèvres épaissies

Par subtil décret permanent

La sentence qu’il n’y a point

De délégation vers le salut

 

Es-tu Sartre

Es-tu Camus

Es-tu Alexandre Dumas 

Je viens de là où les oiseaux chantent encore

La mémoire des jours où s’oublie l’usure du soleil

Je viens de là où la République est un homme

Mais où l’homme ne chasse aucun homme

Du toit où s’étanche la soif des voyageurs

 

 

© Thierry Mouelle II



Monday 23 April 2007, a 17:48
A l’école moderne du resurgissement néoclassique.

La croisée des Chemins d’Eric Van Hamme :

des mots précieux pour sublimer l’angoisse d’être.

 

L'éventualité qu'un livre soit bien écrit de nos jours relève presque d'une exception, tant la logique dont se nourrissent les éditeurs l'a peu à peu transformé en un champ infesté de dominos difficiles à remettre en ordre, accompagnant rageusement nos idoles (Ernest Miller Hemingway, Jean-Paul Sartre, André Gide, Albert Camus, Guy De Maupassant, Richard Wright ...) dans le double-fond des cryptes du dépassé.

 

L'éloge au sexe et le culte du sang sont à la littérature occidentale devenus la pancarte bipolaire d'une condition humaine réduite à sa plus simple expression : le sensationnel. Les mots (des écrivains) ont été vidés de leur sens par l'exigence de l'ordre marchand, transformant le meilleur de nos jus de cerveau en une industrieuse artisanerie de phraséologies de quais de gares. Ils ne portent plus le sensuel parfum d'un premier rendez-vous galant et délicat avec la découverte d'un auteur : les mots arrachés à la langue des immortels sont devenus l'exposition du signifié dans une vitrine de concussion nauséeuse où le puriste est contraint au suicide avec, sur sa poitrine, l'épitaphe: "ce siècle veut du sang, il exige de discourir sur le sexe violent".

 

Pourtant, mon collègue Eric Van Hamme, sans discourir sur le sexe violent, sans faire étalage d'une possible maîtrise des lieux obscurs de la sublime cité du vice,  a fait belle oeuvre. Sans sueur.

 

Le roman qu'il vient de commettre aux éditions Menaibuc, porte bien son titre : La Croisée des Chemins. Sa thématique, portée par deux voies qui mêlent aisément les préoccupations d'une littérature au style classique et les angoisses de l'homme du vingt-et-unième siècle, pose une question simple : comment être heureux? Comment se dire Homme dans un espace de vie où être c’est exposer « ce qu’on fait » ? Ce qu’on s’accole alors au verbe être comme si sans ce qu’on fait, on n’est plus. Qu’est-ce que l’identité ? Qu’est-ce au fond, dans tous les cas, sans un contrat de travail qu’on brandit toujours avec subtilité en travaillant chacune des phrases étalées à la face de l’interlocuteur ?

L'ivresse de se réaliser professionnellement mérite-t-elle qu'on en oublie sur soi-même? Cet autre soi-même qui n'a rien à voir avec le rendement statistique et les courbes chiffrées? Qui est-on au fond? Où va-t-on? Deux questions litotiques qui surgissent au hasard d'une mission que le héros vanhammien, Marc, un consultant, effectue dans une ville de la France rurale (la Corrèze) et qui lui donnent enfin l'occasion de se demander s'il reste capable d'opérer sa propre lecture intérieure, son changement d'homme de haine et de colère vers quelque autre chose de lui-même.

Il se demande ce qu'il lui resterait si ce soir il tirait un trait sur toute son existence? L'argent? Mais l'argent est-il tout? Est-il le sens, le but de la vie?

 

Eric Van Hamme a le mérite, pour un premier roman, de mettre le doigt là où l'homme moderne a mal : son incapacité à un dialogue avec lui-même pour se connaître en vue de s'améliorer. Happé par les ressorts les plus élaborés qui lui cèdent à la marchandise et aux services la primeur des considérations, il dérive lentement vers son propre effacement, embrassant la haine de soi et des autres comme ultime bouée de sauvetage.

 

Voilà comment, au prétexte de suivre et de nous narrer les tribulations d’un expert des temps informatiques avec lui-même, Eric Van Hamme repose la question du devenir de l’homo modernicus.

 

Il vient à la suite des grandes plumes, (André Malraux, Pablo Neruda) qui ont su comment mettre l'Homme au centre de la littérature, rendant au temps et à ses exigences matérielles le peu de place qui leur est dû: la vacuité.

L'homme est la mesure de la modernité et devrait redevenir le fléau à partir duquel s'observe le sens du bonheur, semble nous dire le tout nouvel écrivain. Un régal.

 

Thierry Mouelle II

Poète et écrivain.

 



Presentation
Journaliste, poète, écrivain, informaticien et banquier et Consultant en Business International, Mouelle II est de ces auteurs pluridisciplinaires dont le génie ne cesse de surprendre. Il voyage aussi bien sur les sujets politiques que sur le sport, la culture, l'économie mondiale et consacre depuis une dizaine d'années l'essentiel de ses recherches sur l'Égypte ancienne. Son premier roman, Le Pharaon Inattendu, publié fin 2004 aux Ed. Menaibuc, a eu un accueil des plus chaleureux de la part de la critique spécialisée et du public demandeur d'une littérature scénarisant les racines Noires de l'Égypte pharaonique. Œuvre dense et profondément spirituelle, Le Pharaon Inattendu continue de susciter un engouement aussi fiévreux auprès des lecteurs qu'à  son premier matin. Des médias internationaux comme RFI, Africa N°1, Jeune Afrique, ITélévision, 3A Télésud, Canal2, des sites Internet de nombreux pays suivis par la presse locale lui ont consacré de longues pages d'analyses et de commentaires encensés. Nul doute que le meilleur reste à  venir...
En attendant sa prochaine publication annoncée pour les toutes prochaines semaines, nous vous invitons à  prendre connaissance des contributions de Mouelle II à  l'entendement de son Temps à  travers ses poèmes et articles scientifiques contenus dans ce blog. Entre deux lectures, détendez-vous en visionnant des clips vidéo d'une excellente qualité thématique. Au programme: Bob Marley, Michael Jakson, Richard Bona, Sting, Etienne Mbappe, Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, Grâce Decca, Paul Simon and the Graceland crew au Zimbabwe...
Bonne visite.
(c) Le cercle des amis de l'écrivain

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Les Confidences du soleil Une femme ensoleillée (15/08/2007 09:04)

Bonjour cher Pharaon...

Ils m’ont rendu hommage Mouelle II (24/05/2007 00:09)

Merci mon très cher ...

Ils m’ont rendu hommage Bona Sawa (23/05/2007 11:26)

On apprecie la verve...

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